Football.
Ahli, tenant du titre des deux dernières éditions de la
Ligue d’Afrique des champions, doit décrocher au moins un
point face à l’ASEC d’Abidjan, dimanche au Caire, pour
assurer sa qualification pour les demi-finales.
Le champion dans l’incertitude
Ahli
n’est plus maître de son destin. Les Rouges sont dans
l’obligation de battre l’ASEC d’Abidjan, dimanche prochain
au Caire, lors de la dernière journée de la phase de poule
de la Ligue d’Afrique des champions pour assurer leur
qualification. Mais ils devront aussi attendre le résultat
du match de l’Espérance de Tunis et du Hilal du Soudan pour
trancher la tête du groupe. Un objectif qu’ils s’étaient
d’ailleurs fixé dès le départ afin d’avoir le privilège de
jouer les retours des demi-finales et de la finale, en cas
de qualification, à domicile. Mais les priorités ont changé.
Après un excellent départ en récoltant un maximum de 9
points en 3 rencontres, le compteur d’Ahli s’est
soudainement bloqué. Le champion d’Afrique a encaissé une
défaite de 0-1 à Tunis face à l’Espérance, avant de se faire
humilier à Khartoum sur le score sans appel de 0-3 par le
Hilal. Ce dernier, qui compte à présent 9 points, est en
tête du groupe grâce à un meilleur face-à-face avec Ahli qui
l’avait battu en match aller 2-0. Les Soudanais, grande
révélation de cette édition, ont assuré leur qualification
et sont en quête d’une quelconque victoire à Tunis afin de
terminer au sommet du groupe B.
Mais apparemment, rien ne va plus dans le quartier rouge car
l’entraîneur Manuel José Da Silva devra composer sans son
meneur de jeu et pièce maîtresse, Mohamad Abou-Treika,
écarté pour blessure, outre l’absence du pilier du milieu
Mohamad Chawqi, qui est sur le départ vers la formation de
première division anglaise de Middlesbrough. Des
défaillances à grand impact sur le groupe qui se livrera à
une bataille féroce face à l’ASEC qui rêve d’écarter le
tenant du titre des deux dernières années et se qualifier
pour les demi-finales à sa place. « Nous avons buté lors des
derniers matchs. C’est vrai mais ce n’est pas la fin du
monde. Le public et les observateurs doivent savoir que
c’est normal car cela nous est arrivé lors des dernières
saisons mais au final, nous réalisons nos objectifs. Il n’y
a pas de raison de s’alarmer et nous devons apprendre la
gestion de ce genre de situation », a déclaré Hossam
Al-Badri, l’assistant de l’entraîneur.
« Les joueurs sont épuisés »
Des paroles qui ne suffisent pas à apaiser l’inquiétude des
observateurs et du public, d’autant plus que l’équipe ne
montre qu’une pâle figure du ténor qui a tout amassé lors de
ces trois dernières années. Le groupe a perdu de son éclat
et solidité qui l’ont caractérisé durant toute cette ère
dorée. Les filets d’Al-Hadari, tant perçu comme un rêve hors
de portée, ont été récemment percés à huit reprises en
quatre rencontres (4 en Ligue d’Afrique et 4 en championnat)
à cause d’une défense qui n’a pas rempli son rôle comme il
le faut. Le libéro Emad Al-Nahhas et le défenseur Waël Gomaa
souffrent d’une considérable baisse de niveau et semblent
avoir vieilli. Quant au milieu de terrain, il manque
gravement à la puissance de Chawqi et l’attaque souffre d’un
manque d’imagination. « Les joueurs sont épuisés
physiquement et moralement. Nous enchaînons notre troisième
saison d’affilée sans avoir pris de repos et les matchs se
suivent à un rythme infernal et ça ne nous laisse aucune
chance de récupérer ». Da Silva ne cesse de crier au secours
depuis un bon bout de temps mais rien à faire, du fait de la
contradiction entre le calendrier local et continental. Ahli
a entamé la phase de poule de la Ligue d’Afrique alors qu’il
disputait les phases finales de la coupe d’Egypte Etisalat !
Le médiocre recrutement effectué à l’intersaison n’a pas
permis à José d’avoir de nouveaux atouts sous sa main ni de
pièces de rechange pour injecter du sang frais dans les
veines de son groupe. L’ossature principale de l’équipe est
la même depuis 2004 et, bien que plus d’une dizaine de
joueurs aient été embauchés, aucun d’entre eux n’a fait une
grande impression. « Nous avons des critères pour le
recrutement mais cette année, les prix ont sauté et nous
avons affronté des difficultés sur le marché. Raison pour
laquelle nous nous sommes contentés du minimum, surtout que
nous avons les meilleurs éléments d’Egypte actuellement »,
explique Adli Al-Qii, directeur du département de marketing
et des transferts. C’est peut-être partiellement vrai en ce
qui concerne le calibre des pions d’Ahli mais cela ne peut
pas cacher le manque de talents sur le banc de touche d’Ahli,
qui souffre d’une inefficacité criante, surtout lorsqu’il
s’agit de remplacer l’un des titulaires. Sachant qu’il n’y a
rien à faire à présent, le staff technique a intensifié ses
efforts avec les joueurs que ce soit sur le plan physique ou
moral. De même, les joueurs eux-mêmes ont décidé de faire
des réunions hebdomadaires chez les grands joueurs afin de
s’auto-motiver de nouveau et de faire taire toutes les
mauvaises langues qui n’ont cessé de les fouetter
dernièrement.
Consciente de l’impasse et que toutes ces solutions ne sont
que des remèdes temporaires, la direction a entamé dès à
présent des négociations pour faire un large recrutement en
janvier prochain, afin de redonner à l’équipe son éclat tout
en espérant que ce groupe tiendra bon jusqu’alors et pourra
remporter le trophée de la Ligue d’Afrique.
Après
bien sûr l’épreuve de l’ASEC, dimanche prochain.
Karim
Farouk