Al-Ahram Hebdo, Sports | Kibet, nouveau roi du marathon
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 Semaine du 29 août au 4 septembre 2007, numéro 677

 

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Sports

Athlétisme. Le Kényan Luke Kibet a réalisé un exploit pour le Kenya en remportant le premier titre du marathon pour son pays depuis 20 ans lors des Mondiaux qui se déroulent au Japon jusqu’au 2 septembre.

Kibet, nouveau roi du marathon

Samedi 25 août. Il est 7 heures du matin, les 11e Championnats du monde d’athlétisme débutent avec l’une des épreuves les plus spectaculaires de la compétition, à savoir le marathon (42,195 km), qui se déroule dans les rues d’Osaka, au Japon. Il faut dire qu’il a lieu dans des conditions météorologiques très difficiles, avec une température élevée et un taux d’humidité étouffant (28 degrés Celsius et 81 % d’humidité). Cette course annonçant le lancement des Mondiaux, qui durent jusqu’au 2 septembre à Osaka (Japon), marque également le début de la saison de récolte africaine.

En effet, le marathon a offert au continent africain sa première médaille d’or. Et cela grâce au Kényan sans grande expérience, Luke Kibet. En 2 h 15 min 59 sec, Kibet, gardien de prison de profession, a devancé le Qatari d’origine kényane, Mubarak Hassan Shami (2h17:18.), et le Suisse Viktor Rothlin (2h17:25.). Agé de 24 ans, Kibet succède au Marocain Jaouad Gharib, double tenant du titre mais forfait cette année. Gharib, 35 ans, avait vu sa préparation perturbée en raison d’une légère blessure au marathon de Londres, où, le 22 avril dernier, il avait terminé quatrième. L’Erythréen Yared Asmeron a pris la quatrième place (2h17:41.) tandis que les Japonais ont réussi un superbe tir groupé en se classant 5e, 6e et 7e. Kibet, qui a définitivement échappé à un groupe de trois hommes après le 30e kilomètre, n’avait jusque-là remporté qu’un seul marathon, à Vienne, plus tôt cette année.

Sous un soleil de plomb malgré l’heure matinale (30 degrés Celsius à 8h du matin, une heure après le départ, et 65 % d’humidité), la course a mis un temps fou à se décanter. Au km 25, ils étaient encore 18 dans la même seconde (1h21:11.). Peu après, Kibet a placé une première attaque, à laquelle n’ont répondu que quatre hommes, dont Shami. Après 1h 42 min de course, le Kényan accélère de nouveau pour filer vers le titre. Si l’on prend en considération la température de 30 degrés C et 70 % d’humidité, on peut dire que la performance de Kibet a été impressionnante en réalisant le plus haut écart dans l’histoire des Mondiaux et qui s’élève à (1min 19 sec). Il a franchi la ligne d’arrivée après ses 26 miles 385 yards, puis il a commencé son tour de victoire avant que le médaillé d’argent ne rentre dans le stade. « J’ai su que je pourrais gagner à 35 km », dit Kibet. Derrière lui, la lutte a été superbe durant les derniers kilomètres, avec Shami, Rothlin, le Kényan William Kiplagat, finalement 8e, Ogata et Asmerom, se voyant tour à tour sur le podium.

 

Succès retrouvé

En remportant l’épreuve, Luke Kibet met fin à une période de disette pour le Kenya où le titre du marathon manquait depuis une vingtaine d’années. Depuis 1987, et le succès à Rome de Douglas Wakihuri, le pays de l’Est africain n’avait récolté que la misère d’un argent (Simon Biwott), en 2001, à Edmonton (Canada). Anomalie, car les Kényans raflent régulièrement depuis des années les plus prestigieuses épreuves du marathon (Londres, New York, Chicago, Rotterdam), qui sont aussi les mieux rémunérées. Injustice ? Pas tout à fait, car la course aux cachets a son revers. Au Japon, l’équipe kényane était composée de la réserve. Mais Kibet, 24 ans, avait pour seul titre de gloire un succès à Vienne. « Je suis heureux d’avoir donné cette victoire au Kenya après 20 ans. La veille de la course, j’ai mis au point une tactique avec les entraîneurs. J’ai placé une première attaque, puis j’ai encore accéléré au 31e kilomètre et j’ai vu que je creusais l’écart », a confié le jeune homme. Auparavant, il s’était concerté avec son compatriote William Kiplagat, longtemps troisième avant de s’effondrer dans l’ultime kilomètre. Originaire de la Rift Valley, qui produit une race exceptionnelle de coureurs de longue haleine, Kibet a été sollicité dès la fin de l’épreuve par les organisateurs de New York. Pourra-t-il résister aux sollicitations et ainsi se préparer pour les JO ?

Le Kenya avait pourtant dû composer sans ses principaux athlètes, privilégiant les courses rémunérées. C’est ainsi que Robert Cheruiyot, triple vainqueur du marathon de Boston, Martin Lel et Felix Limo, qui ont respectivement remporté celui de Londres cette année et en 2006, ainsi que Paul Tergat, l’actuel détenteur du record du monde du marathon (2h04:55.), ne figuraient pas dans la sélection. Mais les sources de coureurs au long cours sont inépuisables au Kenya. Le titre de Kibet de cette édition annonce le retour d’un Kenya très fort. Aux Championnats du monde 2001, le Kenya était à la 3e place au tableau final des médailles, mais lors des derniers Mondiaux, le pays n’a remporté qu’une seule médaille d’or. Donc, cette année, les Kényans espèrent rééditer les exploits du passé en remportant un beau panier de médailles d’or.

Doaa Badr

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