Football.
La 51e édition du championnat national
Etisalat reprend ses droits lundi. Seigneur absolu
égyptien et africain, Ahli se
lance vers un quatrième titre consécutif, même si
Zamalek semble cette saison
mieux armé pour le contrer.
Que le spectacle commence !
Fort
de ses trois titres consécutifs, Ahli
apparaît sûrement comme le favori numéro 1 de la saison qui
s’ouvre lundi et qui devra se prolonger jusqu’en mai 2008,
du moins on l’espère. Car certains avancent déjà l’idée d’un
quatrième titre conquis sans aucune concurrence, sans
spectacle. Le dernier exercice n’a, en effet, pas marqué les
esprits, avec un Ahli donnant
l’impression de s’être baladé vers le titre sans opposer
aucune résistance. Seule réjouissance de la saison passée,
la défaite des Rouges face à Ismaïli
(à deux reprises) et face à Zamalek
en fin de championnat, ce qui a rehaussé le spectacle pour
le plus grand bonheur des fans et observateurs, presse
incluse.
Cette année cependant, la concurrence devrait être plus
relevée, notamment du côté de Zamalek
qui a énormément investi sur le marché des transferts pour
reconstruire son effectif (voir page 30). Les Rouges
retrouveront enfin leur ami-ennemi
qui sera un vrai adversaire crédible cette saison
contrairement aux trois dernières épreuves. Pourtant, le
meilleur adversaire d’Ahli
demeure Ahli lui-même. Le grand
champion égyptien possède un très riche effectif, stable et
homogène depuis trois ans et magistralement géré par le sage
technicien portugais, Manuel José Da Silva. La recette du
succès est toujours là : gardien excellent, défenseur
solide, milieu relayeur et attaque créative en addition à
des éléments d’inspiration et de talent, tels que Mohamad
Abou-Treika et Mohamad
Barakat, capables de faire la
différence à tout moment. Et comme à chaque saison, le
groupe a un peu grossi par l’arrivée du défenseur Rami
Adel, du milieu
Moetaz Eno
et de l’attaquant Réda
Al-Wichi. Un recrutement qui a,
d’ailleurs, inquiété les supporters de l’équipe qui ne
voient pas là de grands apports à
l’équipe de football, sans compter bien sûr l’affaire
du milieu d’Ismaïli, Hosni
Abd-Rabbou, qui est actuellement
devant la Fédération internationale de football (FIFA) et
attend une décision finale sur son transfert. « Je ne vois
pas pourquoi on devrait s’inquiéter. Nous n’achetons pas de
joueurs juste pour acheter. Nous avons une stratégie précise
qui nous est dictée par le staff technique et la commission
de football qui déterminent des
besoins précis de l’équipe. Cette année, nous étions en
quête d’un défenseur, d’un milieu défensif, d’un latéral
gauche et d’un attaquant et tout ceci fut apporté ».
Adli Al-Qii,
le responsable du département des transferts et du marketing
au sein du club, dit vrai, en partie du moins.
L’ossature de l’équipe est intacte, peut-être même meilleure
que l’année dernière, notamment avec le retour de l’Angolais
Sebastiao Gilberto et de
Barakat, qui ont raté l’année
dernière en raison de blessure. Mais reste que les grands
atouts de l’équipe, à savoir Emad
Metaab, Flavio,
Abou-Treika,
Emad
Al-Nahhas, Islam Al-Chater
et Barakat, n’ont pas de
remplaçants de niveau. L’administration de l’équipe aurait
dû penser aux pièces de rechange, d’autant plus que tous ses
joueurs, ou presque, ont atteint la barre des 30 ans et
qu’avec un tel rythme de concurrence tant au niveau local
qu’africain, ils ne pourront pas toujours répondre à la
perfection, côté physique. « Nous avons un peu soufflé à
l’intersaison, mais sept jours en trois saisons, ce n’est
sûrement pas assez. En tout cas, nous avons un préparateur
physique, M. Vidalgo, qui essaie
de nous garder en forme et il y a un programme défini pour
faire tourner l’équipe et éviter l’effondrement des joueurs
», rassure Al-Chater. On ne peut
jurer de rien, mais si Ahli
arrive à vaincre ses propres démons, il devrait être sacré
champion 2008 après une défense ardue contre
Zamalek, qui semble pouvoir
tenir tête cette saison.
Ismaïli
affiche un profil bas
En revanche, rien ne va plus chez les Derviches.
Contrairement à la saison dernière,
Ismaïli, submergé de problèmes, affiche un
profil bas et semble être très loin de pouvoir opposer une
résistance à Ahli. L’équipe se
retrouve sans directeur technique, Patrice Neveu ayant passé
plus d’un mois en France sous prétexte d’avoir subi une
opération au genou. Son avenir avec le club est plus
qu’incertain. Le recrutement de l’équipe laisse aussi à
désirer puisque les Derviches n’ont embauché qu’un seul
élément de marque, l’attaquant international iraqien
Moustapha Karim (20 ans). Sans
compter que le groupe est déchiré par de gros problèmes
internes. Les trois grandes vedettes de l’équipe,
Sayed
Moawad, Omar Gamal et
Mohamad Fadl, ont menacé de
quitter l’équipe en raison du retard de paiement de leurs
salaires. Outre la saga Abd-Rabbou
qui fait encore écho dans toute la ville.
Les résultats parlent d’eux-mêmes :
Ismaïli a été tenu en échec lors des deux matchs de
Coupe de la CAF face au Merrikh
du Soudan à domicile et Kwara
United du Nigeria sur le même
score de 1-1. Autant dire que ses chances d’accéder à la
finale diminuent. Et les choses devraient se corser lorsque
les Jaunes se mesureront à Ahli
en Supercoupe
Etisalat, jeudi, et ensuite à
Zamalek en pleine montée en
match d’inauguration du championnat. Deux coups qui risquent
d’être fatals au club phare d’Ismaïliya
en début de saison.
Les outsiders
Prédit pour être parmi les outsiders de la saison,
Enppi a gravement déçu en se
faisant chambouler au point d’être menacé de relégation. «
Nous avons traversé des épreuves très difficiles. L’équipe a
changé de peau. Nous avons une dizaine de nouveaux joueurs
et un nouvel entraîneur. La cohésion nous a beaucoup manqué,
mais tout ceci, c’est du passé maintenant », a déclaré le
capitaine de l’équipe, Samir Sabri.
La firme pétrolière avait procédé à un recrutement en or la
saison dernière en ramassant tous les jeunes talents du
championnat, mais il semble que la combinaison ne s’est pas
faite. Raison pour laquelle d’ailleurs le nouvel entraîneur,
Anouar
Salama, n’a recruté qu’un nombre minime de joueurs,
dont Mohamad Ibrahim, la vedette de la sélection olympique.
L’équipe s’est soudée, ses jeunes joueurs ont mûri et on
devrait maintenant voir son vrai rendement.
Haras Al-Hodoud,
Talaïe
Al-Gueich, Petrojet et
Ghazl
Al-Mahalla sont des puissances qui se sont
distinguées lors du dernier exercice. Elles devraient
maintenir leur statut avec peut-être une légère progression
sans pour autant franchir un nouveau seuil.
La surprise devrait venir de Masri.
Le club phare de Port-Saïd a été l’auteur du plus grand
recrutement des 16 clubs de la D1 en embauchant 17 joueurs.
Le nouvel entraîneur, Helmi
Toulane, a complètement réformé
l’effectif à son gré afin de redonner à l’équipe ses lettres
de noblesse et retrouver sa place parmi les élites du
championnat national Etisalat. «
Nous avons beaucoup souffert lors des dernières années, mais
je pense qu’on a pris le bon chemin maintenant et qu’on doit
maintenant récolter les fruits de nos efforts », a déclaré
Sayed
Métoualli, président du club.
Toutes ces équipes ne peuvent pas s’approcher de l’or qui
sera réservé à Ahli ou
Zamalek mais cette année, les
deux ténors cairotes devraient affronter plus de
trouble-fêtes, du moins on l’espère pour la beauté du
spectacle.
Karim
Farouk