Al-Ahram Hebdo, Opinion | Salama A. Salama, Kadhafi et Sarkozy
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 Semaine du 8 au 14 août, numéro 674

 

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Opinion

Kadhafi et Sarkozy

Salama A. Salama

Nombreux sont ceux qui en Orient et en Occident sont parfois en désaccord avec les politiques curieuses suivies par la Libye. En effet, le colonel Kadhafi a l’habitude de surprendre le monde par des décisions illogiques concernant des causes arabes et internationales. Mais il semble que ce manque de logique constitue le principe qui gère aujourd’hui les relations internationales. Il semble aussi que par intuition et sans recourir aux centres de recherches ni aux services de renseignements, Kadhafi a compris que l’unique moyen de faire face à la stupidité de la force qui a poussé les Etats-Unis à frapper la Libye et à lui imposer un blocus et des sanctions économiques était la stupidité de la faiblesse qui a obligé les Etats-Unis et l’Occident à accepter les règles du jeu pratiqué par Kadhafi. Et c’est ainsi que d’une certaine manière, les deux parties sont sorties du jeu avec le même résultat.

Ceci est prouvé par les événements de l’affaire des infirmières bulgares et du médecin palestinien à cause desquels 400 enfants libyens auraient été atteints du sida. Et les tribunaux libyens ont jugé que ces inculpés méritaient la peine de mort. Or, les accusés ont dernièrement été libérés grâce à un accord mystérieux. Et ce après 9 ans de négociations et de médiations où sont intervenus, avec force, les membres de l’Union Européenne (UE), les Etats-Unis et l’Onu. Dans cette affaire, la Bulgarie, soutenue par l’Occident, a eu recours à la tromperie, aux manœuvres, aux sanctions et aux mensonges face à un régime libyen qui cache ses secrets et qui se trouve seul exposé à tous les vents et à des complots internationaux.

Il est clair que le mystère qui entoure cette affaire fait partie des marchandages internationaux dont les détails restent encore secrets. Personne ne sait exactement qui est responsable de la maladie des enfants. Sont-ce les infirmières bulgares ou bien le niveau détérioré des services médicaux dans les hôpitaux libyens ou encore la faiblesse des procédures médicales due aux années de blocus après l’accident de Lockerbie ? Donc, si c’est Kadhafi qui a provoqué toute cette crise pour régler ses comptes avec l’Occident après avoir été obligé de renoncer à ses rêves et ambitions, personne ne peut le blâmer dans ce monde géré par des monstres.

Par conséquent, personne ne sait qui a contribué aux 460 millions d’indemnités qui ont été payées aux enfants par l’intermédiaire d’un fonds international auquel auraient contribué la Bulgarie, la Roumanie, le Qatar et l’UE. Ces indemnités sont considérées par certains comme un pot-de-vin accordé au régime libyen. Pour le président libyen, le plus important est de voir la Libye récupérer sa position en Occident après de longues années de boycott, d’isolement et de soumission. Et c’est ce qu’il a réussi à faire. Trois ans après le règlement de l’affaire Lockerbie, alors qu’Al-Karahi a été condamné à la prison à vie en Ecosse, les relations tournaient toujours dans un cercle vicieux. Or, il semble que les méthodes curieuses du colonel ont rapidement apporté leurs fruits. La visite de Blair à Kadhafi a été accompagnée d’une décision de remettre en question le jugement contre Al-Karahi. Or, l’épisode le plus amusant dans les relations libyo-européennes est celui qui a accompagné la libération des infirmières bulgares. Là, « Sarkozy le rapide », accompagné par sa femme, a sauté dans le train libyen pour cueillir seul les fruits des efforts européens acharnés. Il a conclu un accord conformément auquel la France vendra à la Libye des armes d’une valeur de 400 millions de dollars.

Les Européens ne s’intéressent pas du tout à ce que le peuple libyen gagne dans cette affaire. Et Sarkozy ne s’est pas demandé si la normalisation avec la Libye et la vente des armes réaliseront la prospérité économique et la liberté politique que méritent les Libyens. C’est la dernière chose qui préoccupe la France et l’Occident l

Nombreux sont ceux qui en Orient et en Occident sont parfois en désaccord avec les politiques curieuses suivies par la Libye. En effet, le colonel Kadhafi a l’habitude de surprendre le monde par des décisions illogiques concernant des causes arabes et internationales. Mais il semble que ce manque de logique constitue le principe qui gère aujourd’hui les relations internationales. Il semble aussi que par intuition et sans recourir aux centres de recherches ni aux services de renseignements, Kadhafi a compris que l’unique moyen de faire face à la stupidité de la force qui a poussé les Etats-Unis à frapper la Libye et à lui imposer un blocus et des sanctions économiques était la stupidité de la faiblesse qui a obligé les Etats-Unis et l’Occident à accepter les règles du jeu pratiqué par Kadhafi. Et c’est ainsi que d’une certaine manière, les deux parties sont sorties du jeu avec le même résultat.

Ceci est prouvé par les événements de l’affaire des infirmières bulgares et du médecin palestinien à cause desquels 400 enfants libyens auraient été atteints du sida. Et les tribunaux libyens ont jugé que ces inculpés méritaient la peine de mort. Or, les accusés ont dernièrement été libérés grâce à un accord mystérieux. Et ce après 9 ans de négociations et de médiations où sont intervenus, avec force, les membres de l’Union Européenne (UE), les Etats-Unis et l’Onu. Dans cette affaire, la Bulgarie, soutenue par l’Occident, a eu recours à la tromperie, aux manœuvres, aux sanctions et aux mensonges face à un régime libyen qui cache ses secrets et qui se trouve seul exposé à tous les vents et à des complots internationaux.

Il est clair que le mystère qui entoure cette affaire fait partie des marchandages internationaux dont les détails restent encore secrets. Personne ne sait exactement qui est responsable de la maladie des enfants. Sont-ce les infirmières bulgares ou bien le niveau détérioré des services médicaux dans les hôpitaux libyens ou encore la faiblesse des procédures médicales due aux années de blocus après l’accident de Lockerbie ? Donc, si c’est Kadhafi qui a provoqué toute cette crise pour régler ses comptes avec l’Occident après avoir été obligé de renoncer à ses rêves et ambitions, personne ne peut le blâmer dans ce monde géré par des monstres.

Par conséquent, personne ne sait qui a contribué aux 460 millions d’indemnités qui ont été payées aux enfants par l’intermédiaire d’un fonds international auquel auraient contribué la Bulgarie, la Roumanie, le Qatar et l’UE. Ces indemnités sont considérées par certains comme un pot-de-vin accordé au régime libyen. Pour le président libyen, le plus important est de voir la Libye récupérer sa position en Occident après de longues années de boycott, d’isolement et de soumission. Et c’est ce qu’il a réussi à faire. Trois ans après le règlement de l’affaire Lockerbie, alors qu’Al-Karahi a été condamné à la prison à vie en Ecosse, les relations tournaient toujours dans un cercle vicieux. Or, il semble que les méthodes curieuses du colonel ont rapidement apporté leurs fruits. La visite de Blair à Kadhafi a été accompagnée d’une décision de remettre en question le jugement contre Al-Karahi. Or, l’épisode le plus amusant dans les relations libyo-européennes est celui qui a accompagné la libération des infirmières bulgares. Là, « Sarkozy le rapide », accompagné par sa femme, a sauté dans le train libyen pour cueillir seul les fruits des efforts européens acharnés. Il a conclu un accord conformément auquel la France vendra à la Libye des armes d’une valeur de 400 millions de dollars.

Les Européens ne s’intéressent pas du tout à ce que le peuple libyen gagne dans cette affaire. Et Sarkozy ne s’est pas demandé si la normalisation avec la Libye et la vente des armes réaliseront la prospérité économique et la liberté politique que méritent les Libyens. C’est la dernière chose qui préoccupe la France et l’Occident. 

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