Exposition .
Trois jeunes, voire très jeunes artistes, Youssef Yousri,
Ossama Al-Leithy et Magdi Al-Achaal, mélangent leurs
palettes à l’Atelier du Caire dans un élan particulier
d’exaltation picturale.
Mariage de styles
Les
âges se mélangent ainsi que les styles, c’est ce qu’offre ce
mois-ci l’Atelier du Caire au regard de son public. « Les
goûts et les couleurs ne se discutent pas », dit le
proverbe. C’est dans cet état d’esprit que les amoureux de
l’art doivent découvrir les trois artistes Youssef Yousri,
Ossama Al-Leithy ainsi que Magdi Al-Achaal qui ont exposé
leurs œuvres à l’Atelier, mêlant leurs techniques diverses
et leurs tonalités élégantes.
Le plus jeune d’entre eux, Youssef Yousri, pas plus haut que
trois pommes, âgé de 7 ans, expose pour la première fois
avec beaucoup d’assurance et de fierté sa quinzaine de
collages et dessins sur lesquels il a travaillé durant cette
dernière année. Dès l’âge de 3 ans, il avait commencé à
étaler ses petits croquis sur les murs de sa chambre. Sa
maman, professeure d’art à la faculté des beaux-arts de
Zamalek, note très tôt son talent inné et précoce. « J’ai
relevé son don pour le choix des couleurs et sa prestation
appliquée dans le dessin. Je l’ai donc aidé à les
perfectionner ». Dès lors, elle se charge de son initiation
au collage et à la peinture aux crayons de couleurs, chaque
fin d’après-midi. Progressivement, le jeune Youssef parvient
à se forger un style, en s’essayant à des dessins de petites
souris au feutre, ou des découpages et de collages de
crocodiles sur papier, certes dans une conception un peu
infantile, mais où le talent peut se trouver.
De
son côté, à 35 ans et avec quelques expositions derrière
lui, Ossama Al-Leithy maîtrise ses styles avec des portraits
à l’huile de jeunes femmes aux couleurs vibrantes et traits
de visage bien accentués. Il réussit à faire ressortir leur
jovialité et leurs expressions langoureuses par des coups de
pinceau, travaillant le détail et la perspective. Par
ailleurs, une dizaine de ses dessins au crayon noir
également, exposés dans la salle Mohamad Nagui au premier
étage de l’Atelier du Caire, sont une suite abstraite de
formes et d’objets, nous montrant l’aisance de son coup de
crayon bien différent de celui de ses peintures. Etant un
grand amoureux de la nature, Ossama Al-Leithy confère en
outre à son œuvre un ton plus mélancolique avec des toiles
au style expressionniste, inspirées des paysages de la
campagne égyptienne, exhalant sa beauté et simplicité
naturelles. Ainsi, l’artiste fait-il partie de cette
nouvelle génération qui associe avec virtuosité une
diversité de styles à une aisance singulière.
Le plus âgé des artistes exposant à l’Atelier est le peintre
Magdi Al-Achaal, qui appartient à l’ancienne école du
monostyle. Diplômé de la faculté des beaux-arts de Zamalek,
qui dépend de l’Université de Hélouan, il a à son actif plus
d’une dizaine d’expositions et participe régulièrement à la
conception de décors de théâtre, ainsi qu’à la réalisation
de posters privés. L’or, le marron et le bleu foisonnent
dans ses œuvres exposées dans la salle Rateb Seddiq de la
galerie. Jouant avec les textures, Magdi Al-Achaal insuffle
une vitalité à ses peintures en utilisant de petits objets
qu’il glisse sous la toile et recouvre ensuite de peinture.
Quelques-unes de ses œuvres rappellent des prises de vues
aériennes de cartes géographiques militaires. Usant de
calligraphies ainsi que de multiples éléments géométriques à
l’encre de chine, il renforce cette idée de carte
géographique interférant avec les effluves de l’histoire.
Ainsi, les trois jeunes artistes nous font-ils partager leur
engouement pour des univers particuliers en corrélation avec
leur expérience intime du monde et des outils qu’ils
déploient pour le sonder.
Natayla Taymour