Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Les combats se durcissent
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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Liban . Après trois mois d’une bataille meurtrière, les combats se poursuivent à Nahr Al-Bared, où l’armée tente encore de vaincre la résistance inattendue des islamistes du Fatah Al-Islam.

Les combats se durcissent

Une nouvelle fois, l’armée libanaise a bombardé par hélicoptère le camp palestinien de Nahr Al-Bared, dans le nord du Liban. Deux soldats libanais ont été tués dans ces combats qui opposent depuis trois mois l’armée aux islamistes du Fatah Al-Islam. Cette fois, l’armée avait utilisé pour la première fois des bombes de 400 kilos alors que des bombes de 250 kilos étaient employées jusqu’à présent. « Les unités de l’armée ont poursuivi leur progression et ont détruit plusieurs bâtiments qui servaient de fortifications aux terroristes », a annoncé un porte-parole de l’armée. « L’étau se resserre encore un peu plus autour les hommes armés. La destruction des bâtiments périphériques met de plus en plus à découvert le réduit où sont retranchés les terroristes », a-t-il ajouté.

Depuis le 9 août, l’armée libanaise bombarde presque quotidiennement le camp avec des hélicoptères pour tenter de percer les bunkers souterrains où sont retranchés les islamistes. Selon le porte-parole, « l’armée contrôle par le feu la zone tenue par les islamistes, mais doit nettoyer le terrain avant de pouvoir avancer ». Il avait indiqué que les derniers combattants du Fatah Al-Islam étaient retranchés « dans cinq ou six grands abris bien équipés ». Depuis une semaine, les bombardements aériens sont de plus en plus fréquents. Mais cette phase des opérations est arrivée tardivement. Selon les analystes, il s’agit de plusieurs raisons qui entravent l’avancée des opérations militaires.

En tête de liste viennent le manque d’entraînement de l’armée, qui livre sa première bataille depuis la fin de la guerre civile en 1990, un armement inadéquat, le souci de limiter les pertes, notamment civiles, le terrain miné et l’architecture du camp. Enfin, les islamistes sont repliés dans un enchevêtrement presque impénétrable.

En effet, le 20 mai dernier, le Fatah Al-Islam, un groupe sunnite infiltré l’année dernière dans le camp de Nahr Al-Bared, avait lancé une série d’attaques meurtrières contre des soldats aux alentours. Depuis, les islamistes retranchés dans ce camp refusent de se rendre. Cependant, leur résistance semble avoir faibli depuis quelques jours, et les tirs de roquettes depuis le camp ont cessé. Le commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane, a reconnu que « c’est une organisation bien entraînée, disposant d’armes sophistiquées, y compris des armes lourdes, rompue au maniement des explosifs ». Les combattants seraient encore environ 70, selon Sleimane, dans des abris souterrains, véritables fortifications construites au fil des ans dans les camps palestiniens du Liban et capables de résister aux raids aériens israéliens. Les seuls civils restés sont les femmes et les enfants des combattants, au nombre d’une centaine selon l’armée, qui accuse les islamistes de les utiliser comme boucliers humains. Alors que la population de Nahr Al-Bared, 31 000 personnes, a fui au début des combats, le camp est devenu un champ de ruines. Les combats ont fait plus de 200 morts, dont 138 soldats. Ce bilan ne prend pas en compte les islamistes tués dont les corps sont restés dans le camp. Pour leur part, les Etats-Unis ont placé le Fatah Al-Islam sur leur liste des organisations terroristes et le général Sleimane a affirmé que le groupe était lié à Al-Qaëda.

A cet égard, plus de cent personnes soupçonnées d’appartenir au Fatah Al-Islam ont été arrêtées depuis le début des combats et vont être traduites devant la justice civile. « Le nombre de détenus a dépassé les 100. Il s’agit en majorité de Libanais, ainsi que de Palestiniens, de Saoudiens, de Syriens, et d’un petit nombre de personnes d’autres nationalités », a déclaré à l’AFP une source judiciaire sous couvert de l’anonymat.

Selon cette source, les dossiers concernant les suspects arrêtés ont été transmis par la justice militaire au procureur général du Liban, Saïd Mirza, qui s’apprête à lancer des poursuites en début de semaine. Certains des suspects seront poursuivis pour meurtre, d’autres pour appartenance au Fatah Al-Islam. Des suspects ont été arrêtés par la police et l’armée lors de plusieurs perquisitions effectuées notamment à Tripoli et dans ses environs. D’autres ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de fuir Nahr Al-Bared.

Maha Salem

 

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