Al-Ahram Hebdo, Opinion | L’industrie de la corruption
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Opinion
 

L’industrie de la corruption

Morsi Attalla

La guerre contre la corruption nécessite une politique de longue haleine. De nos jours, la corruption n’est plus un simple « événement passager », elle est devenue une « industrie » que des institutions font fonctionner. Ces mêmes institutions ont su profiter à fond du climat de « mondialisation » qui règne pour se procurer la couverture juridique et morale nécessaire à leurs activités. Une couverture cachée sous les slogans fallacieux de l’ouverture économique, des marchés libres, et enfin de la liberté de transfert des individus et des capitaux.

Comme toute autre industrie, la corruption a besoin d’un capital, d’un projet et de cadres qualifiés et aptes à relever les défis de la production et de la commercialisation. Et par-dessus tout, il faut avoir une parfaite connaissance des moyens sûrs et efficaces de présenter des pots-de-vin sous forme de cadeaux, ou en guise de compliments à l’occasion des fêtes.

Celui qui croit que cette industrie est le monopole d’une catégorie déterminée dans toutes les sociétés aura tort. Tout responsable n’est pas nécessairement corrompu et tout petit fonctionnaire qui mène sa vie tant bien que mal n’est pas non plus passible de corruption. La corruption et son industrie sont le résultat d’un climat général qui autorise la falsification des vérités, le mélange des cartes et l’étouffement de toute voix s’élevant contre cette corruption.

Je dirais que la corruption est synonyme d’obscurité et d’injustice. Elle est également indissociable de la dictature et de l’absence de liberté d’expression. La corruption est le résultat naturel du monopole des pouvoirs, du rejet du changement et, au-dessus de tout, de l’apparition de la naissance d’une nouvelle génération d’adeptes et de bénéficiaires qui excellent dans l’hypocrisie et la corruption. Il n’existe pas de corruption économique capable de se développer et de prospérer pour devenir en fin de compte un partenaire à part entière dans l’industrie de la corruption loin des climats politiques sociaux et moraux.

Nous devons savoir que les lois rigoureuses ne sont pas à elles seules suffisantes pour purifier n’importe quel climat des corrompus qui contrôlent l’industrie de la corruption. Ce, malgré l’importance de ces lois dans le domaine pénal. L’essentiel est le respect des règles de l’éthique et de la morale, qui représentent la conscience d’une nation, traçant les lignes rouges entre le licite et l’illicite, entre ce qui est autorisé et ce qui est prohibé, entre le cadeau et le pot-de-vin et enfin entre la mondialisation et le vol.

Je pourrais même prétendre que l’application claire et décisive des préceptes de la religion, notamment celui de prohiber l’exception et toutes sortes de discriminations entre les individus et les catégories, est un moyen qui mettrait en échec toute pratique de cette industrie suspecte. Le mal corrupteur de chaque société commence par l’exception quelle qu’elle soit. D’autant plus qu’avec l’exception la loi est absente et les règles réglementant toute activité sont abrogées, et par conséquent tout est permis et licite.

Ce qui nous donne confiance dans la capacité de l’Egypte à éviter de basculer dans le gouffre de cette industrie de « production de la corruption » est l’existence d’une presse libre. Une presse qui n’a aucun inconvénient à poursuivre un corrompu quel que soit son nom ou son rang.

Le président de la République, en personne, lit attentivement la plupart des journaux. Si une information donnée attire son attention, il prend l’initiative de s’enquérir de sa véracité et de l’exactitude de ce qui est publié en donnant l’ordre aux appareils compétents de l’Etat d’en faire le suivi.

 

 

 

 

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