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 Semaine du 29 août au 4 septembre 2007, numéro 677

 

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Livres

Jeunesse. Des histoires et contes à vertus pédagogiques, aux ouvrages plutôt scientifiques, cette littérature a connu un réel essor. Sélection.

Lorsque lire rime avec plaisir

 

Fiction 

Enfluenza ya Fayza (Attention Fayza ... la grippe), Lina Al-Kilany.Dessins Hégazi. Al-Dar Al-Misriya Al-Libnaniya, 2007.

Cet ouvrage est un mariage entre le monde imaginaire des oiseaux et la vie réelle avec ses grandes crises, telle la grippe aviaire ; la liaison entre ces deux mondes est Fayza. Une petite d’à peu près dix ans, fille du vétérinaire du zoo du Caire, qui adore les animaux et les oiseaux qu’elle voit tomber l’un après l’autre, victimes de la maladie. Choquée par la mort de ses canards préférés, elle décide de prévenir tous les habitants de son quartier pour éviter la propagation de la maladie.

Des images impressionnantes qui mêlent caricatures et dessins d’enfants : il faut saluer ici l’effort du caricaturiste Hégazi Helba. Sans dépeindre la réalité dans ses détails crus, Hégazi donne cependant une image claire de la maladie en nous ramenant à l’innocence des dessins simples mais expressifs. L’utilisation des couleurs, très vives, y est une source de joie. Lina Al-Kilany, quant à elle, adresse son livre à des enfants entre 9 et 15 ans et les expose aux crises sanitaires qui affectent leur environnement, dans un langage pédagogique. Le livre a reçu le Prix Suzanne Moubarak pour la littérature pour enfants en 2006 .

Dina Abdel-Hakim

 

Al-Anza taled baqara (la chèvre enfante une vache), Magdi Naguib. Dessins Hégazi. Al-Dar Al-Arabiya lil Kitab, 2007.

 La sortie de ce livre est un événement culturel pour les enfants comme pour les adultes. Pour cause : le retour du dessinateur Ahmad Hégazi sur la scène. Ce pionnier de l’illustration qui s’est retiré depuis des années dans sa ville natale Tanta avait nourri l’imaginaire de nombreuses jeunes générations depuis les années soixante par ses dessins simples relevant du fantastique, aux couleurs expressives, mais dont la profondeur ne peut que s’emparer du cœur du jeune lecteur.

Dans ce conte adressé à l’enfant entre 9 et 15 ans, le poète Magdi Naguib écrit un texte attrayant sur la justice dans le règne. Ayant recours aux animaux, le lion Aboul-Chawareb, roi de la jungle au pouvoir absolu, vole la vache de Dabdoub et insiste sur le fait que les rois ne mentent jamais et ne peuvent jamais commettre de vol ! En défendant sa cause, comme tout roi despote, il affirme que sa chèvre a accouché d’une vache et qu’il ne l’a pas volée. Ce livre a reçu le Prix Suzanne Moubarak pour la littérature pour enfants .

Dina Kabil

 

Alam Semsem (Sesame Street), Waël Hamdi. Dar Al-Chourouq, 2007.

Huit titres sont déjà sortis cette année de la série pour enfants Alam Semsem. Il s’agit de profiter du succès exemplaire de la série de télévision américaine Sesame Street : 4 140 épisodes produits durant 38 saisons, la plus longue série américaine de l’histoire. Et en faire de nouvelles publications qui conviennent à l’enfant arabe, les mêmes caractères sont en chair et en os au fil des pages dans l’intimité de l’enfant. Mais les Muppets ne s’appellent plus Gorver, Bert ou Zoe, mais Khaukha, Felfel et Nemnem.

Mis à part les livrets d’activités, de coloriage et d’aptitude (Joue avec Khaukha, Colorie avec Khaukha) conçus par l’atelier non lucratif de Sesame Street, mêlant éducation et jeu, les livres de fiction s’adressent à l’enfant à partir de 8 ans en l’initiant à se poser des questions, et à s’ouvrir sur des réponses non tranchantes, qu’on croyait auparavant le dépasser. Or, tout est inculqué depuis le tout jeune âge comme la conscience de l’environnement lorsque Nemnem se rend compte que Les poissons quittent le fleuve, dans le livre portant ce même titre (Al-Asmak tatrok al-nahr) dans lequel Nemnem témoigne de toutes les violations commises contre le fleuve et passe à l’acte en envoyant des lettres explicatives à toutes les personnes concernées. Tandis que Khaukha, dans (Dounia al-atfal agmal, ou l’univers des enfants est plus beau), réussit à convaincre son ami Khaled des bienfaits de l’enfance et du monde du jeu : « Nous sommes à présent enfants et nous grandirons, mais les personnes adultes ne pourront jamais revenir enfants, n’est-il pas excellent ? » .

D. K.

 

Piano, Piano, Davide Cali. Dessins Eric Héliot.
Traduction d’Amal Ragheb, Dar Elias, 2006.

Prix Mots et musique 2006 à la Foire internationale de Bologne, cet ouvrage est une illustration amusante de ce qui se passe lorsque les parents veulent à tout prix imposer à leurs enfants l’apprentissage d’un instrument donné, voire, pire, lorsqu’ils veulent, à travers leurs enfants, compenser leurs propres échecs. Chadi (Marcolino dans le texte original en français) est un petit garçon qui « tous les jours à trois heures piles » s’installe sur son piano pour y faire ses exercices. Tous les jours, invariablement, « à trois heures et treize minutes », il abandonne le piano pour regarder la télévision. Il se fait alors réprimander par sa mère qui l’oblige à recommencer ses gammes. Jusqu’au jour où il découvre, grâce à son grand-père, que sa mère elle-même, petite, détestait ... les leçons de piano. Le grand-père emmène alors Chadi dans un magasin de musique, où il le laisse choisir l’instrument de son choix. Le récit se clôt sur la nouvelle passion du garçon pour sa trompette, ainsi que sur une invitation au jeune lecteur de choisir son propre instrument. Les dessins d’Eric Héliot, avec ses lignes distordues et ses formes cocasses, amplifient les états d’âme des différents protagonistes, sans en gommer les nuances : l’exaspération de Chadi, la disconvenue de la mère, l’attitude sage du grand-père, par ailleurs « excellent cuisinier ». Par son humour, sa spontanéité, en reconnaissant le droit du jeune lecteur à préférer un instrument à un autre, cet ouvrage constitue en fait une invitation originale et attrayante à aimer la musique. Et à en jouer .

Dina Heshmat

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Savoir

Al-Faylassouf al-saghir (La collection Philozenfants, éd. Nathan), Oscar Brenifier. Traduction de Dar Al-Chourouq, 2007.

La vie, c’est quoi ? Savoir, c’est quoi ? Des questions fondamentales que se pose sans cesse l’être humain. Si les philosophes ont tenté tout au long de l’Histoire d’y répondre sans cependant réussir à trouver de réponses définitives, comment peut-on imaginer expliquer de tels concepts aux enfants ? En fait, l’une des tentatives fut celle à visée philosophique des éditions Nathan : la collection Philozenfants, dont deux ouvrages furent traduits par Dar Al-Chourouq, Vivre ensemble, c’est quoi ? et Savoir, c’est quoi ?

Leur auteur, Oscar Brenifier, propose une approche simple des interrogations que posent innocemment les enfants de 7 ans sans pour autant être conscients que celles-ci touchent à l’essence même de l’existence. Il s’agit dans chaque livre de six questions inscrites chacune dans une bulle au début de l’ouvrage, et dont l’ensemble des idées étalées au fil du livre forment les réponses à la notion essentielle. Ainsi, dans Vivre ensemble ?, à des interrogations comme « Aimes-tu vivre seul ? Es-tu toujours contraint à respecter les autres ? … », on développe des réflexions sur « la solitude, le respect, … », des éléments se rapportant à la question principale, le thème du livre.

Dans Savoir, c’est quoi ?, « Comment sais-tu que l’univers existe ? Penser, est-ce important ? », sont en relation avec « le savoir, réfléchir … ». Prenant la forme de dialogue pour inviter les enfants à interagir, chaque réponse est introduite par « oui, parce que » ou « non, parce que » suivies toutes par un « mais » frayant ainsi la voie à d’autres questions, « et ce étant donné que la pensée est un chemin sans fin … », comme on le lit dans l’introduction.

Les subtiles variations de couleurs des illustrations rehaussent l’éclat des idées. Donc, une harmonie préétablie entre le mot et le dessin qui vient bercer non seulement l’esprit, mais aussi le champ visuel de l’enfant. Des ouvrages précieux qui savent comment articuler dans un langage proche de l’enfant, la thèse et son argumentation. Une excellente façon pour la formation, qui sait, de « futurs philosophes » .

Dira Maurice

 

Dawret hayat al-dofdaa (le cycle de vie de la grenouille), Claire Llewellyn. Dessins Simon Mendez. Traduction de Hassan Abou-Bakr, Dar Elias 2006.

De l’œuf au têtard, puis à la grenouille, ce livre expose en détail le parcours de vie de cet animal. L’originalité de cet ouvrage tient d’abord à sa disposition en escalier, chaque page numérotée correspondant à une étape dans la vie de la grenouille. Très précis et proches de la réalité, les dessins sont faits pour donner aux enfants l’image la plus précise possible des espèces décrites. La même équipe a également réalisé, entre autres, un ouvrage sur le cycle de vie des papillons, des œufs en passant par la chenille jusqu’au papillon adulte. Au programme également, les grenouilles, les papillons, les coccinelles, les canards, les crocodiles, mais aussi les arbres. Un index en fin d’ouvrage permet de résumer les termes scientifiques utilisés. Une série sérieuse et utile, avec une mine d’informations pour les jeunes, et les moins jeunes aussi ! .

D. H.

 




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