Kadhafi et Sarkozy
Salama A. Salama
Nombreux
sont ceux qui en Orient et en Occident sont parfois en
désaccord avec les politiques curieuses suivies par la
Libye. En effet, le colonel Kadhafi a l’habitude de
surprendre le monde par des décisions illogiques concernant
des causes arabes et internationales. Mais il semble que ce
manque de logique constitue le principe qui gère aujourd’hui
les relations internationales. Il semble aussi que par
intuition et sans recourir aux centres de recherches ni aux
services de renseignements, Kadhafi a compris que l’unique
moyen de faire face à la stupidité de la force qui a poussé
les Etats-Unis à frapper la Libye et à lui imposer un blocus
et des sanctions économiques était la stupidité de la
faiblesse qui a obligé les Etats-Unis et l’Occident à
accepter les règles du jeu pratiqué par Kadhafi. Et c’est
ainsi que d’une certaine manière, les deux parties sont
sorties du jeu avec le même résultat.
Ceci est prouvé par les événements de l’affaire des
infirmières bulgares et du médecin palestinien à cause
desquels 400 enfants libyens auraient été atteints du sida.
Et les tribunaux libyens ont jugé que ces inculpés
méritaient la peine de mort. Or, les accusés ont
dernièrement été libérés grâce à un accord mystérieux. Et ce
après 9 ans de négociations et de médiations où sont
intervenus, avec force, les membres de l’Union Européenne
(UE), les Etats-Unis et l’Onu. Dans cette affaire, la
Bulgarie, soutenue par l’Occident, a eu recours à la
tromperie, aux manœuvres, aux sanctions et aux mensonges
face à un régime libyen qui cache ses secrets et qui se
trouve seul exposé à tous les vents et à des complots
internationaux.
Il est clair que le mystère qui entoure cette affaire fait
partie des marchandages internationaux dont les détails
restent encore secrets. Personne ne sait exactement qui est
responsable de la maladie des enfants. Sont-ce les
infirmières bulgares ou bien le niveau détérioré des
services médicaux dans les hôpitaux libyens ou encore la
faiblesse des procédures médicales due aux années de blocus
après l’accident de Lockerbie ? Donc, si c’est Kadhafi qui a
provoqué toute cette crise pour régler ses comptes avec
l’Occident après avoir été obligé de renoncer à ses rêves et
ambitions, personne ne peut le blâmer dans ce monde géré par
des monstres.
Par conséquent, personne ne sait qui a contribué aux 460
millions d’indemnités qui ont été payées aux enfants par
l’intermédiaire d’un fonds international auquel auraient
contribué la Bulgarie, la Roumanie, le Qatar et l’UE. Ces
indemnités sont considérées par certains comme un pot-de-vin
accordé au régime libyen. Pour le président libyen, le plus
important est de voir la Libye récupérer sa position en
Occident après de longues années de boycott, d’isolement et
de soumission. Et c’est ce qu’il a réussi à faire. Trois ans
après le règlement de l’affaire Lockerbie, alors qu’Al-Karahi
a été condamné à la prison à vie en Ecosse, les relations
tournaient toujours dans un cercle vicieux. Or, il semble
que les méthodes curieuses du colonel ont rapidement apporté
leurs fruits. La visite de Blair à Kadhafi a été accompagnée
d’une décision de remettre en question le jugement contre
Al-Karahi. Or, l’épisode le plus amusant dans les relations
libyo-européennes est celui qui a accompagné la libération
des infirmières bulgares. Là, « Sarkozy le rapide »,
accompagné par sa femme, a sauté dans le train libyen pour
cueillir seul les fruits des efforts européens acharnés. Il
a conclu un accord conformément auquel la France vendra à la
Libye des armes d’une valeur de 400 millions de dollars.
Les Européens ne s’intéressent pas du tout à ce que le
peuple libyen gagne dans cette affaire. Et Sarkozy ne s’est
pas demandé si la normalisation avec la Libye et la vente
des armes réaliseront la prospérité économique et la liberté
politique que méritent les Libyens. C’est la dernière chose
qui préoccupe la France et l’Occident l
Nombreux sont ceux qui en Orient et en Occident sont parfois
en désaccord avec les politiques curieuses suivies par la
Libye. En effet, le colonel Kadhafi a l’habitude de
surprendre le monde par des décisions illogiques concernant
des causes arabes et internationales. Mais il semble que ce
manque de logique constitue le principe qui gère aujourd’hui
les relations internationales. Il semble aussi que par
intuition et sans recourir aux centres de recherches ni aux
services de renseignements, Kadhafi a compris que l’unique
moyen de faire face à la stupidité de la force qui a poussé
les Etats-Unis à frapper la Libye et à lui imposer un blocus
et des sanctions économiques était la stupidité de la
faiblesse qui a obligé les Etats-Unis et l’Occident à
accepter les règles du jeu pratiqué par Kadhafi. Et c’est
ainsi que d’une certaine manière, les deux parties sont
sorties du jeu avec le même résultat.
Ceci est prouvé par les événements de l’affaire des
infirmières bulgares et du médecin palestinien à cause
desquels 400 enfants libyens auraient été atteints du sida.
Et les tribunaux libyens ont jugé que ces inculpés
méritaient la peine de mort. Or, les accusés ont
dernièrement été libérés grâce à un accord mystérieux. Et ce
après 9 ans de négociations et de médiations où sont
intervenus, avec force, les membres de l’Union Européenne
(UE), les Etats-Unis et l’Onu. Dans cette affaire, la
Bulgarie, soutenue par l’Occident, a eu recours à la
tromperie, aux manœuvres, aux sanctions et aux mensonges
face à un régime libyen qui cache ses secrets et qui se
trouve seul exposé à tous les vents et à des complots
internationaux.
Il est clair que le mystère qui entoure cette affaire fait
partie des marchandages internationaux dont les détails
restent encore secrets. Personne ne sait exactement qui est
responsable de la maladie des enfants. Sont-ce les
infirmières bulgares ou bien le niveau détérioré des
services médicaux dans les hôpitaux libyens ou encore la
faiblesse des procédures médicales due aux années de blocus
après l’accident de Lockerbie ? Donc, si c’est Kadhafi qui a
provoqué toute cette crise pour régler ses comptes avec
l’Occident après avoir été obligé de renoncer à ses rêves et
ambitions, personne ne peut le blâmer dans ce monde géré par
des monstres.
Par conséquent, personne ne sait qui a contribué aux 460
millions d’indemnités qui ont été payées aux enfants par
l’intermédiaire d’un fonds international auquel auraient
contribué la Bulgarie, la Roumanie, le Qatar et l’UE. Ces
indemnités sont considérées par certains comme un pot-de-vin
accordé au régime libyen. Pour le président libyen, le plus
important est de voir la Libye récupérer sa position en
Occident après de longues années de boycott, d’isolement et
de soumission. Et c’est ce qu’il a réussi à faire. Trois ans
après le règlement de l’affaire Lockerbie, alors qu’Al-Karahi
a été condamné à la prison à vie en Ecosse, les relations
tournaient toujours dans un cercle vicieux. Or, il semble
que les méthodes curieuses du colonel ont rapidement apporté
leurs fruits. La visite de Blair à Kadhafi a été accompagnée
d’une décision de remettre en question le jugement contre
Al-Karahi. Or, l’épisode le plus amusant dans les relations
libyo-européennes est celui qui a accompagné la libération
des infirmières bulgares. Là, « Sarkozy le rapide »,
accompagné par sa femme, a sauté dans le train libyen pour
cueillir seul les fruits des efforts européens acharnés. Il
a conclu un accord conformément auquel la France vendra à la
Libye des armes d’une valeur de 400 millions de dollars.
Les Européens ne s’intéressent pas du tout à ce que le
peuple libyen gagne dans cette affaire. Et Sarkozy ne s’est
pas demandé si la normalisation avec la Libye et la vente
des armes réaliseront la prospérité économique et la liberté
politique que méritent les Libyens. C’est la dernière chose
qui préoccupe la France et l’Occident.