Musées.
Deux des plus importants d’Egypte, celui d’art islamique au
Caire et le gréco-romain d’Alexandrie, sont en rénovation
depuis des années et attendent une problématique
réouverture.
Fermés pour cause de travaux
Des
rénovations interminables. Deux parmi les quatre grands
musées nationaux de l’Egypte sont fermés au public depuis
plusieurs années. Cause ? Des travaux de rénovation qui ne
s’achèvent jamais. Il s’agit du musée d’art islamique du
Caire et du musée gréco-romain d’Alexandrie.
Voilà quatre ans environ qui sont passés après le centenaire
du musée d’art islamique du Caire et ses portes sont
toujours fermées aux visiteurs. Eclipsé toujours par le
Musée égyptien de la place Tahrir, le musée d’art islamique
renferme l’une des plus belles collections d’art islamique
du monde. Situé dans le quartier de Bab Al-Khalq, tout près
du prestigieux quartier du Caire historique, le musée
renferme plus de 100 000 pièces antiques de valeur
représentant toutes les périodes de l’époque islamique de l’Egypte
et d’autres pays de l’alentour du monde islamique.
Fermé depuis 2003, le musée subit un grand projet de
rénovation et de restauration qui n’a jusqu’à présent pas
abouti. Pour de longues années, rien n’a été fait pour le
mettre en valeur. Ce projet de réaménagement comprend, en
fait, l’établissement de nouvelles salles, la restauration
des pièces en exposition, la modernisation du système de
sécurité, de l’éclairage et la création d’un jardin d’un
aspect historique.
Le
design extérieur du musée témoigne d’une splendeur
architecturale caractéristique. Ce bâtiment, qui se compose
en fait d’un rez-de-chaussée ainsi que de deux étages,
abrite en plus du musée islamique, la bibliothèque nationale
d’Egypte (Dar Al-Kotob). Après six ans de travaux de
restauration et de rénovation, Dar Al-Kotob a finalement
ouvert ses portes aux visiteurs et aux spécialistes, il y a
seulement quelques mois. Le musée islamique n’est pas encore
prêt à le faire. Le ministère de la Culture avait pensé
depuis longtemps au transfert de ce musée vers de nouveau
locaux au sein de la Citadelle de Saladin, idée qui a été
refusée en ce temps-là par de nombreux archéologues et
spécialistes, ainsi que par bon nombre d’intellectuels et
même de simples citoyens. Certes, après avoir visité le
quartier islamique et quelques-uns de ses monuments, c’est
beaucoup plus logique pour un touriste de pouvoir replacer
les objets exposés dans le musée dans leur contexte. Car le
musée d’art islamique renferme, en effet, un nombre
extraordinaire d’objets dont des portes, des fenêtres, des
moucharabiehs et des lanternes en provenance de la majorité
des monuments et des édifices du Caire islamique.
Maintenant l’idée du transfert de tout le musée n’est pas
envisagée. Mais on a pensé à la construction d’un nouveau
musée islamique au cœur de la Citadelle, en consacrant
l’ancien aux portes islamiques. Jusqu’à présent, et depuis
qu’on a proposé cette idée en 1999, ce musée n’a pas vu le
jour.
Les responsables au musée de Bab Al-Khalq expliquent ce
retard par l’importance des travaux exécutés et les mesures
qui ont accompagné la restauration du bâtiment du musée de
l’intérieur ainsi que de l’extérieur. Selon des bruits qui
courent, le bâtiment du musée risque de s’effondrer à cause
des eaux souterraines qui menacent les fondations de
l’édifice. D’autres prétendent qu’un nombre de ses pièces
ont été détruites par l’incendie qui a frappé une partie du
musée en 2004, ainsi que par les eaux souterraines qui
menacent ses entrepôts lesquels se trouvent dans le
sous-sol.
Mais est-ce que ce dernier rouvrira ses portes à ses
visiteurs à la fin de cette année, comme le soutiennent les
responsables au musée et au ministère de la Culture ?!
Et Alexandrie ?
Le musée gréco-romain de la perle de la Méditerranée, lui
aussi, est fermé depuis quelques années et toujours pour les
mêmes raisons : rénovation et restauration. Situé non loin
de l’amphithéâtre romain de Kom Al-Dekka, de la colonne
Pompée, du Serapeum et des catacombes de Kom Al-Choqafa, ce
musée est, en fait, l’un des plus grand musées au monde
consacré aux œuvres de cette époque. Il comprend plus de 40
000 pièces de valeur, remontant pour certaines au IIIe
siècle av. J.-C. Il renferme une collection de vestiges de
l’époque où Alexandrie, capitale de l’Egypte, était
florissante. Il contient aussi des pièces provenant du
Fayoum, de Behnassa et autres.
120 millions de L.E., tel est le coût estimé pour la
réalisation du projet de développement du musée gréco-romain
d’Alexandrie. Au départ, l’idée était d’organiser le musée
selon un ordre chronologique. Après donc de longues études,
le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) a décidé le
lancement des travaux relatifs à ce projet. Au début, la
moitié du musée a été fermée pour les travaux de rénovation,
qui ont commencé en 2002 et qui devaient se terminer en
2004. Plus tard, tout le musée a fermé ses portes aux
visiteurs et depuis, les travaux censés durer deux ans,
n’ont pas encore été accomplis .
Amira
Samir