Ministre de l’Enseignement supérieur et
de la Recherche scientifique, Hani Hilal évalue
les résultats du baccalauréat et du système universitaire.
« Nous avons un plan pour former des
étudiants hautement qualifiés »
Al-Ahram Hebdo : Des problèmes concernant
la nouvelle technique d’admission, via Internet, des bacheliers à l’université
sont apparus cette année. Comment comptez-vous les résoudre dans les années à
venir ?
Hani
Hilal : Ceci n’est pas vrai. Aucune erreur n’est apparue lors des admissions
enregistrées selon le système électronique. Cependant, des erreurs ont été
détectées concernant l’inscription des noms de certains étudiants dans le
système d’information du ministère de l’Education, et elles ont été corrigées
conformément au certificat du baccalauréat égyptien. D’autres erreurs sont
survenues au cours des procédures de transfert d’étudiants entre universités,
accomplies selon les données du Haut Conseil des universités. Le transfert se
fait d’une faculté à une autre qui lui est équivalente et se situant à
proximité de la résidence de l’étudiant. Cette procédure a pour visée de
faciliter la vie de l’étudiant et celle de sa famille en réduisant ses
contraintes et la tension qu’il subit quotidiennement.
Le
transfert est également possible d’une faculté à une autre qui ne lui est pas
équivalente à condition que l’étudiant transféré ait obtenu le pourcentage
d’adhésion requis. Nous avons reçu des demandes de transfert qui ne répondaient
pas aux critères nécessaires. Elles sont actuellement examinées par le Haut
Comité d’admission des universités afin de voir dans quelle mesure elles
peuvent être compatibles avec les critères établis par le Haut Conseil des
universités. Il s’agit avant tout d’assurer l’égalité des chances entre tous
les étudiants, sans exception, de réduire leurs contraintes et leur éloignement
par rapport à leur résidence. Etant donné l’important et inattendu succès qu’a
réalisé le système d’admission électronique, les étudiants des écoles
secondaires techniques demandent qu’il leur soit appliqué dès l’année
prochaine.
— Comment faire face au phénomène
d’augmentation continuelle des pourcentages au baccalauréat ? Ce phénomène ne
permet pas toutefois aux étudiants de joindre les facultés de leur choix ...
— Ce
phénomène est dû au système méthodique des examens du baccalauréat qui ne
permet pas de faire la différence entre un élève de qualité et les autres. C’est
pour cette raison que le ministère de l’Education a pris les mesures
nécessaires afin de corriger cette situation. D’ailleurs, l’admission aux
universités ne dépend plus seulement du pourcentage, mais aussi du classement
des étudiants, les uns par rapport aux autres. Le taux élevé des pourcentages
n’est donc pas le seul critère dans l’admission des étudiants dans les
différentes facultés.
— Le nombre d’étudiants admis dans les
universités gouvernementales a-t-il été réduit cette année ?
— Le
nombre d’étudiants admis n’a guère été réduit cette année. Au contraire, il a
connu une hausse par rapport à l’année dernière. D’autant plus que le nombre
d’étudiants ayant obtenu le baccalauréat a diminué de 2 600 par rapport à
l’année dernière.
— Les universités privées ne respectent
toujours pas les critères établis par le ministère concernant l’admission de
nouveaux étudiants. Pourquoi ?
— L’autorité
qui prend en charge la régularisation et le contrôle des admissions est le Haut
Conseil des universités. Il a établi cette année, avec la participation des
présidents des universités privées, de nouveaux critères et de nouvelles règles
relatifs au nombre d’étudiants admis et au choix du corps enseignant. Lors de
sa dernière session du 1/8/2007, le conseil a défini le nombre d’étudiants qui
seront admis et les critères de sélection, cela dans un souci de transparence
et en respectant le principe de l’égalité des chances.
— Comment est-il possible de faire
correspondre l’offre à la demande sur le marché du travail ? C’est-à-dire faire
en sorte que les diplômes des étudiants répondent aux besoins du marché du
travail ?
— Les
diplômés universitaires doivent être bien formés pour pouvoir faire face à la
rapidité des évolutions technologiques, à la révolution du secteur de
l’information, aux mutations mondiales et à la concurrence féroce au niveau du
marché du travail. Il est donc important d’adapter les programmes enseignés aux
besoins du marché. Le ministère a mis en place un programme ambitieux dans ce
sens, en collaboration avec les ministères du Tourisme, de l’Industrie, du
Commerce et des Télécommunications. Les étudiants égyptiens doivent être
qualifiés afin d’investir le marché du travail, et par conséquent être à la
hauteur de la concurrence. Cela d’autant plus que ce programme à venir
s’intéresse profondément à l’optimisation des ressources individuelles et à la
performance des diplômés universitaires.
— Des voix se sont élevées contre la
nouvelle réglementation régissant les activités des étudiants qu’a approuvée le
Haut Conseil des universités. Qu’en dites-vous ?
— Le
ministère de l’Enseignement supérieur a proposé en avril 2007 des remaniements
du règlement interne estudiantin. Les étudiants des universités égyptiennes ont
exprimé, de février à avril, leurs opinions sur la question en toute liberté,
sans aucune contrainte ou intervention de la part du corps enseignant. Ils ont
parlé en toute liberté et franchise de leurs espoirs, de leurs ambitions et des
changements qu’ils attendent. Toutes ces propositions ont été compilées et
elles ont été passées en revue lors d’une conférence estudiantine qui s’est
tenue fin avril 2007. Elles ont été, par la suite, présentées au Haut Conseil
des universités et sont actuellement soumises au Conseil des ministres. Celui-ci
statuera sur les décisions concernant les remaniements requis. Elles prendront
en compte les volontés des étudiants dans la mesure où celles-ci ne
contredisent pas, bien entendu, les lois financières régularisant la gestion
des universités.
— Quelles sont, selon vous, les limites
entre l’activité politique et partisane pour les étudiants d’université ?
— Nous
sommes pour la liberté d’expression. Nous souhaitons que nos étudiants
expriment leurs opinions politiques ouvertement et qu’ils interagissent avec
les mouvements politiques égyptiens et mondiaux. Cependant, ceci doit se
produire dans la légitimité et se dérouler dans l’enceinte de l’université. Les
étudiants ne doivent pas subir d’influences extérieures liées à des courants
politiques ou autres sans lien avec les événements se déroulant sur la scène
égyptienne et internationale. Nous sommes défavorables à l’existence de partis
à l’intérieur de l’université et contre toute influence émanant de courants
politiques en dehors des universités.
— De nombreux professeurs souhaitent
l’élection des doyens des facultés plutôt que leur nomination. Quel est votre
avis concernant cette question ?
— Nous
avons suivi auparavant le système d’élection des doyens des facultés. Ceci a eu
de nombreuses conséquences négatives, divisant le corps enseignant et
compromettant le processus éducatif. Ce qui est à l’étude actuellement est une
solution intermédiaire entre l’élection et la nomination.
— N’êtes-vous pas d’accord pour dire
que le niveau de l’enseignement en Egypte s’est détérioré, comme en témoignent
des rapports publiés récemment ? Comment y faire face ?
— Nous
faisons de notre mieux pour changer cette image en améliorant la qualité de
l’enseignement supérieur. Un plan stratégique et national a été établi et
présenté au président Moubarak pour répondre à cet objectif et former des
étudiants hautement qualifiés, capables de s’intégrer au marché mondial, tout
en préservant la gratuité de l’enseignement.
Propos recueillis par
Magda Barsoum