Foire du livre d’Alexandrie.
Les portes de la citadelle de Qaïtbay s’ouvrent du 22 août
au 3 septembre, pour recevoir la 2e édition consacrée au
livre arabe, avec comme invitée d’honneur, la Tunisie.
Culture arabe et cité méditerranéenne
Dans le quartier très coloré de Bahari, et sur le site de la
citadelle de Qaïtbay, l’un des plus importants vestiges de
l’architecture militaire arabe en Méditerranée, cette Foire
du livre se veut originale et tente de se départir de son
aînée cairote. Au lieu d’avoir une vocation internationale,
elle s’est donné un cachet purement arabe. Ils sont 70
éditeurs de 16 pays arabes à y participer (5 à titre
officiel : l’Arabie saoudite, le Koweït, le Liban, la
Tunisie et la Jordanie, tandis que les autres sont
représentés par des éditeurs). C’est la deuxième édition
consécutive où l’on constate ce choix. Une originalité qui
donne à cette rencontre, dirigée par l’Organisme général
égyptien du livre (GEBO), en collaboration avec le Conseil
suprême des antiquités, son goût spécial et unique. « L’idée
d’organiser une telle foire à Alexandrie est très positive
», avance le poète Sabri Abou-Alam, l’une des figures
actives sur la scène intellectuelle alexandrine. C’est vrai
que la Foire internationale du livre du Caire se déplace à
Alexandrie chaque année au mois de février, mais celle-ci
vient avec le restant des livres, selon Abou-Alam, et se
disperse sur différents espaces d’exposition, ce qui lui ôte
son attrait et son importance.
« La Tunisie sera l’invitée d’honneur de cette année avec la
présence de son ministre de la Culture, son ambassadeur et
son directeur de la Foire du livre, explique Ahmad Salah,
directeur général des foires au GEBO. Le pavillon Tunisie
sera une source d’attraction pendant les jours de la foire
avec la présentation de différentes activités, y compris
l’art populaire, les différentes formes de poésie populaire,
en plus, le 25 août sera une journée consacrée à la Tunisie
à la foire ».
Salah attire l’attention sur les relations culturelles entre
les deux pays qui datent de plusieurs siècles. A titre
d’exemple, l’un des plus illustres poètes égyptiens du
dialectal n’est autre que le Tunisien Biram Al-Tounsi. Il
vivait en Egypte et y a écrit ses plus beaux poèmes qui ont
influencé des générations de poètes. De même que les
événements de l’un des récits populaires les plus renommés,
La Geste Hélalienne (Al-Sira al-hilaliya), se déroule entre
la Tunisie et le sud de l’Egypte.
De plus, la foire va célébrer le premier anniversaire du
décès du Nobel égyptien Naguib Mahfouz (le 31 août) avec une
série de conférences sur Mahfouz à Alexandrie, ses
rencontres dans les cafés de la ville méditerranéenne. Un
pavillon sera consacré aux œuvres de Mahfouz, de même qu’une
projection des films adaptés de ses œuvres sera suivie de
débats.
Malgré cela, cette édition n’a pas bénéficié de la publicité
qu’elle mérite. « On avait besoin de mettre des affiches
publicitaires sur la corniche, d’annoncer les activités dans
la presse pour attirer le public », déplore Abou-Alam.
L’extension de la surface consacrée à la foire sera un
premier pas pour atteindre le grand public.
Samar
Zarée