Al-Ahram Hebdo, Idées | Tempête autour du Prix de la nouvelle
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 8 au 14 août, numéro 674

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Idées

Polémique. Révoltés par la non attribution des prix d’Encouragement de l’Etat, des intellectuels égyptiens ont fondé le Comité de conscience culturelle. Sans ménager leurs critiques contre la corruption des institutions culturelles.

Tempête autour du Prix de la nouvelle

La décision de former un Comité populaire de protestation a été prise la semaine dernière lors d’un colloque littéraire à Warchet al-Zatoun (un atelier littéraire regroupant de nombreux intellectuels égyptiens), en réaction à la non attribution de 17 prix d’Encouragement de l’Etat et notamment le Prix de la nouvelle. Les prix d’Etat sont souvent marqués par une controverse et un mécontentement de la part de certains candidats estimant être injustement lésés, mais cette année, la non attribution de plusieurs prix a été « la goutte qui a fait déborder le vase », selon les membres du comité.

La session de cette année, dont la distribution des prix a eu lieu à la fin du mois de juin, a été assez calme, troublée cependant par la colère de jeunes nouvellistes, qui s’étaient estimés humiliés par l’argument avancé par le jury pour occulter le prix dans le domaine de la nouvelle : « Les nouvelles sont au-dessous du niveau des prix d’Etat ». Les écrivains ont déclaré ne pouvoir accepter un tel argument puisqu’il ne repose, d’après eux, sur aucune explication logique ou un standard selon lequel les œuvres doivent être jugées. « Je veux bien ne pas obtenir le prix et que quelqu’un d’autre l’ait, mais que le prix soit annulé car nous n’en sommes pas à la hauteur, c’est vraiment une insulte », s’indigne Safaa Al-Naggar, nouvelliste candidate au prix.

« Le Comité de conscience culturelle créé par les intellectuels engagés n’est qu’un comité préparatoire pour une grande conférence qui aura lieu vers le mois de septembre, et qui aura pour but principal la déploration de toute forme de corruption affectant les institutions culturelles gouvernementales dont l’acteur principal est bien entendu le ministère de la Culture », explique le poète et critique Chaabane Youssef. « Nous avons longtemps essayé de nous faire entendre par le ministère, en vain. Il est temps maintenant de passer à l’action ».

 

Analyse et critique

Le réel regret du comité paraît dans sa certitude que le jury n’a pas fait l’effort de lire les œuvres. « C’est là où figure le vrai problème, nos institutions culturelles sont affectées par la corruption, la paresse et sont en hibernation depuis bientôt 20 ans », dit Chaabane Youssef, ajoutant que « le nom du comité vient de ce manque de conscience dans lequel nous vivons ».

Le comité, que les membres qualifient de « populaire » en parallèle au comité gouvernemental, officiel, ne s’arrêtera pas uniquement à la conférence, mais consacrera ses efforts à l’analyse et à la critique des œuvres candidates au prix d’Etat et d’œuvres plus récentes publiées tout au long de l’année afin de créer un parallélisme entre les différents jurys assignés par le ministère et les intellectuels concernés.

« Nous comptons élargir l’activité du comité qui décernera des prix à son tour aux meilleures œuvres, tel le prix de Magdi Al-Gabri créé par sa femme l’auteure Safaa Abdel-Moneim », déclare Safaa Al-Naggar. « Puisqu’en tant qu’intellectuels égyptiens nous sommes considérés au-dessous du niveau par un jury principalement constitué d’auteurs qui ne font plus partie de notre génération, nous devons trouver un moyen d’évaluer nos travaux. Certes j’avoue que les membres du jury tels Youssef Al-Charouni et Aboul-Maati Aboul-Naga sont des pères historiques de la nouvelle et de la littérature en général, mais ont-ils des rôles efficaces dans le produit culturel d’aujourd’hui ? », s’exclame-t-elle.

Une polémique dans laquelle le ministère et les membres du jury s’abstiennent d’entrer. Le président du jury pour la nouvelle, le professeur Hamdi Al-Sakkout, avait avancé un argument liant la décision du jury au bas niveau de l’éducation en Egypte. Un argument considéré par le comité populaire comme « vain » notamment parce que la loi donne le droit au jury, s’il juge les œuvres candidates comme au-dessous du niveau, de proposer d’autres œuvres non candidates. « Mais pourquoi feraient-ils cela, s’ils ont d’autres choses à faire et sont plus attirés par les caméras et les chaînes satellites ? », exprime ironiquement Chaabane Youssef.

Entre un comité qui remet en cause toutes les règles longtemps appliquées par les institutions culturelles et des institutions qui ne donnent aucune explication à leurs décisions, peut-on s’attendre à voir ce comité constituer un substitut aux prix d’Etat ?.

Dina Abdel-Hakim

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.