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Edito
Composantes
L’envoi d’une force de paix au Darfour est la réponse,
certes tardive mais massive, de la communauté
internationale à une catastrophe humanitaire de grande
ampleur dans l’ouest du Soudan, qui aurait fait depuis
février 2003 quelque 200 000 morts, chiffre contesté par
Khartoum, et plus de 2,1 millions de déplacés sur une
population de six millions d’âmes. La force des
Nations-Unies et de l’Union
Africaine (UA), baptisée Unamid,
doit être composée de 26 000 soldats et policiers et
sera la plus importante mission de paix au monde. Elle
ne devrait être déployée sur le terrain qu’au début
2008, soit près de cinq ans après le début du conflit au
Darfour. Le Soudan, après des années de tergiversations
et de pressions occidentales soutenues, a fini par
accepter le principe de cette force à condition qu’elle
soit essentiellement composée de soldats africains. Le
texte de la résolution a subi des modifications pour le
rendre acceptable par Khartoum, qui craignait qu’il ne
donne à l’Unamid un large mandat lui permettant un
recours illimité à la force sous le chapitre VII de la
charte de l’Onu. Ainsi, la référence au chapitre VII
a-t-elle été limitée à un seul article : La résolution
autorise la force Onu-UA à prendre « les mesures
nécessaires » (signifiant l’usage de la force si elle
s’impose) pour protéger son personnel, assurer la
sécurité et la liberté de circulation des travailleurs
humanitaires, prévenir les attaques et les menaces
contre les civils et soutenir la mise en œuvre de
l’accord de paix du Darfour. Les rédacteurs de la
résolution ont renoncé à invoquer le chapitre VII pour
donner pouvoir à la force mixte d’enquêter sur la
présence éventuelle d’armes au Darfour, ce qui serait
une violation des résolutions de l’Onu. Les Etats-Unis
et la Grande-Bretagne avaient au départ préconisé une
ligne très ferme contre le Soudan mais il est vite
apparu nécessaire d’adoucir le texte pour obtenir le
soutien de certains membres africains du Conseil de
sécurité et de la Chine. Cependant, tout le monde est
parfaitement conscient que la force de maintien de la
paix n’est qu’une composante de la recherche d’une
solution au Darfour et qu’il faut y favoriser une
entente politique entre gouvernement et rebelles non
signataires de la paix. L’expérience de la force
africaine de 7 000 hommes, sur le terrain depuis 2003 et
qui doit passer le témoin à l’Unamid, a prouvé
l’impossibilité de stabiliser la situation au Darfour
sans solution politique. Le développement du Darfour,
longtemps négligé, est une autre composante, également
indispensable à la paix.
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