Le respect de la discipline
Morsi Attalla
Avec
tout mon respect pour l’importance de la conscience chez les
peuples européens dans la formulation et la possession des
outils de développement, il faut noter que la conscience ne
suffit pas pour imposer la discipline et réaliser un système
dans les lieux de travail. Le travail est la principale
porte d’accès à la réalisation de la renaissance et du
développement dans tout pays.
Ce qui impose la discipline et la régularité dans toute
société est une combinaison de respect de la loi et de
crainte du pouvoir. En l’absence de cette combinaison
apparaît le chaos sous l’ombrelle duquel tout est permis.
Par conséquent, le respect de la discipline générale et de
la régularité dans les lieux du travail représente la
principale étiquette de toute société développée. Aucun pays
n’a pu réaliser de développement, de civilisation et de
renaissance sans l’application sévère et précise du respect
de la discipline générale et du sérieux de la régularité
dans les lieux de travail.
Le respect de la discipline générale commence par le respect
de l’Etat et de toutes les lois en vigueur découlant de la
Constitution, qui établit une séparation des pouvoirs et qui
interdit à tout pouvoir d’outrepasser ses limites ou de
piétiner les droits des autres pouvoirs. L’Etat, dans les
traditions des peuples développés, ne représente pas
seulement le gouvernement, ou les pouvoirs législatif et
judiciaire seulement, il englobe aussi toutes les
institutions de la société civile.
Nous vivons une nouvelle ère qui a connu de nombreuses
mutations. L’Etat n’est plus un simple appareil et une
addition d’organismes possédant les ressources et les
capacités nécessaires à réaliser ses objectifs. L’Etat est
devenu une nouvelle composition semblable à un tissu
homogène susceptible de comprendre des couloirs différents
et divergents mais qui forment in fine un habit valable pour
l’été comme pour l’hiver et dont le tissu peut être employé
à tous les usages.
La principale fonction de l’Etat dans l’ère contemporaine
est de tisser les fils qui formeront ce tissu homogène. Ce,
afin que les droits octroyés à l’individu s’étendent, de
sorte qu’il n’y ait pas de plafond aux ambitions légitimes
sous l’ombrelle des lois et législations. Les lois et
législations doivent impérativement être respectées et
vénérées. En contrepartie, tous les membres de la société
doivent accepter de partager la responsabilité des devoirs,
chacun selon ses capacités.
Si nous ressentons que l’espoir est toujours présent, que la
récolte dépend du volume des efforts déployés et que les
engagements et les devoirs s’appliquent à tous selon les
mêmes critères, le sentiment de passivité et
d’individualisme diminuera. Tous les membres de la société
ressentiront alors que leur sécurité, leur stabilité ainsi
que la garantie de leurs intérêts sont conditionnées par le
respect du « public » autant que du « privé ». Par
conséquent, le maintien de la propreté des rues et le
respect du code de la route deviendront parallèles à la
responsabilité du maintien de la propreté des maisons de
l’intérieur comme de l’extérieur. Chacun ressentira qu’il
est copropriétaire des rues, des jardins et des moyens de
transport. Chacun ressentira que le respect de la discipline
et le maintien de la beauté et du goût général sont dans son
intérêt car le tourisme s’épanouira ainsi que le commerce.
Oh combien avons-nous besoin en Egypte d’une coordination
générale qui confirme notre disposition à entamer une
nouvelle étape dont l’emblème est la discipline et la
régularité !