Al-Ahram Hebdo, Economie |
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 29 août au 4 septembre 2007, numéro 677

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Economie

PME. Pour faciliter leur financement, les Petites et Moyennes Entreprises auront dès le 3 septembre, leur propre marché boursier, avec un système d’échanges et des critères d’enregistrement simplifiés.

Une Bourse sur mesure voit le jour

« La banque vient de me refuser un crédit pour la troisième fois. Je risque de fermer ma société par manque de financement », se plaint Ali Réda, vendeur d’appareils électroménagers. Mais ses tracas devraient prendre fin avec la création d’une Bourse pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME), le 3 septembre prochain. Ce sujet sera aussi débattu lors de la conférence annuelle Euromoney qui se tiendra les 4 et 5 septembre au Caire et baptisée « Entrer dans la seconde phase ». Magued Chawqi, président de la Bourse, se félicite : « L’Egypte sera le premier pays arabe à créer une Bourse pour les PME. Ce sera un nouveau marché qui permettra aux petites et moyennes entreprises d’obtenir un financement moins coûteux que les crédits bancaires », annonce-t-il à l’Hebdo, en assurant que la nouvelle Bourse sera différente en termes de système d’échanges et de critères d’enregistrement que la Bourse actuelle. Son fonctionnement sera aussi plus simple.

Ainsi, les PME, dont le capital varie entre 500 000 et 20 millions de L.E., pourront-elles y avoir recours, à condition qu’elles soient des sociétés anonymes d’au moins 25 actionnaires. Alors que le capital minimum pour la cotation des sociétés à la Bourse du Caire est de 10 millions de L.E., sans plafond. Petite condition cependant : les PME ne pourront être directement cotées en Bourse sans avoir recours à un intermédiaire, une banque d’investissement ou une société de gestion de portefeuille, approuvée par l’administration de la Bourse et l’Organisme du Marché Financier (OMF). « Cet intermédiaire, un conseiller en fait, sera chargé de mettre en place la stratégie d’action de la société et d’étudier son historique pour la proposer ensuite à l’administration de la Bourse. C’est un système qui sera appliqué pour la première fois sur le marché égyptien », explique Chawqi, en ajoutant que les PME pourront passer sur le marché boursier traditionnel dès qu’elles auront rempli ses critères d’enregistrement.

Pour encourager les PME à être cotées en Bourse, les frais d’enregistrement et autres frais annuels seront réduits de moitié. Aujourd’hui, pour la Bourse traditionnelle, les frais d’enregistrement sont de 75 000 L.E. De plus, les PME seront exemptées des coûts de publication de leurs résultats financiers dans la presse. En revanche, leurs résultats trimestriels et semestriels seront publiés sur les écrans d’échanges en Bourse.

Quant au système d’échanges, il consistera en une session de surenchère à l’issue de laquelle toutes les offres et les demandes seront rassemblées. Le prix de vente et d’achat d’actions sera déterminé d’après la moyenne des offres. « Il n’y aura pas de marge de fluctuation, comme celle de 5 %, appliquée à la plupart des actions de la Bourse du Caire. Car l’objectif est de freiner les spéculations sur les actions dotées d’un niveau de liquidité trop restreint », ajoute Magued Chawqi.

D’après les déclarations des responsables, la création de cette Bourse pour les PME vise à réaliser deux objectifs essentiels : d’abord permettre un financement moins coûteux pour les PME et les encourager à accéder à l’économie formelle. « Les PME souffrent de la hausse du coût de financement bancaire à cause des taux d’intérêt trop élevés (18 % dans la plupart des cas). Ainsi, les banques ont-elles refusé en 2006 92 % du total des demandes des PME et approuvé 6 % des demandes. Donc, la cotation en Bourse sera la meilleure solution », souligne Mohamad Omrane, vice-président de la Bourse du Caire et d’Alexandrie. « Il existe 2 millions de petits projets et plus de 30 000 nouveaux projets par an. Toutefois, leur contribution au PIB ne dépasse pas les 20 % à cause du manque de financement », ajoute-t-il. Quant au deuxième objectif, il vise à permettre aux investissements arabes et étrangers de participer de manière plus importante au développement des acteurs de l’économie égyptienne.

Un pas important

De leurs côtés, les experts applaudissent la création de cette nouvelle Bourse, et assurent qu’elle représente un pas important pour l’économie égyptienne. « Cette Bourse aurait dû être créée depuis longtemps. L’expérience internationale a prouvé sa réussite à attirer les PME », souligne Walid Gamaleddine, président de la société de courtage Oronne. Par exemple, il existe plus de 150 petites entreprises cotées à la Bourse des PME au Japon.

D’autres experts restent cependant sceptiques. « Cette Bourse va favoriser en premier lieu les moyennes entreprises plutôt que les petites », estime Alia Al-Mahdi, experte en PME. Elle souligne que la définition des PME adoptée par la Bourse diffère complètement de celle adoptée par les institutions internationales, où les petites sont celles dotées d’un capital moyen de 10 000 L.E. « Ce qui n’est pas le cas dans l’économie égyptienne », affirme-t-elle. Al-Mahdi prévoit que seules 5 à 7 % des moyennes entreprises, soit 200 à 300 000 entreprises franchiront le pas vers la cotation en Bourse. « Car la majorité de ces entreprises sont des sociétés familiales qui ne veulent pas devenir des sociétés anonymes », explique-t-elle. De plus, Alia Al-Mahdi juge insuffisant de créer cette Bourse pour résoudre les problèmes des PME. « Celles-ci ont besoin d’un changement radical de leurs législations pour les inciter à passer dans le secteur formel ». Opinion partagée par Aouni Abdel-Aziz, président du département des titres financiers auprès de l’Union des chambres commerciales, qui assure que « les actions ne seront pas attirantes pour les investisseurs. Qu’est-ce qui incite les investisseurs et les institutions financières à investir dans des sociétés inconnues ? », se demande-t-il. Ainsi, Abdel-Aziz appelle-t-il l’administration de la Bourse à apporter son assistance à la nouvelle Bourse, sans laquelle l’idée risque d’échouer. « Il faudra de même fixer un règlement très strict concernant l’échange de ces actions pour qu’elles ne deviennent pas la proie des spéculations », prévient-il.

Gilane Magdi

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.