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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Patrimoine . Conservés au Musée maritime d’Alexandrie, des restes des imprimeries de l’Expédition française (1798-1801) sont un témoignage précieux sur cette époque mouvementée.

Instrument de propagande et de connaissance

1 507 c’est le total des caractères et ponctuations qui restent des trois imprimeries. Il paraît que cette quantité est modeste si l’on songe au fait qu’elle provient de trois imprimeries. Mais, à vrai dire, le fait de retrouver de telles pièces a constitué une heureuse surprise pour les archéologues.

« L’histoire a commencé, vers la moitié des années 1980 du siècle dernier, lorsque le professeur Ahmad Qadri, directeur de l’Organisme des antiquités à l’époque, a décidé de faire un relevé archéologique dans la baie d’Abouqir à la recherche de la flotte de Bonaparte qui avait coulé suite à sa défaite devant celle anglaise lors de la bataille navale d’Abouqir en octobre 1798. Parallèlement, des fouilles qui ont eu lieu avec la collaboration d’Electricité De France (EDF) », indique Abdallah Al-Attar, ex-directeur du secteur des antiquités islamiques auprès du Conseil Suprême des Antiquités (CSA) et responsable du projet à l’époque. Pour lui, l’équipe archéologique qui a participé à ce projet utilisait les plus récents équipements de fouilles marines. Au bout de trois ans de recherches et d’études minutieuses, l’équipe a pu repérer les quatre navires qui avaient coulé : L’Orient, Artemis, Sérieuse et Guerrier. L’Orient était le navire amiral et duquel le chef de l’armée donnait ses ordres militaires. « C’était logique, alors que l’imprimerie de l’Expédition se trouve à son bord et je suppose que c’était l’imprimerie orientale que Bonaparte a fait installer à Alexandrie. Cette hypothèse a été confirmée lors de la découverte des caractères arabes et latins sur le site », reprend Al-Attar. En plomb, ceux-ci ont été restaurés sur-le-champ pour être conservés au Musée gréco-romain.

En 1998, le destin des caractères de l’imprimerie de l’Expédition française a été changé pour la troisième fois. A l’époque, une autre mission égypto-française dirigée par Frank Goddio a fouillé la baie d’Abouqir et a pu sortir un second ensemble de caractères de l’imprimerie. Par la suite, ces pièces et celles découvertes précédemment ont été placées au Musée maritime, qui fait actuellement l’objet de restauration. « Trois seulement sont présentées à titre d’exemple à la Bibliotheca Alexandrina, avec la collection de l’imprimerie de Boulaq », affirme Alaa Mahrous, directeur des antiquités englouties à Alexandrie.

Premier moyen de diffusion

Intéressant si l’on songe. C’est le premier moyen de diffusion de toutes sortes de savoir. En effet, il ne faut pas oublier que l’imprimerie de Boulaq, fondée par Mohamad Ali en 1821, n’est que la descendante de celle de Bonaparte. Ce grand conquérant de son époque a ajouté à son arsenal ces trois imprimeries : l’imprimerie orientale installée à Alexandrie, celle de l’armée française et enfin celle d’Ezbékiyeh connue sous le nom de l’imprimerie Al-Ahliya (nationale). Bonaparte était très occupé par cette dernière parce que c’était le premier moyen de diffuser ses discours et ses ordres parmi les Egyptiens, notamment les oulémas.

La preuve en est qu’avant de commencer son expédition, Bonaparte s’est servi de l’imprimerie de Propagande à Rome en y ajoutant des caractères arabes. Aussi lors de son arrivée au Caire, Bonaparte a préféré de garder l’imprimerie à Ezbékiyeh auprès de sa demeure à la maison d’Alfi bey afin de pouvoir réaliser, voire publier sur-le-champ, ses discours et ses décrets officiels. Bonaparte avait désigné Jean-Joseph Marcel comme directeur de l’imprimerie nationale afin d’accomplir une telle mission. Ainsi, la première production de l’imprimerie de l’Expédition française était-elle la proclamation de Bonaparte dans laquelle le conquérant définissait ses « buts de paix ». « Je viens vous restituer vos droits, punir les usurpateurs ... A partir d’aujourd’hui, aucun Egyptien ne sera empêché d’accéder à une fonction éminente : que les plus sages, les plus instruits, les plus vertueux gouvernent et le peuple sera heureux ». Cet extrait du texte intégral de Napoléon Bonaparte est noté par André Raymond dans son livre « Français et Egyptiens au Caire 1798-1801 », lequel assure que sa version arabe a été aussi imprimée. En même temps, l’imprimerie faisait publier tous les discours officiels à l’occasion des différentes fêtes et cérémonies, notamment religieuses et officielles. Bonaparte a célébré la Révolution française par un important discours adressé au peuple égyptien. Il ne faut pas encore oublier les décrets et les nouvelles taxes imposées aux Egyptiens et qu’il fallait diffuser sur-le-champ.

Un outil de gestion

Par ailleurs, l’imprimerie avait un rôle primordial dans la mise en place du diwane (cabinet) des oulémas qui est devenu plus tard le « diwane du Caire ». On a alors inscrit une liste composée de huit oulémas d’Al-Azhar qui vont installer une administration limitée et supervisée par les occupants. Son rôle aux yeux des Egyptiens, notamment l’historien Al-Gabarti, était seulement consultatif et institutionnel. Bonaparte avait encore créé un tribunal de commerce, sans oublier le bureau d’enregistrement des propriétés. Il s’agit en fait d’une nouvelle administration de l’Etat égyptien installée à la française, en s’appuyant sur la plus récente technologie de l’époque qui n’était que l’imprimerie.

D’autre part, l’imprimerie a encore retracé le Traité conclu entre Mourad bey et le général Kléber au Caire, qui n’a été connu que par une seule épreuve conservée d’un tirage détruit par ordre, d’après une note manuscrite de Jean-Joseph Marcel, ancien directeur de l’imprimerie nationale du Caire. La défectuosité de l’impression, caractérisée par l’absence systématique de la lettre « é », n’est pas l’unique raison de cette destruction. En effet, Jean-Baptiste Kléber (1753-1800), auquel Bonaparte avait confié le commandement de l’armée française en Egypte, avait tout intérêt à cacher aux Turcs et Anglais l’alliance conclue le 5 avril 1800 avec Mourad bey. Ce dernier, reconnu prince gouverneur de la Haute-Egypte, s’engageait à laisser les Français occuper le port de Qosseir, sur la mer Rouge, et à leur porter assistance en cas d’agression. Kléber, quant à lui, promettait de défendre les intérêts de Mourad bey lors d’un éventuel règlement général de la question d’Egypte. Mourad bey tiendra ses engagements jusqu’à sa mort survenue en avril 1801, malgré l’assassinat de Kléber et la défiance de son successeur, le baron de Menou. Voilà l’un des documents que les dirigeants de l’époque désiraient effacer de l’histoire.

« Grâce aux fouilles effectuées par une mission franco-égyptienne, nous avons pu retrouver les caractères de l’imprimerie de Bonaparte, qui a retracé des instants délicats de l’histoire égyptienne », conclut Al-Attar.

Doaa Elhami


 

Sur les traces de Ramsès II

Une mission archéologique égyptienne a mis au jour des tombes remontant à l’époque de Ramsès II, qui contenaient un sarcophage et une partie d’une momie à Saqqara au sud-ouest du Caire, a annoncé le Conseil Suprême des Antiquités Egyptiennes (CSAE).

La mission de la faculté d’archéologie de l’Université du Caire a découvert un grand nombre de sépultures dans une fosse datant de l’époque de Ramsès II, qui régna de 1279 à 1213 av. J.-C., a déclaré le président du CSAE, Zahi Hawas.

« Le sarcophage taillé dans la pierre a été trouvé dans la fosse, à 12 mètres de profondeur », a déclaré la chef de la mission, Ola Al-Egueizi.

« Il appartient à Sekhmet Nefret, de la 27e dynastie (525-405 av. J.-C.), mère du prêtre du culte de Mykérinos, roi de la IVe dynastie (2494 av. J.-C.) et fondateur de la troisième pyramide de Guiza », a précisé M. Hawas.

« Le fait que son fils soit appelé prêtre de Mykérinos malgré un écart de près de 2 000 ans entre l’époque de Sekhmet Nefret et le règne de Mykérinos, signifie que les Egyptiens ont continué à vouer un culte à ce roi longtemps après sa mort », a souligné M. Hawas.

La fosse est de 2 m de long sur 1,5 m de large et comporte plusieurs cavités creusées sur différentes profondeurs allant de 7 à 30 m. « Les sépultures indiquent que le tombeau construit durant la XIXe dynastie a aussi été utilisé dans les époques qui ont suivi », a indiqué Mme Egueizi.

La partie inférieure d’une momie a été découverte dans l’une des ouvertures creusées dans le roc et destinées au placement des momies, a précisé le chef de l’équipe de travail sur le site.

 




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