Al-Ahram Hebdo,Invité | Hani Hilal
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Invité

Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Hani Hilal évalue les résultats du baccalauréat et du système universitaire.

« Nous avons un plan pour former des étudiants hautement qualifiés »

Al-Ahram Hebdo : Des problèmes concernant la nouvelle technique d’admission, via Internet, des bacheliers à l’université sont apparus cette année. Comment comptez-vous les résoudre dans les années à venir ?

Hani Hilal : Ceci n’est pas vrai. Aucune erreur n’est apparue lors des admissions enregistrées selon le système électronique. Cependant, des erreurs ont été détectées concernant l’inscription des noms de certains étudiants dans le système d’information du ministère de l’Education, et elles ont été corrigées conformément au certificat du baccalauréat égyptien. D’autres erreurs sont survenues au cours des procédures de transfert d’étudiants entre universités, accomplies selon les données du Haut Conseil des universités. Le transfert se fait d’une faculté à une autre qui lui est équivalente et se situant à proximité de la résidence de l’étudiant. Cette procédure a pour visée de faciliter la vie de l’étudiant et celle de sa famille en réduisant ses contraintes et la tension qu’il subit quotidiennement.

Le transfert est également possible d’une faculté à une autre qui ne lui est pas équivalente à condition que l’étudiant transféré ait obtenu le pourcentage d’adhésion requis. Nous avons reçu des demandes de transfert qui ne répondaient pas aux critères nécessaires. Elles sont actuellement examinées par le Haut Comité d’admission des universités afin de voir dans quelle mesure elles peuvent être compatibles avec les critères établis par le Haut Conseil des universités. Il s’agit avant tout d’assurer l’égalité des chances entre tous les étudiants, sans exception, de réduire leurs contraintes et leur éloignement par rapport à leur résidence. Etant donné l’important et inattendu succès qu’a réalisé le système d’admission électronique, les étudiants des écoles secondaires techniques demandent qu’il leur soit appliqué dès l’année prochaine.

— Comment faire face au phénomène d’augmentation continuelle des pourcentages au baccalauréat ? Ce phénomène ne permet pas toutefois aux étudiants de joindre les facultés de leur choix ...

— Ce phénomène est dû au système méthodique des examens du baccalauréat qui ne permet pas de faire la différence entre un élève de qualité et les autres. C’est pour cette raison que le ministère de l’Education a pris les mesures nécessaires afin de corriger cette situation. D’ailleurs, l’admission aux universités ne dépend plus seulement du pourcentage, mais aussi du classement des étudiants, les uns par rapport aux autres. Le taux élevé des pourcentages n’est donc pas le seul critère dans l’admission des étudiants dans les différentes facultés.

— Le nombre d’étudiants admis dans les universités gouvernementales a-t-il été réduit cette année ?

— Le nombre d’étudiants admis n’a guère été réduit cette année. Au contraire, il a connu une hausse par rapport à l’année dernière. D’autant plus que le nombre d’étudiants ayant obtenu le baccalauréat a diminué de 2 600 par rapport à l’année dernière.

— Les universités privées ne respectent toujours pas les critères établis par le ministère concernant l’admission de nouveaux étudiants. Pourquoi ?

— L’autorité qui prend en charge la régularisation et le contrôle des admissions est le Haut Conseil des universités. Il a établi cette année, avec la participation des présidents des universités privées, de nouveaux critères et de nouvelles règles relatifs au nombre d’étudiants admis et au choix du corps enseignant. Lors de sa dernière session du 1/8/2007, le conseil a défini le nombre d’étudiants qui seront admis et les critères de sélection, cela dans un souci de transparence et en respectant le principe de l’égalité des chances.

— Comment est-il possible de faire correspondre l’offre à la demande sur le marché du travail ? C’est-à-dire faire en sorte que les diplômes des étudiants répondent aux besoins du marché du travail ?

— Les diplômés universitaires doivent être bien formés pour pouvoir faire face à la rapidité des évolutions technologiques, à la révolution du secteur de l’information, aux mutations mondiales et à la concurrence féroce au niveau du marché du travail. Il est donc important d’adapter les programmes enseignés aux besoins du marché. Le ministère a mis en place un programme ambitieux dans ce sens, en collaboration avec les ministères du Tourisme, de l’Industrie, du Commerce et des Télécommunications. Les étudiants égyptiens doivent être qualifiés afin d’investir le marché du travail, et par conséquent être à la hauteur de la concurrence. Cela d’autant plus que ce programme à venir s’intéresse profondément à l’optimisation des ressources individuelles et à la performance des diplômés universitaires.

— Des voix se sont élevées contre la nouvelle réglementation régissant les activités des étudiants qu’a approuvée le Haut Conseil des universités. Qu’en dites-vous ?

— Le ministère de l’Enseignement supérieur a proposé en avril 2007 des remaniements du règlement interne estudiantin. Les étudiants des universités égyptiennes ont exprimé, de février à avril, leurs opinions sur la question en toute liberté, sans aucune contrainte ou intervention de la part du corps enseignant. Ils ont parlé en toute liberté et franchise de leurs espoirs, de leurs ambitions et des changements qu’ils attendent. Toutes ces propositions ont été compilées et elles ont été passées en revue lors d’une conférence estudiantine qui s’est tenue fin avril 2007. Elles ont été, par la suite, présentées au Haut Conseil des universités et sont actuellement soumises au Conseil des ministres. Celui-ci statuera sur les décisions concernant les remaniements requis. Elles prendront en compte les volontés des étudiants dans la mesure où celles-ci ne contredisent pas, bien entendu, les lois financières régularisant la gestion des universités.

— Quelles sont, selon vous, les limites entre l’activité politique et partisane pour les étudiants d’université ?

— Nous sommes pour la liberté d’expression. Nous souhaitons que nos étudiants expriment leurs opinions politiques ouvertement et qu’ils interagissent avec les mouvements politiques égyptiens et mondiaux. Cependant, ceci doit se produire dans la légitimité et se dérouler dans l’enceinte de l’université. Les étudiants ne doivent pas subir d’influences extérieures liées à des courants politiques ou autres sans lien avec les événements se déroulant sur la scène égyptienne et internationale. Nous sommes défavorables à l’existence de partis à l’intérieur de l’université et contre toute influence émanant de courants politiques en dehors des universités.

— De nombreux professeurs souhaitent l’élection des doyens des facultés plutôt que leur nomination. Quel est votre avis concernant cette question ?

— Nous avons suivi auparavant le système d’élection des doyens des facultés. Ceci a eu de nombreuses conséquences négatives, divisant le corps enseignant et compromettant le processus éducatif. Ce qui est à l’étude actuellement est une solution intermédiaire entre l’élection et la nomination.

— N’êtes-vous pas d’accord pour dire que le niveau de l’enseignement en Egypte s’est détérioré, comme en témoignent des rapports publiés récemment ? Comment y faire face ?

— Nous faisons de notre mieux pour changer cette image en améliorant la qualité de l’enseignement supérieur. Un plan stratégique et national a été établi et présenté au président Moubarak pour répondre à cet objectif et former des étudiants hautement qualifiés, capables de s’intégrer au marché mondial, tout en préservant la gratuité de l’enseignement.

Propos recueillis par
Magda Barsoum

 




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