La chute des cheveux :
un choix de solutions
Nombreux
sont les centres de beauté qui proposent des traitements à
la calvitie, mais très peu sont qualifiés en la matière.
Quelques infos importantes pour ne plus se laisser berner.
Aujourd’hui, en Occident, le crâne rasé se porte bien. Des
jeunes sportifs, des musiciens, des artistes aux crânes
rasés côtoient sans discrimination « des chevelus ». Ce
nouveau « look » reléguera-t-il au passé le drame de la
calvitie pour les hommes ? En se rasant de près la couronne
des cheveux qui lui reste, « le chauve » ressemble ainsi à
un footballeur, à un chanteur ou à un metteur en scène, à
des héros que le public estime. Mais la mode change et sauf
retour à la casquette ou au turban, « le crâne rasé-chauve »
se retrouvera : chauve.
En Egypte, les jeunes cadres d’entreprises, de 25 à 30 ans,
semblent très sensibles à leur image. Pour une forte
minorité, une chute partielle de cheveux commence à se
manifester. Or, plus la chute débute tôt, plus la calvitie
risque de s’étendre rapidement. Comment prendre en charge
cette situation ?
Vous avez, évidemment, éliminé auparavant, lors d’une
consultation médicale, la possibilité peu commune d’une
maladie du cuir chevelu. Maintenant, vous savez que vous
êtes programmé dans un processus physiologique normal qui
concerne 90 % des hommes : « Le crâne qui se dégarnit ».
Souvent difficile à vivre, ce phénomène est avant tout un
parcours du combattant qui est parsemé de nombreux vendeurs
d’illusions. La solution ? Elle dépend essentiellement pour
l’homme de ses besoins et de ses motivations.
Quant aux femmes, elles sont peu concernées, mais une chute
plus diffuse, à évolution lente, peut éventuellement
apparaître, surtout après la ménopause. Pourquoi les hommes
vivent très mal cet événement, même si pour 90 % des cas, il
ne s’agit que d’un processus normal et naturel ?
Les
cheveux sont en effet l’expression de soi mais aussi du
paraître et de l’image que nous voulons donner. Cette perte
de cheveux est souvent reçue comme une atteinte à sa
personne. Toute une symbolique s’effondre. Dans l’histoire,
raser les hommes ou les femmes était une grande humiliation.
La femme, par contre, n’hésitera pas à consulter, à
médicaliser son problème de cheveux car la société et son
entourage n’acceptent pas cet état. Elle ne peut donc
l’accepter et surtout elle sait que pour les femmes, ce
n’est pas une fatalité.
Aussi, faire quelque chose contre ce qui apparaît comme une
injustice, qui altère la qualité de la vie est bénéfique.
Prendre en charge son problème, même à l’extrême, avec de la
poudre de « perlimpinpin » peut éliminer une dose
d’appréhension, de souffrance morale préjudiciable à la
bonne santé (du cheveu). C’est un effet placebo digne
d’intérêt.
Mais pour décider et se confier clairement à un tiers, de
nombreuses images, appréhensions inquiétantes existent pour
l’homme : le coiffeur qui est un véritable professionnel du
cheveu avec ses conseils en lotions capillaires
fortifiantes, anti-chute paraît peu efficace sur sa propre
chevelure qui se « dégarnit ». Serait-il « dépendant » de
différents laboratoires ou de grandes marques de cosmétiques
? Le professeur en dermatologie, « grand spécialiste » du
cheveu, trouve tout à fait normal, compte tenu de vos
antécédents familiaux que vous vous dirigiez droit vers la
calvitie. Vous vous retrouvez ainsi honteux d’avoir
médicalisé un phénomène qui, d’après cet éminent
spécialiste, est banal et naturel. Un homme sur deux à
cinquante ans a une calvitie importante.
Quant à la chirurgie, à la télévision, vous avez vu un homme
en cheveux de poupée peu esthétique qui, visiblement, a subi
des greffes chirurgicales (dites en pastilles), un véritable
« champ de poireaux ». Aussi, vous vous demandez si les
praticiens médicaux ont vraiment un sens esthétique ? Des
produits charlatans fleurissent dans le domaine de la perte
des cheveux, du poids et du développement de l’enfant. En
Egypte, de nombreuses assertions publicitaires constituent
une tromperie grossière du consommateur. En Europe, les
termes employés sont plus ambigus. Mais un règlement
européen entré en application ce premier juillet 2007
devrait, petit à petit, par l’obligation préalable de la
preuve, limiter les abus de certaines promesses dans tous
les pays membres de l’Union. En attendant, comment ne pas
tomber dans le piège d’une arnaque ?
Pourtant, quels que soient votre cas, vos désirs, vos
antécédents familiaux de calvitie, vos habitudes,
l’importance de l’image dans votre milieu professionnel, les
conseils que vous avez reçus ... une solution adaptée
existe. A l’extrême, pour quelques hommes, le crâne dégarni
est une « marque de famille ». Rien faire, c’est la solution
qui affirme son identité familiale. Dans le même état
d’esprit, la Confrérie Nationale des Chauves de France
fondée par un coiffeur, refuse tout traitement et demande à
ses adhérents la bonne humeur, un large sourire et
l’acceptation de soi. Mais, pour la majorité, la réalité est
mal acceptée.
« Les produits cosmétiques sont-ils une solution ? »
Les lotions, crèmes, gélules produites par les instituts
capillaires, les grandes marques planétaires de cosmétiques
ou les laboratoires pharmaceutiques répondent-ils au
problème de fond, à ce produit idéal ? Ou sommes-nous en
2007 au même niveau que les traitements cosmétiques pour
retrouver sa chevelure, de l’Ancienne Egypte (crème composée
de graisse de lion, d’hippopotame, de crocodile …),
d’Hippocrate, fondateur de la méthode d’observation
clinique, le « père de la médecine » (opium mélangé à l’eau
de rose avec un peu de vin et de l’huile d’olive) et des
Romains (graisse d’ours) ?
Le marketing et des campagnes publicitaires sont
actuellement plus sophistiqués et les explications semblent
avoir un caractère scientifique. Mais ces produits
cosmétiques ne répondent malheureusement en rien à notre
problème ... Ils rendent cependant des services sur
l’hygiène capillaire et peuvent répondre à des causes
ponctuelles comme l’hyper-séborrhée ou les pellicules. Ils
auraient un effet réparateur sur d’autres facteurs qui
favorisent aussi bien pour l’homme ou la femme la chute des
cheveux : la fatigue, la pollution atmosphérique (tabac …),
les effets secondaires de traitements médicaux
(anti-thyroïdiens, coagulants, épileptiques,
chimiothérapies), les infections qui s’accompagnent de
fièvres élevées. Si la cause, la pathologie, ou le
médicament est supprimé, la chute des cheveux est arrêtée et
les produits « anti-chute », pour renforcer « le capital
capillaire » apporteront leur soutien pour une reprise plus
rapide de la « repousse ».
Reste
les compléments alimentaires, vitamines, acides aminés,
oligoéléments qui ont une action stimulante sur la
croissance des cheveux en cas de … carences. Nous vivons en
Europe et en Egypte sans famines mais curieusement des
carences se développent dues essentiellement à « la
malbouffe » et surtout aux régimes. La manie des régimes est
dangereuse car elle déclenche un effet « yo-yo » qui aboutit
fatalement à l’inverse du résultat recherché. Et une étrange
logique apparaît dans le monde de l’information des
magazines le plus souvent féminin : d’un côté, des «
conseils–miracles » absurdes sur des régimes amaigrissants
créateurs de carences, et de l’autre côté, des publicités
informatives sur des gélules, concentrées de vitamines,
acides aminés, oligoéléments qui répareront les dégâts
provoqués sur votre chevelure par ces mêmes conseils. Même
si l’Egypte n’est que partiellement touchée par ce
mécanisme, les manquements évidents à la déontologie dans sa
publicité sont inquiétants pour la crédibilité même des
produits mis en avant et en particulier pour les produits
cosmétiques liés à la repousse du cheveu. Les intervenants
sur ce dernier sujet ont un poids économique planétaire. Par
exemple, en 2008, un accord entre les deux grandes
multinationales européennes Nestlé et L’Oréal va permettre
de vendre des gélules stimulant les fonctions de la peau et
du cheveu. Quels seront les arguments publicitaires au
Moyen-Orient de diffusion de ces nouveaux produits ? Si une
information payée laisse supposer que cela permettra la
repousse des cheveux perdus afin d’attaquer l’immense marché
masculin de la calvitie, qui osera contredire ces
multinationales ? La loi ne peut tout régler. Un minimum
d’éthique s’impose. Actuellement, les conditions de
diffusion des chaînes de télévision émises sur « Nile Sat »
mettant en avant la sécurité de la nation et tous termes
contraires aux traditions et aux religions, laissent une
totale liberté aux manipulations du consommateur égyptien.
Finalement, ces traitements cosmétiques constituent une aide
psychologique pour les personnes qui sont ennuyées par la
perte de leurs cheveux mais en même temps trouvent ridicule
de se plaindre de cet état. « Il y a plus important dans la
vie ! Le rôle fonctionnel du cheveu est négligeable ! ».
Mais dans leur subconscient, un petit coup de baguette
magique, l’effet placebo par exemple ne « serait pas de
refus ! ».
Cependant, la majorité des hommes restent catastrophés par
la perte de leurs cheveux et beaucoup refusent de se laisser
enfermer par la « déprime », la fatalité du crâne d’œuf, de
la boule de billard et de « la patinoire à mouches ». Il
leur faut une solution avec des résultats certains et non un
éventuel effet placebo.
Quels sont les véritables traitements préventifs et curatifs
qui ont des résultats ?
Des médicaments et des méthodes chirurgicales ont des
résultats prouvés mais limités. Ils répondent à la première
partie de notre médicament idéal. Quant à la deuxième
partie, la médecine prédicative et les progrès de la
génétique pour la correction de la calvitie à l’adolescence,
elle n’est encore qu’au niveau de la recherche.
Avant tout, nous devons savoir que nous sommes dans un tout
autre domaine que les traitements cosmétiques. Le médicament
n’est jamais neutre, comporte des contre-indications,
demande une autorisation de mise sur le marché. En France,
environ 10 % des entrées hospitalières sont dues à
l’absorption de médicaments. Et pourtant, la France est le
pays en Europe où l’automédication est la plus faible. Les
méthodes chirurgicales, même si le mot micro est souvent mis
en avant, sont avant tout un acte chirurgical qui
obligatoirement comporte des risques. La chirurgie en
corrigeant la calvitie ne se limite en fait qu’à gérer les
cheveux qui restent. Quant aux publicités ambiguës sur
d’éventuelles greffes de cheveux synthétiques, en réalité,
par la présence de ces corps étrangers, les cheveux
synthétiques entraînent rejets et infections.
Aussi, si le choix, obligatoirement sérieux de médicaments
et/ou de chirurgie, s’impose à votre esprit, cela exige
aussi, avant tout, avec votre intervenant, un climat de
confiance, une information claire.
Votre éventuel consentement devant être vraiment « éclairé »
par une information claire et loyale. Une aide à la décision
intéressante peut être la prise de photos numériques de
votre tête. Avec l’aide d’un logiciel informatique de
prévisualisation, l’image de votre tête se transforme selon
les résultats virtuels d’une correction de la calvitie par
différentes techniques (mono greffe, réduction, lambeaux …).
Prenez votre temps ! Le praticien doit comprendre vos
motivations, votre désir de changement rapide ou non, vos
habitudes …Vous devez comprendre le choix et la stratégie du
praticien. Comment va-t-il s’y prendre ? Quelle difficulté
peut-il rencontrer ? Vous devez comparer, si possible par
l’image, des choix différents. Le traitement médical et
chirurgical peut aussi être combiné. Par exemple, le
Minoxidil pour quelques mois afin de « stimuler » la pousse
des bulbes capillaires greffés tout en continuant de façon
continue et sous surveillance médicale la Finastéride.
Faites parler les praticiens ! Que pensent-ils des lasers
chirurgicaux pour préparer la zone receveuse pour les futurs
greffons ? Et les « robots » qui permettent de prélever le
bulbe dans la surface donneuse pour le réimplanter
automatiquement au niveau de la zone dégarnie ? L’intérêt de
ce matériel peut être discuté, mais dans tous les cas, les
méthodes traumatisantes de l’ancien temps avec, par exemple
sept cheveux au moins par greffon (actuellement, un à deux
cheveux selon la technique de la micro greffe) qui donnaient
un aspect « cheveux de poupées », sont à rejeter. Refusez
les entretiens standard partagés avec une secrétaire
médicale où le praticien est éternellement « débordé » !
Vous devez « sentir » votre interlocuteur, vous lui confiez
votre tête.
Le résultat doit évidemment apporter une correction
esthétique mais aussi contribuer à votre épanouissement en
levant les inhibitions et les éventuels complexes générés
par la perte des cheveux. Quant au prix obligatoirement
inscrit sur un devis précis, il sera nettement moins élevé
que votre prochaine voiture. Quant à contrôler le nombre de
greffons viables extraits et bien réimplantés par rapport au
nombre de greffons facturés, une certaine confiance
s’impose. Dans certains pays, une vidéocassette de
l’intervention est proposée et permet ainsi un éventuel
contrôle fastidieux, à la limite du ridicule, si aucun
élément ne justifie ce doute dans le travail effectué.
Les progrès de la chirurgie ces dernières années ont procuré
à de nombreux patients « catastrophés » une satisfaction
certaine même si la chevelure de leurs 20 ans reste un rêve.
Des solutions d’avenir, comme le clonage du cheveu, pourront
encore améliorer les méthodes et résultats.
Vous perdez vos cheveux ? Soyez rassuré, il n’y a pas de «
chauve qui peut » ou une seule solution, ces lignes le
démontrent.
Différentes démarches personnelles ont ainsi été exposées
pour une prise en charge selon votre profil psychologique.
La solution adaptée à vos besoins et à vos motivations est
maintenant plus proche ! .
Luc Chastaing
Directeur de Caisse Maladie