Al-Ahram Hebdo, Opinion | Pour un véritable essor de la lecture
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Opinion
 

Pour un véritable essor de la lecture

Mohamed Salmawy

J’imagine que l’énorme campagne publicitaire sur le festival de « La lecture pour tous » qui nous entoure de tous côtés est non seulement l’une des plus importantes que nous ayons connues récemment, mais également la plus répandue. Elle vient prouver que nous sommes un peuple qui aime le livre par nature et qui passe la plupart de son temps à lire et à développer son intellect.

Ceci va à l’encontre des statistiques indiquant qu’un grand nombre de la population est analphabète. Cette campagne donne l’impression que nous vivons aujourd’hui l’âge d’or du mouvement de l’édition et de la publication, contredisant d’autres statistiques selon lesquelles ce mouvement a connu un recul d’une manière inégalée depuis la moitié du siècle dernier.

Certains diraient que si les statistiques sur l’alphabétisation et la publication s’avèrent vraies, nous aurions toutes les raisons d’encourager la lecture. Le fait d’accroître l’intérêt du public à la lecture, contribuerait à régler le problème de l’alphabétisation et parallèlement le mouvement de l’écriture et de la publication gagnera en ampleur. Il s’agit d’un grand objectif sans nul doute. Mais nous devons savoir que la première visée de n’importe quelle campagne publicitaire doit être de faire la propagande du produit qui en fait l’objet. Donc, ce produit doit être disponible d’une manière qui correspond à l’ampleur de la campagne publicitaire qui est lancée. Où est donc ce livre qui fait l’objet de cette campagne publicitaire partout et qui appelle à sa lecture ?

Celui qui visite l’Egypte à l’heure actuelle rencontrera les publicités sur le festival de la Lecture pour tous tout le long de la route de l’aéroport, sur les ponts, sur les façades des bâtiments, dans les stations de métro, à la télé et sur les pages des journaux. Il s’imaginera trouver ce livre, qui est le produit de la campagne, un peu partout. Mais il se rendra compte que le nombre de librairies qui vendent les livres dont on fait la propagande reste infime, si nous le comparons à l’ampleur de la campagne publicitaire qui l’accompagne ou au nombre d’habitants. Nous désignons par « habitants » bien sûr les personnes instruites et non pas analphabètes dont parlent les statistiques.

J’imaginais qu’avec cette énorme campagne publicitaire, sans précédent, pour encourager la lecture, la vente du livre ne se limiterait plus aux seuls accès traditionnels, à savoir les bibliothèques. Mais qu’elle ira bien au-delà pour toucher tous les lieux publics tels que les clubs, les cafétérias, les plages ou les centres commerciaux qui consacreraient un pavillon spécial destiné à cette mission et dans lequel seraient mis en vente les livres du festival. J’ai cru qu’en marge du festival, des rencontres périodiques auraient lieu avec les écrivains et les auteurs sur leurs ouvrages qui seraient exposés au public à des prix spéciaux à l’occasion. J’ai également cru qu’en marge de ce festival, des compétitions seraient organisées sur les connaissances générales et au cours desquelles les chefs-d’œuvres de la bibliothèque arabe seraient décernés en prix.

Pourquoi des concours spéciaux ne sont-ils pas organisés pour découvrir les nouveaux talents dont regorgent le pays et qui ne trouvent personne pour leur porter un intérêt ? Pourquoi ne pas exploiter ce festival pour donner naissance à une nouvelle génération de jeunes auteurs qui présenteraient leurs œuvres à un organisme formé de critiques et de professeurs d’université de toutes les spécialisations ? Ces derniers choisiraient les meilleures œuvres qui seraient publiées pour la première fois.

La tenue d’un festival consacré à la lecture est certes un acte non seulement de grande importance, mais également louable. Nous devons lui porter un intérêt majeur et essayer d’en tirer le maximum de profit pour attirer le public, surtout la jeunesse, sur l’importance du livre qui représente jusqu’aujourd’hui la source numéro un de la connaissance et du savoir, malgré l’essor de l’Internet. L’ordinateur pourrait être, certes, le moyen le plus rapide pour avoir accès à l’information requise. Cependant, le livre demeure l’unique moyen susceptible de présenter le savoir intégral dans tout sujet.

La campagne publicitaire, sans précédent, à laquelle nous assistons aujourd’hui n’aura aucun véritable écho, parce qu’elle fait la propagande d’un produit qui est quasi-inexistant. Pour en récolter les fruits, il faut, en l’occurrence, qu’elle soit accompagnée d’une augmentation de l’offre des livres dans les lieux d’affluence et non uniquement dans les bibliothèques, comme c’est le cas tout au long de l’année. Elle doit être impérativement accompagnée d’une activité pour faire la publicité du livre à travers des réductions de prix, des compétitions et autres.

Je dis cela en m’imaginant que l’objectif derrière l’énorme campagne publicitaire est de mettre en avant le livre, même s’il n’est pas disponible d’une manière suffisante, et non pas d’afficher la fidélité envers la lecture en général, son festival et ses responsables, en particulier.

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