Al-Ahram Hebdo, Livres | Le livre, version tendance
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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Livres

Lecture. Plus qu’une simple librairie traditionnelle, Al-Balad, récemment inaugurée au centre-ville du Caire, ambitionne de devenir un espace jeune pour la diffusion de la culture.

Le livre, version tendance

« On vit actuellement une période de renaissance de la société civile. Non seulement les partis indépendants éclatent, mais aussi le domaine culturel ne cesse de faire peau neuve », assure Farid Zahrane, l’un des fondateurs d’Al-Balad qui a vu le jour dans cette perspective. Une librairie ? Ce serait quand même imprécis de le classer ainsi. Un centre de culture qualifierait mieux cet espace situé au centre-ville, en face de l’Université américaine du Caire. Le premier en son genre ? Définitivement non. Puisque d’autres l’ont précédé, sous l’influence du coup de cœur qu’a fait naître chez eux l’expérience réussie de Saqiet Al-Sawi.

En fait, Al-Balad est le dernier-né d’une chaîne d’espaces culturels représentant la nouvelle tendance que commence à connaître Le Caire. Celle des centres de culture, comme Al-Diwan, à Zamalek, et Kotob Khan, à Maadi. Ce ne sont pas des librairies dans leur forme traditionnelle, à savoir de simples points de vente de livres. Ce ne sont pas non plus de centres culturels dépendants des pays étrangers et n’offrant que la culture de leurs pays. Ce sont en fait des lieux destinés en premier lieu à la vente de livres, tout en organisant en parallèle des activités culturelles : des expositions, des rencontres avec des écrivains, une signature de livres. Donc, un plat culturel succulent pour tous les goûts. « De nos jours, une librairie dans sa forme traditionnelle ne trouvera pas d’écho à moins qu’elle ne soit à l’instar de Madbouli avec toute son histoire. Une activité culturelle est indispensable pour la réussite de ce genre de projets », commente Farid Zahrane. Même les librairies obéissent aux théories darwiniennes de l’évolution. L’image de la librairie bondée de livres de la terre au plafond et du libraire comptant sur sa mémoire pour trouver un livre entre des milliers d’autres ne fait plus partie du paysage culturel contemporain. Al-Balad représente par excellence l’image moderne d’une librairie égyptienne du XXIe siècle. Le choix même du nom le prouve. N’ayant pas opté pour l’attribut « librairie », on y a préféré (Al-Balad, livres, musique, films et arts).

Occupant un appartement au premier étage, c’est un lieu confortable, climatisé, où l’on peut s’asseoir pour feuilleter tranquillement le livre qu’on veut acheter. On peut même le lire tout entier sur place sans que personne ne nous dérange. Et pourquoi ne pas commander une boisson du célèbre café situé en face ? Ou même placer les écouteurs sur les oreilles et entendre des CD ? A part les 4 000 livres arabes et anglais placés sur les étagères, des peintures de jeunes artistes couvrant les murs, des pots de plantes, des pièces de bois travaillées par des enfants, des statues en verre, tout produit artistique est à vendre. Une nouveauté : service de livraison de tous les produits commandés à domicile. Des affiches annonçant le programme du mois sont accrochées à l’entrée : soirée poétique, concert de luth … Bref « Al-Balad essaye d’être le centre de culture qui présente tous les produits culturels dans un cadre attirant aux jeunes », assure Magd Zahrane, directeur d’Al-Balad, étudiant en polytechnique. La jeunesse est donc la clientèle visée par ce lieu. C’est ainsi que pour mieux communiquer avec ces jeunes que les responsables sont des jeunes âgés entre 19 et 23 ans. « Notre objectif est de propager la culture, une manière de servir la société civile. Nous voulons aider les jeunes à penser d’une manière différente », explique Ahmad Abdel-Wahab, directeur financier, qui informe de l’ouverture de la succursale d’Al-Balad, dans le gouvernorat de Mansoura le mois prochain.

Bien que l’on compte encore ces espaces culturels sur les doigts d’une seule main, espérons qu’un jour on en parlera d’un phénomène.

Dira Maurice

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