Exposition.
Les galeries Lafayette présentent, à Paris, les plus
célèbres monuments du pays à travers les œuvres de dix
artistes français. « La France, c’est renversant ! » est
ouverte au public jusqu’au 6 octobre.
Le luxe sobre
Depuis
la fin du XIXe siècle, le nom des prestigieux magasins
Lafayette est associé dans la mémoire des amoureux de la
France à celui de la France elle-même. C’est ainsi que Paul
Delaoutre, son directeur général, a décidé de nager à
contre-courant en présentant au monde les plus célèbres des
monuments de son pays ainsi que les prouesses techniques de
la France dans une exposition intitulée « La France c’est
renversant ! ». En marge de cette manifestation, les œuvres
de dix plasticiens (à savoir : Pierre Ardouvin, Eric Baudart,
Michel Blazy, Etienne Bossut, Didier Marcel, Mathieu
Mercier, Marlène Mocquet, Laurent Montaron, Sylvain
Rousseau, Tatiana Touve) sont exposées dans les
prestigieuses salles des galeries. Les artistes sont élus
chaque année selon des critères particuliers, ils font
pendant toute la durée de l’exposition l’objet de
l’admiration des visiteurs. (Malheureusement, aucun artiste
arabe n’y a participé jusqu’ici).
En effet, le directeur général des magasins donne aux 100
000 visiteurs par jour (750 000 visiteurs par jour dans
l’ensemble des magasins en France) lesdites prouesses
françaises en les renversant. Ainsi, voit-on sous la
majestueuse coupole du magasin principal une gigantesque
tour Eiffel renversée, étonnant les visiteurs. Il suffit d’y
pénétrer pour découvrir un envers de décor très animé et
pourtant il contraste, par sa sobriété, avec le faste et le
luxe de la salle historique à laquelle accède le quidam.
Après avoir accompli leur implantation en France grâce à un
réseau de 58 magasins, les dirigeants de la célèbre marque
française rêvent de conquérir le monde.
Après Berlin, où le magasin Lafayette est conçu par le
célébrissime architecte Jean Nouvel, les dirigeants du
Groupe Lafayette inaugureront dans un avenir très proche une
gigantesque boutique à Dubaï. Mais le rêve de la fameuse
marque de la mode française reste sur les bords du Nil, où
quelques projets semblent à l’étude dans la capitale
égyptienne.
L’exposition en question étonne par son aspect renversant,
mais aussi parce que la citadelle de la mode française ouvre
ses portes aux artistes du monde auxquels elle consacre une
exposition tous les ans aux meilleurs d’entre eux, notamment
dans l’art pictural et les arts plastiques.
Plus étonnante encore, la gigantesque librairie où se font
les plus célèbres signatures à la parution des livres ou des
disques.
C’est Paul Delaoutre lui-même qui nous révèle que 2 % des
visiteurs quotidiens des célèbres magasins à Paris sont
égyptiens, autrement dit, un peu plus de 2 000 Egyptiens par
jour qui ont un pouvoir d’achat conséquent.
Quant à la clientèle arabe, elle est comptée avec celle des
Chinois et des Japonais comme prioritaire puisqu’elle
constitue un peu moins de 10 % de la clientèle générale.
Il est rare de voir un attachement au symbole et presque une
obsession pour le raffinement d’autrefois comme on le voit
chez les dirigeants de la galerie d’aujourd’hui. C’est ainsi
que Paul Delaoutre se défend d’être à la tête de magasins de
luxe uniquement. Il se veut également gardien d’une certaine
tradition industrielle française, mécène et homme de culture
et de lettres purement à la française.
« Nous faisons tout, dit-il, pour fidéliser nos clients,
nous faisons tout également pour humaniser notre marque de
prestige pour faire d’elle un symbole du savoir-faire
français et du savoir-vivre français dans le monde entier ».
Cette exposition qui se déroule jusqu’au 6 octobre 2007
montre que les vieilles maisons industrielles françaises
n’ont rien perdu de leur humanisme, fidèles aux valeurs
saint-simoniennes dans lesquelles elles sont nées.
Ahmad
Youssef