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Jeunesse.
Des histoires et contes à vertus pédagogiques, aux ouvrages
plutôt scientifiques, cette littérature a connu un réel
essor. Sélection.
Lorsque lire rime avec plaisir
Fiction
Enfluenza ya Fayza (Attention Fayza ... la grippe), Lina
Al-Kilany.Dessins Hégazi. Al-Dar Al-Misriya Al-Libnaniya,
2007.
Cet
ouvrage est un mariage entre le monde imaginaire des oiseaux
et la vie réelle avec ses grandes crises, telle la grippe
aviaire ; la liaison entre ces deux mondes est Fayza. Une
petite d’à peu près dix ans, fille du vétérinaire du zoo du
Caire, qui adore les animaux et les oiseaux qu’elle voit
tomber l’un après l’autre, victimes de la maladie. Choquée
par la mort de ses canards préférés, elle décide de prévenir
tous les habitants de son quartier pour éviter la
propagation de la maladie.
Des images impressionnantes qui mêlent caricatures et
dessins d’enfants : il faut saluer ici l’effort du
caricaturiste Hégazi Helba. Sans dépeindre la réalité dans
ses détails crus, Hégazi donne cependant une image claire de
la maladie en nous ramenant à l’innocence des dessins
simples mais expressifs. L’utilisation des couleurs, très
vives, y est une source de joie. Lina Al-Kilany, quant à
elle, adresse son livre à des enfants entre 9 et 15 ans et
les expose aux crises sanitaires qui affectent leur
environnement, dans un langage pédagogique. Le livre a reçu
le Prix Suzanne Moubarak pour la littérature pour enfants en
2006 .
Dina Abdel-Hakim
Al-Anza taled baqara (la chèvre enfante une vache), Magdi
Naguib. Dessins Hégazi. Al-Dar Al-Arabiya lil Kitab, 2007.
La sortie de ce livre est un événement culturel pour les
enfants comme pour les adultes. Pour cause : le retour du
dessinateur Ahmad Hégazi sur la scène. Ce pionnier de
l’illustration qui s’est retiré depuis des années dans sa
ville natale Tanta avait nourri l’imaginaire de nombreuses
jeunes générations depuis les années soixante par ses
dessins simples relevant du fantastique, aux couleurs
expressives, mais dont la profondeur ne peut que s’emparer
du cœur du jeune lecteur.
Dans ce conte adressé à l’enfant entre 9 et 15 ans, le poète
Magdi Naguib écrit un texte attrayant sur la justice dans le
règne. Ayant recours aux animaux, le lion Aboul-Chawareb,
roi de la jungle au pouvoir absolu, vole la vache de Dabdoub
et insiste sur le fait que les rois ne mentent jamais et ne
peuvent jamais commettre de vol ! En défendant sa cause,
comme tout roi despote, il affirme que sa chèvre a accouché
d’une vache et qu’il ne l’a pas volée. Ce livre a reçu le
Prix Suzanne Moubarak pour la littérature pour enfants .
Dina
Kabil
Alam
Semsem (Sesame Street), Waël Hamdi.
Dar Al-Chourouq, 2007.
Huit
titres sont déjà sortis cette année de la série pour enfants
Alam Semsem. Il s’agit de profiter du succès exemplaire de
la série de télévision américaine Sesame Street : 4 140
épisodes produits durant 38 saisons, la plus longue série
américaine de l’histoire. Et en faire de nouvelles
publications qui conviennent à l’enfant arabe, les mêmes
caractères sont en chair et en os au fil des pages dans
l’intimité de l’enfant. Mais les Muppets ne s’appellent plus
Gorver, Bert ou Zoe, mais Khaukha, Felfel et Nemnem.
Mis à part les livrets d’activités, de coloriage et
d’aptitude (Joue avec Khaukha, Colorie avec Khaukha) conçus
par l’atelier non lucratif de Sesame Street, mêlant
éducation et jeu, les livres de fiction s’adressent à
l’enfant à partir de 8 ans en l’initiant à se poser des
questions, et à s’ouvrir sur des réponses non tranchantes,
qu’on croyait auparavant le dépasser. Or, tout est inculqué
depuis le tout jeune âge comme la conscience de
l’environnement lorsque Nemnem se rend compte que Les
poissons quittent le fleuve, dans le livre portant ce même
titre (Al-Asmak tatrok al-nahr) dans lequel Nemnem témoigne
de toutes les violations commises contre le fleuve et passe
à l’acte en envoyant des lettres explicatives à toutes les
personnes concernées. Tandis que Khaukha, dans (Dounia
al-atfal agmal, ou l’univers des enfants est plus beau),
réussit à convaincre son ami Khaled des bienfaits de
l’enfance et du monde du jeu : « Nous sommes à présent
enfants et nous grandirons, mais les personnes adultes ne
pourront jamais revenir enfants, n’est-il pas excellent ? »
.
D. K.
Piano, Piano, Davide Cali. Dessins Eric Héliot.
Traduction d’Amal Ragheb, Dar Elias, 2006.
Prix
Mots et musique 2006 à la Foire internationale de Bologne,
cet ouvrage est une illustration amusante de ce qui se passe
lorsque les parents veulent à tout prix imposer à leurs
enfants l’apprentissage d’un instrument donné, voire, pire,
lorsqu’ils veulent, à travers leurs enfants, compenser leurs
propres échecs. Chadi (Marcolino dans le texte original en
français) est un petit garçon qui « tous les jours à trois
heures piles » s’installe sur son piano pour y faire ses
exercices. Tous les jours, invariablement, « à trois heures
et treize minutes », il abandonne le piano pour regarder la
télévision. Il se fait alors réprimander par sa mère qui
l’oblige à recommencer ses gammes. Jusqu’au jour où il
découvre, grâce à son grand-père, que sa mère elle-même,
petite, détestait ... les leçons de piano. Le grand-père
emmène alors Chadi dans un magasin de musique, où il le
laisse choisir l’instrument de son choix. Le récit se clôt
sur la nouvelle passion du garçon pour sa trompette, ainsi
que sur une invitation au jeune lecteur de choisir son
propre instrument. Les dessins d’Eric Héliot, avec ses
lignes distordues et ses formes cocasses, amplifient les
états d’âme des différents protagonistes, sans en gommer les
nuances : l’exaspération de Chadi, la disconvenue de la
mère, l’attitude sage du grand-père, par ailleurs «
excellent cuisinier ». Par son humour, sa spontanéité, en
reconnaissant le droit du jeune lecteur à préférer un
instrument à un autre, cet ouvrage constitue en fait une
invitation originale et attrayante à aimer la musique.
Et à en jouer .
Dina
Heshmat
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Savoir
Al-Faylassouf al-saghir (La collection Philozenfants, éd.
Nathan), Oscar Brenifier. Traduction de Dar Al-Chourouq,
2007.
La vie,
c’est quoi ? Savoir, c’est quoi ? Des questions
fondamentales que se pose sans cesse l’être humain. Si les
philosophes ont tenté tout au long de l’Histoire d’y
répondre sans cependant réussir à trouver de réponses
définitives, comment peut-on imaginer expliquer de tels
concepts aux enfants ? En fait, l’une des tentatives fut
celle à visée philosophique des éditions Nathan : la
collection Philozenfants, dont deux ouvrages furent traduits
par Dar Al-Chourouq, Vivre ensemble, c’est quoi ? et Savoir,
c’est quoi ?
Leur
auteur, Oscar Brenifier, propose une approche simple des
interrogations que posent innocemment les enfants de 7 ans
sans pour autant être conscients que celles-ci touchent à
l’essence même de l’existence. Il s’agit dans chaque livre
de six questions inscrites chacune dans une bulle au début
de l’ouvrage, et dont l’ensemble des idées étalées au fil du
livre forment les réponses à la notion essentielle. Ainsi,
dans Vivre ensemble ?, à des interrogations comme « Aimes-tu
vivre seul ? Es-tu toujours contraint à respecter les autres ? … »,
on développe des réflexions sur « la solitude, le respect, …
», des éléments se rapportant à la question principale, le
thème du livre.
Dans
Savoir, c’est quoi ?, « Comment sais-tu que l’univers existe
? Penser, est-ce important ? », sont en relation avec « le
savoir, réfléchir … ». Prenant la forme de dialogue pour
inviter les enfants à interagir, chaque réponse est
introduite par « oui, parce que » ou « non, parce que »
suivies toutes par un « mais » frayant ainsi la voie à
d’autres questions, « et ce étant donné que la pensée est un
chemin sans fin … », comme on le lit dans l’introduction.
Les
subtiles variations de couleurs des illustrations rehaussent
l’éclat des idées. Donc, une harmonie préétablie entre le
mot et le dessin qui vient bercer non seulement l’esprit,
mais aussi le champ visuel de l’enfant. Des ouvrages
précieux qui savent comment articuler dans un langage proche
de l’enfant, la thèse et son argumentation. Une excellente
façon pour la formation, qui sait, de « futurs philosophes »
.
Dira
Maurice
Dawret
hayat al-dofdaa (le cycle de vie de la grenouille), Claire
Llewellyn. Dessins Simon Mendez. Traduction de Hassan
Abou-Bakr, Dar Elias 2006.
De l’œuf
au têtard, puis à la grenouille, ce livre expose en détail
le parcours de vie de cet animal. L’originalité de cet
ouvrage tient d’abord à sa disposition en escalier, chaque
page numérotée correspondant à une étape dans la vie de la
grenouille. Très précis et proches de la réalité, les
dessins sont faits pour donner aux enfants l’image la plus
précise possible des espèces décrites. La même équipe a
également réalisé, entre autres, un ouvrage sur le cycle de
vie des papillons, des œufs en passant par la chenille
jusqu’au papillon adulte. Au programme également, les
grenouilles, les papillons, les coccinelles, les canards,
les crocodiles, mais aussi les arbres. Un index en fin
d’ouvrage permet de résumer les termes scientifiques
utilisés. Une série sérieuse et utile, avec une mine
d’informations pour les jeunes, et les moins jeunes aussi !
.
D. H.
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