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 Semaine du 29 août au 4 septembre 2007, numéro 677

 

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Beauté. Egyptian Beauty Academy. C’est le nom d’un institut unique en son genre au Proche-Orient, dont l’objectif est de former des esthéticiens prêts pour le marché de l’emploi. Visite guidée.

Tout n’est pas dans l’esthétique

Pour ceux qui s’y rendent à pied ou roulent doucement à cause du trafic important de la rue Al-Khalifa Al-Maamoun, à Héliopolis, l’endroit peut passer inaperçu. C’est au 1er étage d’un grand immeuble que se trouve l’Académie égyptienne de beauté. Nouveau concept : l’endroit unique en son genre au Proche-Orient est agréé par la Confédération arabo-africaine des arts de la coiffure, dont le siège technique se trouve à Paris.

Sous le même toit, on a rassemblé plusieurs spécialités dans le domaine de la beauté, et intéressant aussi bien les femmes que les hommes. « Je suis ravie de suivre des cours dans cette académie. L’important pour moi est d’obtenir un certificat qui puisse m’ouvrir les portes pour exercer un métier », confie la jeune diplômée de la faculté des lettres qui suit des cours d’esthétique depuis six mois. Noha, au chômage depuis quatre ans, souhaite trouver un boulot à même de suffire à ses besoins et ceux de sa famille. Un jour, en lisant le journal Al-Wassit, elle tombe sur une annonce publiée par l’académie. Elle décide alors de prendre contact avec cette institution et opte pour une spécialité qui, espère-t-elle, pourra lui faire gagner beaucoup d’argent. Sans attendre, elle téléphone à l’académie pour obtenir plus de détails mais aucune information ne lui sera fournie sur les horaires, les prix et la durée des études. « Vous devriez d’abord visiter les locaux », lui a-t-on répondu.

Inaugurée en 1988, cette académie s’est lancé le défi de pouvoir trouver un emploi pour chaque étudiant. « Autrefois, les jeunes, surtout les diplômés, se sentaient discrédités en exerçant des boulots qui ne correspondaient pas à la branche qu’ils ont choisie. Et comme le taux de chômage ne cesse d’augmenter dans les quatre coins du monde, ils préfèrent opter pour un métier rentable, à condition d’en apprendre les rudiments », explique monsieur Sami Aziz, vice-président de la Confédération arabo-africaine des arts de la coiffure. Installé sur son fauteuil, Aziz poursuit que les programmes de l’académie sont empruntés à ceux de la Confédération, dont le siège syndical se trouve en Italie. Ces programmes englobent tout ce qui concerne les soins de beauté et du corps. « Partout, la durée des études est de trois ans car l’on doit étudier l’anatomie, la capilliculture, les types de peau, etc. Mais chez nous, cette période a été réduite à trois mois pour les débutants et un an pour les professionnels », commente Sami Aziz.

Dans les locaux de l’académie et avant de remplir la fiche de renseignement ou commencer les cours, c’est Mme Marie, l’épouse de Sami Aziz, qui vous reçoit et vous guide dans chaque décision, en passant par toutes les étapes : coiffure, esthétique, manucure, pédicure, massage, cours de mode sur le voile …

Aussi bien les garçons que les filles, tous ont le droit de choisir n’importe quelle branche mais Mme Marie essaie de les orienter suivant leurs aptitudes et tempérament. « Ici, on peut étudier tout ce qui concerne la beauté. Personnellement, je veux faire des études d’esthétique pour apprendre comment faire un nettoyage de peau, un bon maquillage et choisir les couleurs de fards qui s’adaptent à chaque teint et type de visage. C’est Mme Marie qui m’a orientée vers cette spécialité », confie Riham, diplômée de la faculté de droit. De grands yeux verts, de longs cheveux châtains tombant sur ses épaules, Riham, très coquette, a toujours rêvé de faire des études d’esthétique. Avant d’entrer dans l’académie, elle avait l’habitude de maquiller ses cousines et même ses voisines, surtout dans les grandes occasions. « Aujourd’hui, j’ai acquis les notions de base et je suis satisfaite », ajoute-t-elle.

« Je passe quelques heures à leur enseigner les rudiments du métier et un temps supplémentaire pour corriger une fausse touche de crayon noir ou de mascara à l’aide d’un coton-tige imbibé de lait démaquillant. C’est une opération qui peut durer entre 5 et 7 minutes », note Mme Marie. Riham, très attentive, essaie au maximum de profiter de ces cours car elle compte ouvrir un salon de beauté. Et pour pouvoir réaliser ce rêve, elle a fini par encourager sa sœur à s’inscrire à l’académie mais dans une autre branche. Aujourd’hui, sa sœur suit des cours de pédicure et manucure .

En fait, il existe plusieurs membres d’une même famille qui suivent des cours dans cette même académie. Le cas d’une jeune fille qui étudie l’esthétique, le père étudie la coiffure et la maman suit des cours de massage. C’est le Dr Sanaa, titulaire d’un doctorat dans le domaine, qui est toujours là pour enseigner la matière aux élèves. Cours sur les différents types de bains de vapeur: pharaonique, à la maghrébine ou à la suédoise. Le Dr Sanaa ne se contente pas d’enseigner aux étudiantes des cours théoriques, mais aussi des cours pratiques pour leur donner plus de confiance en elles. A tour de rôle, chacune doit faire un bon massage avec des huiles parfumées. Enfin, le bain touche à sa fin. « La fiancée ou la mariée sort d’ici toute prête à rencontrer son prince charmant », se réjouit-elle.

Internationalisation de l’institut

Dans les locaux de l’académie, on ne trouve pas seulement des Egyptiennes qui étudient l’esthétique, mais aussi des femmes arabes, de toutes les nationalités. Exactement comme Maha Samir, une Soudanaise, surnommée « Bibi », qui possède aujourd’hui le plus grand salon de coiffure au Soudan portant son sobriquet. Cette dernière a suivi des études à l’académie il y a dix ans déjà. « Grâce aux cours qu’elle a suivis, elle s’est fait un nom au Soudan. Bibi présente chaque semaine une émission télévisée dont le titre est Sayedati (la femme). Une colonne lui est aussi réservée, deux fois par semaine, dans un magasine soudanais Fatati (ma fille) où elle fournit des recettes à des femmes de différents âges », rapporte sa sœur Mona qui a commencé ses études à l’académie depuis deux mois pour aider Bibi. Ce genre de femmes arabes n’hésitent pas à rendre visite à l’académie et assister aux cours, très utiles pour elles. Gihane, une coquette Tunisienne tirée à quatre épingles, a fait des kilomètres pour venir s’y inscrire car elle a l’intention d’ouvrir un salon de beauté en Tunisie. Après avoir terminé ses études en esthétique, elle apprend aujourd’hui la coiffure. Gihane considère avoir acquis les connaissances nécessaires pour faire une coupe, une mise en plis ou un beau chignon. « J’ai appris que pour faire une coupe, on peut utiliser de nombreuses paires de ciseaux professionnels dont chacune a un usage différent », précise-t-elle.

Dans une pièce qui se trouve au bout d’un long couloir et réservé uniquement pour la coiffure, on remarque que le sexe masculin est en plus grand nombre.

« Une ou deux femmes seulement pour sept hommes », confie monsieur Sami Aziz. Dans cette pièce, les apprentis travaillent avec ardeur, chacun devant un modèle. Leçon : avec un rasoir électrique, ils doivent tailler une coupe en quelques minutes et faire les dernières touches avec des ciseaux précis qui ne font pas de bruit. « C’est la machine qui accomplit le plus gros boulot, ensuite vient le rôle du coiffeur pour apporter la touche qui exprime le goût du client », explique Ahmad Saad, qui est aujourd’hui coiffeur au Mövenpick d’Héliopolis. Il fut stagiaire à l’académie durant sept ans.

Grâce à l’Egyptian Beauty Academy, le futur coiffeur doit avoir l’éthique d’un amateur passionné. « Et si le coiffeur acquiert l’expérience nécessaire, on ne verra jamais de têtes mal foutues comme on en rencontre souvent », ajoute Barakat, un autre étudiant.

Cette profession, devenue un violon d’Ingres pour certains, commence à attirer les jeunes de toutes les classes sociales, ces derniers étant inspirés par ce qu’ils voient à la télévision. C’est leur unique inspiration, et leurs modèles sont les stars du cinéma ou de la chanson, qui sans le savoir, font naître des vocations ... .

Manar Attiya

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