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 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

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Arts

Télévision. Le comédien Yéhia Al-Fakharani joue Hamada Ezzo dans le feuilleton ramadanesque Yetrabba fi Ezzo. Un personnage qui sort des sentiers battus. Entretien.

« Je cherche à choquer »

Al-Ahram hebdo : Cette année, vous êtes au rendez-vous avec un personnage atypique et paradoxal dans le feuilleton télévisé Yetrabba fi Ezzo. Pourquoi ce choix ?

Yéhia Al-Fakharani : C’est un homme qui en dépit de ses 60 ans n’a aucun sens de la responsabilité. Il a été gâté par sa mère et se comporte en libertin, d’où beaucoup d’aventures et de problèmes aussi. A travers ce contenu léger et comique, j’essaie comme d’habitude de jeter la lumière sur l’actualité égyptienne. Les œuvres qu’on aime sont celles qui parviennent à nous surprendre. Yetrabba fi Ezzo en fait partie. Après le personnage du Dr Moustapha Al-Hilali que j’ai présenté l’année dernière, je voulais rompre avec le prototype de l’homme attaché à ses valeurs et idéaux.

Même si le public n’a pas l’habitude de vous voir dans un tel rôle ?

— C’est ce qui m’a séduit, tout comme l’histoire qui se développe avec des retournements inattendus ! Cela dit, je cherche à choquer. J’aime ce genre de personnage, de toute façon il y a de tout dans la vie. Hamada Ezzo a nécessité des exercices d’interprétation assez particuliers pour pouvoir exprimer spontanément ses différentes évolutions émotionnelles. C’est un homme sympathique qu’on aime, mais qu’on déteste aussi parfois.

Y a-t-il une part de Hamada en vous ?

— Nous avons tous une part de Hamada. Loin d’être idéal, il a détruit des familles entières par ses gaffes. Par contre, il est très doué et suscite la sympathie d’autrui. L’empathie s’empare de nous lorsqu’on arrive à comprendre les gens, et vous avez de l’empathie pour Ezzo parce que vous arrivez à le comprendre un petit peu.

La majorité de vos œuvres ont un contenu politique. Qu’en est-il de ce feuilleton ?

— Beaucoup d’artistes préfèrent rester à l’écart du politique dans leurs œuvres, ce n’est pas mon cas. J’en reste très proche ! Dans Yetrabba fi Ezzo, on peut trouver un fil conducteur politique qui lie certains événements ou même qui laisse deviner certaines opinions politiques. Il est vrai que ce nouveau feuilleton n’est pas du genre où l’on retrouve clairement de longs discours politiques, comme l’année dernière dans Seqqet Al-Hilali. Toutefois, il condamne l’absence du sens de la responsabilité, le laxisme, il s’attaque aussi au dossier du nucléaire dans le monde et notamment au Moyen-Orient. C’est un appel à méditer sur nos problèmes.

Plus généralement, que pensez-vous de l’état actuel des drames télévisés égyptiens ?

— Il faut dire que jusqu’à l’année dernière, le drame télévisé avait un vrai problème de qualité. Cela est dû, à mon avis, à la cupidité qui domine chez la plupart des producteurs et des artistes. Ce, sans compter la pauvreté des scénarios. Le taux de publicités que peuvent décrocher les feuilletons intéressait beaucoup plus que leur niveau artistique. Cette année, il y a un progrès remarquable, même si cela provient de la concurrence entre les drames égyptien et syrien, je trouve que c’est au profit du téléspectateur arabe.

Propos recueillis par Yasser Moheb

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