Réserve Naturelle . C’est le cas
du village d’Oum Al-Saghir, dans une oasis du Désert occidental. Ses habitants,
tout en appréciant leur cadre de vie saine, souhaitent un peu plus de progrès. Reportage.
Un cadre idylique, mais ...
Une
beauté naturelle rare, une propreté incomparable, la douceur du climat sain et
sec et un écosystème diversifié ont fait de l’oasis d’Al-Gara un site digne de
conservation.
Cet
endroit est connu pour ses oliviers, ses vignobles, ses palmiers. On y cultive
également des abricots, la luzerne, de même la mouloukhiya outre les plantes
aromatiques comme la menthe et autres …
«
Toutes ces cultures sont biologiques », précise Ahmad Ibrahim, président du
Conseil de la ville de Siwa. Un état des lieux qui semble magnifique mais qui
gêne plus ou moins les habitants d’Oum Al-Saghir, un petit village qui dépend
de l’oasis de Siwa, lequel relève à son tour du gouvernorat de Matrouh. Avec
ses 30 km2, il est considéré comme le plus petit d’Egypte et ses habitants ne
dépassent pas les 425 individus.
Le
dilemme est donc le suivant : comment préserver l’écosystème tout en respectant
les droits des habitants à se développer ? « Les villageois mènent une vie très
primitive, ils vivent comme du temps des pharaons. Jusqu’à présent, les
agriculteurs de l’oasis ne possèdent aucun tracteur ou équipement moderne »,
dit Helmi Charara, vice-secrétaire général du gouvernorat de Matrouh qui trouve
que la situation est ainsi idéale. D’ailleurs, les terrains sont cultivés sans
usage d’insecticides ni d’engrais chimiques. Les bédouins de la région ne
savent cependant pas que ce système est ami de l’environnement.
« Nous
suivons le système d’agriculture traditionnelle de nos ancêtres, qu’on nomme
biologique aujourd’hui », lance Zeinhom, bédouin de 60 ans. Il ajoute que si
n’importe quelle plante est malade, il la soigne à l’aide de la lutte
biologique avec l’aide du Centre national des recherches agricoles. C’est la
raison pour laquelle les fruits et les légumes cultivés à Al-Gara ont un goût
tout à fait différent. « Aucune goutte d’eau ne tombe des pastèques en les
mangeant », témoigne un investisseur qui vient d’acheter 500 feddans il y a six
mois à 50 L.E. le feddan, et ce pour cultiver des terrains bio. Il ajoute : «
Tous les genres de légumes et de fruits ne provoquent aucun mal de ventre,
d’aérogastrie ou d’aérocolie ». Depuis six mois, deux investisseurs commencent
à cultiver des dattiers et des oliviers au sein de l’oasis d’Al-Gara. Les
citoyens souffrent cependant de l’exploitation des commerçants qui achètent les
dattes à une L.E. le kg pour les revendre à 10 ou 15 L.E.
Autre
difficulté, les habitants d’Al-Gara dépendent des eaux artésiennes pour boire
et pour irriguer les cultures. A Aïn Al-Qattara, il existe trois sources d’où
l’eau sort 24h sur 24. Il existe aussi un puits d’une profondeur de 1 200
mètres qui produit une grande quantité d’eau douce dont la pression s’élève à
15 bars, cette eau sort chaude à une température de 73°. « Pour qu’elle soit
bien utilisée en matière d’irrigation, le ministère des Ressources hydrauliques
a installé des équipements de refroidissement », ajoute Helmi Charara. On
témoigne aussi de l’existence d’un troisième puits qui s’appelle Aïn Kiffar
dont l’eau est douce et bénéfique pour l’agriculture.
Autre
avantage de l’oasis d’Al-Gara, celui de ses habitations construites selon le
système traditionnel, à savoir : les grosses pierres mélangées avec de la boue
saline.
« Ce
genre de construction rend la température clémente pendant la chaleur de l’été
et le froid de l’hiver moins rigoureux. De quoi conjurer les risques de la
climatisation. D’ailleurs, celle-ci est quasiment inexistante car le courant
électrique ne dure que 12h par jour, à partir de 6h du matin jusqu’à 18h »,
ajoute l’un des bédouins.
Au
sein de l’oasis, la pollution de l’air est quasi inexistante : pas de voitures,
de camions ou de 4X4. Et un peu partout, on trouve une charrette en bois tirée
par un âne, le seul moyen de transport d’Al-Gara. Les industries lourdes les
plus proches du site sont situées à une distance de 200 km.
Les
habitants de cet endroit, unique en son genre en Egypte, souffrent cependant
car ils se sentent loin de toute sorte d’évolution et de modernisme. Ils ont
commencé, l’année précédente, à s’adresser aux responsables pour leur demander
quelques soutiens. A la suite d’une visite qu’il a faite, le mois dernier, le
gouverneur de Matrouh a promis de leur offrir un tracteur, comme point de
départ.
Une
sensibilisation intensive est nécessaire pour développer ces sites vierges de
façon à aider les habitants à mener une vie naturelle et en même temps à
garantir la durabilité des ressources. Une équation assez difficile mais qui
est toujours possible .
Manar Attiya
En bref
Jeux olympiques
Plus d’un million de voitures se sont vu interdire les rues de Pékin dans le cadre d’une expérience de circulation alternée qui devrait être renouvelée, si concluante, pendant les Jeux Olympiques (JO) de l’été prochain. L’expérience dure quatre jours et vise à améliorer la qualité de l’air de la capitale, généralement plombé par la pollution, grave sujet de préoccupation pour le monde sportif. Afin de faire observer la circulation alternée, sur des voies où discipline et respect du code de la route ne sont pas forcément maîtres, plus de 6 500 policiers ont été mobilisés, selon les autorités. La municipalité compte 2,4 millions de voitures privées qui seront autorisées un jour sur deux à rouler, en fonction du dernier chiffre — pair ou impair — de leur plaque d’immatriculation. Toute une flotte de voitures officielles ont également été retirées des rues. Seuls les taxis, bus publics et véhicules d’urgence ne sont pas concernés. Au total, les autorités estiment que 1,3 million de véhicules devraient chaque jour rester au garage. Les conducteurs en infraction devraient se voir infliger des amendes de 100 yuans (13 dollars). Le chef adjoint de la Commission des transports de Pékin s’est dit persuadé que cette expérience réduirait de 40 % la pollution due aux voitures. Le président du CIO, Jacques Rogge, a rappelé la semaine dernière que la pollution à Pékin demeurait le principal sujet d’inquiétude, envisageant même que les épreuves d’endurance puissent être reportées en cas de pic de pollution.
Fonte des glaces
Conséquence de la fonte des glaces de l’Arctique, des îles jusque-là inconnues sont apparues à la surface de l’océan, laissant entendre que le rythme du réchauffement climatique serait plus rapide que les projections de l’Onu. « La fonte des neiges et de la glace se produit à un rythme alarmant », a déclaré la ministre norvégienne de l’Environnement. Selon Christopher Rapley, directeur du British Antarctic Survey, « l’océan Arctique pourrait bien être une mer libre de glace d’ici le milieu du siècle ». Pour les experts du GIEC, ce phénomène interviendrait plus tôt à la fin du siècle. Déjà, le recul des glaciers autour de l’archipel des Svalbard a révélé plusieurs îles qui ne figuraient sur aucune carte. « Des îles émergent juste à la sortie de ce fjord », souligne Kim Holmen, directeur de recherche à l’Institut polaire norvégien, en désignant la mer au-delà de la baie. Dans le courant de l’été, deux îles sont apparues au nord des Svalbard ; d’autres les ont précédées au large du Groenland et du Canada.