Al-Ahram Hebdo,Environnement | L’eau, source de conflits
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Environnement

Semaine mondiale de l’eau. L’eau souterraine transfrontalière de la région du Moyen-Orient, ressource stratégique, souffre de nombreux maux. Un séminaire sur ce thème a été tenu le 14 août à Stockholm.

L’eau, source de conflits

Elles sont toujours là mais invisibles. On en aura besoin, elles sont justes sous nos pieds. Ce sont les eaux souterraines ou les réserves stratégiques d’eau qui nécessitent une gestion sage.

Dans les pays du Moyen-Orient, cette ressource souffre de tous les maux : surexploitation, pollution, manque d’informations, législations défaillantes et non appliquées. La gestion, donc, des eaux souterraines aux frontières d’un pays représente déjà un défi. Pire encore s’il s’agit d’eaux souterraines transfrontalières qui passent par plusieurs pays. Et l’affaire est de plus en plus compliquée quand ces aquifères sont les seules sources naturelles d’eau douce. Comment donc trouver un moyen pour gérer durablement les eaux souterraines transfrontalières au Moyen-Orient ?

« En fait, ce thème n’a jamais pris l’ampleur qu’il mérite, c’est pourquoi nous l’avons choisi pour la 5e édition de ce séminaire Moyen-Orient durant la semaine mondiale 2007 », explique le Dr Anders Jägerskog, l’organisateur du séminaire auprès de l’Institut international de l’eau de Stockholm, SIWI.

Quatre présentations ont été faites durant la journée, pour laisser plus de temps aux discussions.

Les présentations ont tourné autour des aspects techniques du défi, comme le changement climatique, les impacts sociaux et politiques comme les choix et leurs conséquences sur la population, les modèles de gouvernance, et enfin, de ce qui manque pour assurer une meilleure gouvernance.

La région était largement représentée dans ce séminaire, ce qui est déjà un point fort.

Basema Bashir, de Palestine, affirme que laisser plus de temps pour les discussions était important, pourtant, elle espérait donner plus d’intérêt aux problèmes concrets liés à l’eau des Palestiniens, qu’ils vivent au quotidien sous l’occupation. « Les Israéliens absorbent toute notre eau souterraine, ils ne nous laissent pas de quoi survivre en termes d’eau potable, ce qui est contraire aux droits de l’homme, et la communauté internationale se contente de regarder ce qui se passe sans intervenir et en plus, on essaye de parler de gouvernance. Quelle gouvernance ? », se demande Basema.

Argument auquel le Dr Jägerskog répond que la cause palestinienne en matière d’eau a tenu une large place dans les quatre séminaires de ces 4 dernières années.

« Je crois que nous avons déjà donné suffisamment de temps à la Palestine pour expliquer ses problèmes en eau mais les sujets des séminaires doivent être variés », se défend le Dr Jägerskog.

Pour le Jordanien Loay Froukh, le séminaire n’a fait que présenter un problème que tout le monde connaît par cœur sans apporter de solution.

« Tout le monde parle en général comment coopérer et gérer sans donner d’exemples d’actions qui doivent être entreprises. Le but d’un regroupement pareil est d’échanger les expériences. Si, par exemple, l’Unesco a un projet réussi dans une région du monde, elle peut nous l’exposer pour que les experts participants du Moyen-Orient puissent en profiter ».

Le Dr Fatma Abdel-Rahmane Attiya, du ministère égyptien des Ressources hydrauliques et de l’Irrigation en Egypte et spécialiste en eaux souterraines, ne partage cependant pas le point de vue de Loay, et estime que le séminaire représente un pas en avant et que les discussions étaient très riches.

« On ne peut pas tout régler en un jour. Il existe des systèmes de gestion des eaux souterraines transfrontalières qui ont été exécutés dans quelques pays de la région. Malheureusement, ces systèmes n’ont pas été analysés ni évalués », indique le Dr Fatma.

« Je crois que lorsque les professionnels discutent et échangent leurs expériences, ils sont capables d’arriver à de très bons résultats », conclut-elle.

Dalia Abdel Salam

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Perry McCarty, lauréat du
 Prix de l’eau

L’Américain Perry L. McCarty (75 ans) a remporté le Prix de l’eau de Stockholm 2007 pour ses travaux sur le traitement des eaux usées. Professeur à l’université de Stanford en Californie, il est un pionnier dans la compréhension des processus chimiques et biologiques en matière de traitement de l’eau.

Le prix, qui comprend une somme de 150 000 dollars et une sculpture en verre, a été remis au professeur McCarty par Sa Majesté le roi Carl XVI Gustaf de Suède, le 16 août 2007 à Stockholm, durant la semaine mondiale de l’eau.

McCarty a été l’un des premiers à réaliser que « la voie de la nature est la meilleure ». Il affirme : « Notre défi a été de découvrir en quoi consiste cette voie et comment l’utiliser de façon positive pour contrôler les contaminants dans l’environnement ».

En effet, le travail du professeur McCarty a rendu plus efficaces les procédés de traitement biologique en général et les systèmes de traitement anaérobies (sans oxygène) des eaux municipales ou industrielles usées, en particulier. Ses travaux ont abordé de front le problème majeur des polluants et composés organiques présents dans les systèmes aquifères souterrains et les réseaux d’assainissement, ce qui a entraîné la mise au point et la mise en œuvre concrète de procédés de traitement des produits chimiques toxiques dans l’eau souterraine, notamment des polluants chlorés produits industriellement.

« On peut utiliser simplement les systèmes anaérobies pour traiter les eaux souterraines contaminées en quelques mois au lieu de quelques années. L’eau souterraine est une ressource très précieuse qui représente 98 % de l’eau dans le monde, et 50 % de la population mondiale en dépend pour l’eau potable », indique McCarty.

Selon lui, les défis liés à l’eau dans les pays en développement sont multiples mais il existe des techniques simples de traitement qui sont peu coûteuses et que les chercheurs essayent de disséminer dans les pays en développement.

 

Singapour voit loin

 

L’Organisme public de l’eau de Singapour, qui dépend du ministère de l’Environnement et connu sous le nom de PUB ou (Public Utilities Board), vient de recevoir le Prix de l’eau de Stockholm pour l’industrie, au cours d’une cérémonie tenue le 15 août, dans le cadre de la semaine mondiale de l’eau. Le prix renferme un certificat d’honneur et une représentation d’une goutte d’eau en cristal bleu.

« Il y a quelques années, Singapour souffrait de plusieurs problèmes liés à l’eau. Nous sommes une petite île de 700 km2, nous avons des pluies mais nous n’avons pas suffisamment de terre pour récupérer les pluies car on ne dispose pas d’eaux souterraines. Nous avons des fleuves mais l’eau des fleuves retourne vite à la mer et nous souffrons des crues et par la suite de pollution », explique M. Khoo Teng Chye, chef exécutif du PUB.

Pour résoudre ce problème, Singapour a mis en place une stratégie selon laquelle elle sera capable de profiter de chaque goutte d’eau. Cette stratégie est basée sur la coopération et la coordination de tous les corps de l’Etat.

« Nous avons établi 14 réservoirs et 3 autres sont en construction, dont un au centre-ville pour couvrir tout le territoire. Pour surmonter le problème des crues, nous avons creusé des canaux. Afin de lutter contre la pollution, nous avons mis en place des systèmes très stricts d’assainissement et de drainage sanitaire », poursuit M. Khoo.

Selon lui, Singapour applique un système très performant que tout le monde peut suivre. Système dont le recyclage des déchets liquides est le mot-clé.

« On essaye de contrôler le cycle de l’eau, car il est trop lent pour un pays dont la population et les nécessités de développement augmentent. C’est pourquoi nous avons pensé à l’initiative des nouvelles eaux ou New Water. Ce sont des eaux traitées que l’on garde sous terre pour les utilisations des industries électroniques ».

Avec le slogan « L’eau pour tout le monde », l’Organisme de l’eau de Singapour a réussi à fournir de l’eau pour aujourd’hui, et garantir l’eau pour les 100 ans à venir. Un exemple à suivre.

 

 




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