Musique.
La Syrienne Lina Shamamyan marie le jazz à la musique
orientale et à l’héritage de son pays dans un chant
enivrant.
Patrimoine revisité
Partant du concept que l’héritage musical n’est pas
uniquement des chansons mais la culture d’une société, son
histoire et son mode de vie, Lina Shamamyan avec Bassel
Al-Ragoub, son compositeur, veulent réincarner cet héritage
dans une nouvelle forme musicale qui puisse contenir à la
fois la musique orientale et des saveurs de jazz, ravivant
la musique sans la détacher de ses origines et de son
identité.
Syrienne d’origine arménienne, elle révèle son amour pour le
chant et la musique à un très jeune âge et donne son premier
concert à l’âge de 5 ans. Une passion qui la pousse à
étudier au Conservatoire pour en faire une profession. Bien
qu’ayant étudié la musique classique, elle s’intéresse
beaucoup au jazz et aime son esprit.
Dans un entretien accordé lors du Festival arabe de la
chanson alternative, Lina Shamamyan définit clairement son
fil directeur : « J’aime le jazz, mais je ne peux pas être
une chanteuse de jazz, je ne m’y reconnaîtrai pas, et bien
que je sois arabe, je ne peux pas jouer que de la musique
orientale, je fais une nouvelle musique qui mêle le jazz à
mon héritage culturel ».
Un style qui lui vaut beaucoup d’admiration auprès d’un
public grandissant partout dans le monde arabe. Elle a en
fait recueilli le second prix du Festival des pays
francophones, ce qui a poussé la fondation Al-Mawred
Al-Saqafi (ressource culturelle) à produire son premier
album Hal asmar al-lon (le jeune homme brun), en 2005, qui
connut un très grand succès. En 2006, Shamamyan reçoit le
premier prix de Radio Monte-Carlo, un prix qui d’après elle
est « un point tournant dans sa carrière de chanteuse et de
musicienne ».
Une question s’impose : Lina se limite-t-elle uniquement au
patrimoine arabe, qu’elle réincarne avec beaucoup de
souplesse par rapport aux versions originales, ou bien ce
n’est qu’un début, lui permettant de s’approcher d’un
auditoire qui connaît et aime déjà ses chansons ? Elle
déclare dans la presse : « Il est très difficile de dire
qu’elle est le second pas après les chansons du turath
(patrimoine), pour mon prochain album, j’ai moi-même écrit
et composé deux chansons qui s’approchent beaucoup du style
de nos chansons du patrimoine. On ne peut jamais vraiment
savoir quand viendra la prochaine étape, on chante comme on
le sent ».
Dina
Abdel-Hakim