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 Semaine du 29 août au 4 septembre 2007, numéro 677

 

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Arts

Théâtre. Le metteur en scène Khaled Galal présente sa nouvelle version d’Al-Eskafi malekan (le cordonnier roi) avec les jeunes du Centre de la créativité artistique. Un show mêlant ambiance des Mille et Une nuits à la magie du cinéma.

Silence … On joue !

Schéhérazade raconte en arabe classique, « Il était une fois … » et le roi Shahriyar écoute le conte du Maarouf Al-Eskafi. (Maarouf le cordonnier). Les ambiances des Mille et Une nuits enchantent, encore et toujours. Mais soudainement, on entend le cri du metteur en scène : « Coupez ! ». La pièce Al-Eskafi malekan (le cordonnier roi) qui se donne actuellement sur les planches du théâtre National, écrite par Yousri Al-Guindi et mise en scène par Khaled Galal, opte pour le concept du jeu dans le jeu.

Dans ce texte qui date des années 1960, Yousri Al-Guindi s’inspire du patrimoine et du folklore arabes des contes des Mille et Une nuits. Il s’agit de Maarouf le pauvre, cordonnier, un rêveur qui aime chanter tout le temps. Un jour de fête, il est couronné roi des pauvres. Généreux, il distribue les biens de son royaume illusoire au peuple. Adoré par une sirène, elle le transporte dans son monde pour l’épouser. Elle croit à la force des rêves et aux aspirations de son bien-aimé. Et va même jusqu’à défier son père : « Mon pauvre cordonnier peut changer le sort de la ville ». Maarouf ne peut alors que relever ce défi. Il s’arme de son imagination et de ses chants. D’une situation à l’autre, d’une scène à l’autre, le dramaturge évoque l’importance et la force des rêves.

Le metteur en scène, Khaled Galal, mêle le rêve du cordonnier à l’actualité de nos jours. Ce, à travers le jeu du théâtre dans le théâtre. Il mêle théâtre et techniques cinématographiques. Car il a choisi de présenter le cordonnier roi sous la forme d’un tournage cinématographique. Galal transpose alors sur scène le monde du cinéma et les secrets d’un tournage. Un va-et-vient s’opère entre l’ambiance des Mille et Une nuits, les illusions du cordonnier, la pièce originale, le tournage en cours, les problèmes des comédiens et le monde du septième art. La transition d’une scène à l’autre se fait rapidement, suivant un rythme bien calculé. Il suffit d’entendre « Action », « Coupez » ou le son des claquettes et d’un éclairage sombre pour passer à une autre scène bien différente. Des stops cadres défilent, et le montage se fait. Le chrome bleuâtre, utilisé souvent comme arrière-plan illusoire, est surtout d’usage lors de la scène de l’envol de la sirène et Maarouf … Tout baigne dans l’ambiance du show musical comique. Les acteurs chantent les textes dialectaux de Moustapha Sélim mis en musique par Ammar Al-Charéï. Ceux-ci relancent le drame et attribuent à la pièce un air de gaieté. S’ajoute à cela la chorégraphie de Diaa Chafiq et Mohamad Moustapha, donnant lieu à des scènes de génie. La gestuelle, le mouvement du corps et le rythme accéléré mettent en scène une danse satanique.

Galal s’est finalement tourné, après deux ans de recherche, aux jeunes du Centre de la créativité artistique et du studio de l’acteur qu’il dirige, aux côtés du comédien professionnel Magued Al-Kedwani. Il a pu profiter du talent débordant de ces jeunes pour créer un spectacle vif et plein d’humour basé sur l’exacerbation des caractères. Ainsi, se trouve-t-on face au réalisateur débutant qui essaye à tout prix de convaincre ses comédiens de son point de vue et qui accepte leur folie. Mais pendant le tournage, il n’arrive pas à se contrôler et crie à tout bout de champ. Un drôle de stéréotype qui suscite les rires du public. Une autre comédienne peu talentueuse joue dans une voix et une expression monotones. Dès son apparition, la scène mue en dérision. La star du film, l’acteur interprétant le cordonnier ne cesse de jouer à l’affairé entre autres. Am Arabi, l’ancien ouvrier du décor, est toujours furieux et ne supporte pas les ordres du réalisateur ni ceux de son assistant. Il ne cesse de rouspéter disant qu’il a travaillé avec de grands cinéastes, tels Hussein Kamal et Salah Abou-Seïf.

Malgré une certaine longueur ressentie après quatre heures de performance, l’adaptation de Khaled Galal a imprégné la pièce d’humour et de fantaisie propres à nos jours, notamment en ce qui concerne les scènes empruntées au quotidien du cinéma.

May Sélim

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Al-Eskafi malekan, jusqu’au 1er septembre, tous les soirs à 22h, au théâtre National, place Ataba.

Tél. : 25 91 77 83.

Reprise en octobre prochain.

 




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