Al-Ahram Hebdo, Egypte | Enthousiasme peu contagieux
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 29 août au 4 septembre 2007, numéro 677

 

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Egypte

PND. Les élections « au niveau de la base », pour choisir les responsables locaux, entrent dans leur deuxième semaine. Un baptême de feu pour les dirigeants de l’avenir, d’après les cadres du parti.

Enthousiasme peu contagieux

Le Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) a achevé la première phase de ses élections au niveau des « unités locales » où il serait question, selon les responsables, de « revigorer » le parti en y infusant du nouveau sang, mais aussi de choisir « les cadres de l’avenir » parmi les plus jeunes membres.

Les élections, qui ont commencé le 18 août et qui s’achèvent le 10 septembre, concernent 7 555 unités électorales réparties sur les 26 gouvernorats du pays.

Le secrétaire général du parti, Safouat Al-Chérif, a précisé que pour cette première semaine, le nombre des électeurs a atteint près de 132 000 pour un peu plus de 36 000 candidats. Nouveauté : sur les 20 candidats qui seront élus pour chaque unité locale, il faudra au moins compter deux femmes et deux jeunes de moins de 25 ans. Les élections ont été ajournées dans près de 85 bureaux où cette condition n’a pas été satisfaite. Al-Chérif situe entre 40 et 50 % la proportion des « nouvelles figures » à l’issue du processus.

Pour le président du comité des politiques au PND, Gamal Moubarak, ces élections annoncent la fin des consensus et des transactions dans le choix des responsables du parti et le début de l’ère de la « transparence ». Pour l’opposition, c’est justement le contraire : ces élections devraient permettre à Gamal Moubarak d’évincer la vieille garde et de raffermir du coup son pouvoir sur le parti.

« Bien que le changement soit chose naturelle, ceux qui disent que tel responsable remplacera tel autre ne racontent que ce qu’ils souhaitent voir se réaliser », rétorque Alieddine Hilal, président du comité de la communication au PND. Pour lui, le grand intérêt que porte le parti à ces élections s’explique par le fait que pour un parti politique, les responsables des unités locales représentent « le seul canal de communication avec la rue ».

La première semaine des élections s’est caractérisée par des incidents entre les supporters des divers candidats, notamment en Haute-Egypte et dans le Sinaï, ainsi que par la démission collective d’une centaine de membres à Minya (Moyenne-Egypte) pour protester contre des candidatures « mal choisies ». Mais quelques « aspects positifs » ont été en revanche notés : dans le gouvernorat de Dakahliya, dans le Delta, une candidate est en passe de réussir son pari pour devenir la première présidente d’une « unité locale » du PND, tandis qu’à Béni-Souef, plus au sud, la moitié des candidats élus étaient coptes. « Même si le processus électoral n’est pas à 100 % réussi, l’expérience nous aidera à le rectifier. C’est ce qui prouve la flexibilité et le dynamisme de notre parti », déclare l’homme d’affaires Ahmad Ezz, cadre influent du PND. Un enthousiasme qui dénote avec le peu d’intérêt qu’ont suscité, au niveau populaire, ces élections justement destinées aux couches populaires.

« Le problème du PND, c’est que c’est une direction sans base populaire. Celle-ci est assurée par les responsables municipaux connus pour être des profiteurs. Ce qui fait que personne ne prend au sérieux ces élections », critique Wahid Abdel-Méguid, du Centre d’Etudes politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. « La violence et les accusations de fraude qui marquent ces élections montrent clairement que le PND n’est pas un parti mais un club d’opportunistes qui veulent profiter de la fusion entre ce parti et l’Etat pour réaliser leurs intérêts personnels aux dépens de ceux de l’Etat et du peuple », lance de son côté le secrétaire général du parti du Rassemblement (gauche), Hussein Abdel-Razeq.

Or, c’est justement cette image que les élections en cours visent à changer. Le résultat ne sera mesurable que sur le long terme … Peut-être le temps qu’il faudra aux jeunes élus de gravir les échelons du parti.

La saison électorale du PND culmine avec les élections, lors de la Conférence générale du parti prévue du 3 au 5 novembre prochain, avec l’élection du président du parti. Le président Moubarak, qui occupe ce poste depuis son accession au pouvoir en 1981, sera selon toute vraisemblance reconduit à la tête du parti, sans concurrence sérieuse.

Chérif Albert

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En bref

Religion
L’imam Al-Qaradawi hospitalisé

L’imam et théologien qatari d’origine égyptienne, Youssef Al-Qaradawi, a été admis vendredi en urgence à l’hôpital militaire Aïn Naadja d’Alger. L’imam Al-Qaradawi souffre d’un ulcère hémorragique de l’estomac, selon ses médecins.

L’imam, en visite privée en Algérie, où il a de la famille, a été pris d’un malaise dans la soirée de vendredi. Il a été pris en charge par le médecin personnel du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Cheikh Al-Qaradawi, qui a enseigné à l’Université islamique de Constantine, a soutenu la politique de réconciliation nationale du président Bouteflika et condamné la violence des groupes armés islamistes en Algérie.

Frontière
Plus de 400 Palestiniens bloqués

Plus de 400 Palestiniens restent bloqués en Egypte dans l’attente d’un feu vert israélo-égyptien pour se rendre dans la bande de Gaza, a affirmé mercredi l’ambassadeur palestinien au Caire, Monzer Al-Dajani. D’après un responsable des services de sécurité égyptiens, ces Palestiniens, qui se trouvent aujourd’hui dans la région de Rafah et de Arich (nord du Sinaï) avaient quitté la bande de Gaza pour se faire soigner ou travailler à l’étranger.

D’après M. Al-Dajani, 39 autres Palestiniens refusent toujours de passer par le territoire israélien et attendent l’ouverture du point de passage de Rafah. Ces 39 personnes seraient des partisans du Hamas pensant être fichées par l’Etat hébreu, elles craignent d’être arrêtées, selon un responsable des services de sécurité égyptiens.

 

 




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