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 Semaine du 8 au 14 août, numéro 674

 

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Arts

Documentaire . Le mystère Jacques Vergès s’offre à la curiosité du public avec L’Avocat de la terreur de Barbet Schroede. Les controverses sont multiples sur ce film sorti dans les salles françaises cette semaine.

Retour vers le passé

Portant sur la carrière et la biographie hautement polémique de l’avocat Jacques Vergès, le documentaire éponyme investit certains écrans arabes et occidentaux.

Après une introduction au royaume des malades mentaux Khmers rouges et de son fameux Pol Pot, on retourne dans un monde un peu plus historique. Celui de la guerre 1939-1945, où s’engage fin 1942, à 17 ans à peine, Jacques Vergès. Ce dernier croit défendre son idée de la France, symbolisée par Montesquieu. Mais dès la fin de la seconde guerre mondiale, les massacres perpétrés par les colons en Algérie contre les indigènes fêtant la libération lui font changer son fusil d’épaule. Cette situation macabre le renvoie sans tarder à sa condition de colonisé d’origine vietnamo-réunionnaise. A partir de ce cap, Jacques Vergès commence à admirer toutes les résistances à toutes les formes d’oppression, défendant, selon lui, la logique « Œil pour œil, dent pour dent ». Car pour lui, le caractère légitime des causes autorise tout : les attentats sont des réponses naturelles aux massacres et tortures des Etats. A force de flirter avec ce monde violent, il se met également en danger. Il s’impose dès lors dans la posture d’avocat résistant. Et ses clients deviennent alors le miroir de ses désirs de révolte inassouvis mais légalisés de par le choix de sa profession. D’ailleurs, à partir de 1965, la militante algérienne Djamilah Bouhired devient sa cliente, sa compagne et sa femme.

Pendant 135 minutes, le film qui s’avère être structuré comme une enquête, devient une histoire critique du terrorisme international sur près de quarante ans à front renversé. Toutefois, les polémiques ne tarissent pas vis-à-vis de cette œuvre. Surtout après une déclaration de Jacques Vergès, suite à la projection du film dans la section Un Certain regard de la dernière édition du Festival du film de Cannes, affichant son mécontentement de l’œuvre. Mais pourquoi ce grand avocat n’aimerait-il pas un tel film, qui lui donne autant d’importance ? Nombreux peuvent être les motifs.

D’après le montage du film, on peut, en fait, sentir parfois que Vergès faisait du tort à travers ses témoignages à ceux qu’il a toujours défendus, et que le célèbre avocat s’est toujours débrouillé pour gagner à tout prix : certains liens innés paraissent soulignés discrètement par le réalisateur du documentaire, entre Vergès et la lutte pour l’indépendance qualifiée par l’Occident de terrorisme international. Donc, face à la caméra de Barbet Schroeder, l’image de Vergès portait une double texture : celle du délibérateur des opprimés comme le voient les Arabes et du souteneur du terrorisme, comme l’a surnommé une certaine presse à la suite de sa projection au Festival de Cannes.

De même, le film a mis l’accent sur certains côtés mystérieux du caractère et de la biographie de Vergès, telle la mystérieuse clandestinité de 1972–1978, cette période durant laquelle « L’Avocat de la terreur » a été isolé, sans laisser à personne l’occasion d’en savoir les détails.

Par ailleurs, certains commentaires et répliques de Jacques Vergès dans le film lui ont attiré certaines critiques, telles que : « Aurais-je défendu Hitler ? Bien sûr, je défendrais même George Bush s’il le fallait », affirme-t-il clairement dans l’une des scènes les plus importantes du film. Un avis, digne pourtant de soulever de différentes controverses.

Pour conclure, Barbet Schroeder nous livre à nouveau un documentaire qui ne prend pas le spectateur pour dupe et qui flirte avec la folie humaine, déjà décrite dans la biographie d’Amin Dada, objet d’un documentaire des années 1970, que ressuscite un film sorti récemment, Le Dernier roi d’Ecosse. Avec L’Avocat de la terreur, il ajoute un point d’orgue à son cinéma engagé, « un cinéma qui, selon lui, glorifie les personnages et mémorise les ombres et les éclats de nos jours ».

Yasser Moheb 

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En attendant la projection intégrale en Egypte, la bande-annonce du film peut être visionnée sur le site www.lavocatdelaterreur.comv

 




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