Danse.
Maria Pagés présente La République du flamenco, un
spectacle mettant en relief l’histoire de cet art,
lors
de trois concerts au Caire et à Alexandrie.
Flamenco réactualisé
Les
battements du cœur représentent éventuellement les rythmes
les plus primitifs et les plus authentiques du flamenco.
Cela s’exprime à travers la scène inaugurale de ce spectacle
de danse, accompagné de chants, de guitare et de
percussions.
La République du flamenco a été créée par Maria Pagés en
2001 et est depuis considérée comme l’une des plus grandes
troupes espagnoles de flamenco.
Née en 1963 à Séville, Maria Pagés, lauréate du prix
national de la danse en 2002 et du prix national de la
chorégraphie en 1996, a fondé en 1990, la Compañía María
Pagés. Une compagnie qui jouit d’un vaste répertoire de
flamenco assez significatif, comptant des spectacles comme :
Sol y Sombra (1990), De la luna al viento (1994), El Perro
andaluz. Burlerías (1996, 2001), La Tirana (1998), Canciones,
antes de una Guerra (2004) et Sevilla (2006).
Persuadée que le flamenco est un art universel qui doit se
ressourcer en s’inspirant d’autres formes plus «
contemporaines », sans pour autant perdre ses racines
espagnoles, Maria Pagés ne cesse d’innover. La République du
flamenco transpose le spectateur, de la joie à la tristesse,
avec beaucoup de raffinement et de sarcasme. Il est souvent
question d’une comédie imbibée d’une contradiction acérée,
dépassant les horizons traditionnels du flamenco. Car Maria
Pagés, qui a commencé sa carrière avec la compagnie du
chorégraphe espagnol Antonio Gades (1936-2004) laquelle a
endossé différents rôles comme Carmen et Bodas de Sangre,
adopte dans La République du flamenco un style personnel et
stimulant. Comme d’habitude, elle cherche à moderniser le
flamenco sans en trahir l’essence. A l’aide d’une suite de
mouvements ordonnés, elle atteint un accord parfait entre
l’espace et le temps, accord rendu perceptible grâce à la
composition chorégraphique et aux genres musicaux variés
(tango, jazz, latino et musique populaire espagnole), avec
des œuvres de J. A. Rodriguez, J. J. Amador, P. Arriaga, J.
A. Carrillo et même Maria Pagés. Sur scène, cette dernière
— en solo ou accompagnée d’autres danseurs comme Maria
Morales, Sonia Fernandez, Isabel Rodriguez, Emilio Herrera
ou José Barrios — se distingue par ses mouvements expressifs
et élégants. Avec souplesse et puissance, elle domine les
planches, laissant libre cours à la musique qui lui dicte
les mouvements des bras, des poignets et des pieds. Elle
tente de représenter l’état psychique d’un pays mythique
ainsi que les tréfonds de ses individus. Et prouve une fois
de plus que le flamenco est un art du peuple modelé par la
joie et la souffrance. Il est constamment influencé et
modifié par le contexte social dans lequel il trouve ses
racines. La République du flamenco est un exemple important
de comment traverser les différents ponts entre cultures,
peuples et religions, en créant des sentiments partagés.
Névine
Lameï