Semaine mondiale de l’eau.
L’eau souterraine transfrontalière de la région du
Moyen-Orient, ressource stratégique, souffre de nombreux
maux. Un séminaire sur ce thème a été tenu le 14 août à
Stockholm.
L’eau, source de conflits
Elles
sont toujours là mais invisibles. On en aura besoin, elles
sont justes sous nos pieds. Ce sont les eaux souterraines ou
les réserves stratégiques d’eau qui nécessitent une gestion
sage.
Dans les pays du Moyen-Orient, cette ressource souffre de
tous les maux : surexploitation, pollution, manque
d’informations, législations défaillantes et non appliquées.
La gestion, donc, des eaux souterraines aux frontières d’un
pays représente déjà un défi. Pire encore s’il s’agit d’eaux
souterraines transfrontalières qui passent par plusieurs
pays. Et l’affaire est de plus en plus compliquée quand ces
aquifères sont les seules sources naturelles d’eau douce.
Comment donc trouver un moyen pour gérer durablement les
eaux souterraines transfrontalières au Moyen-Orient ?
« En fait, ce thème n’a jamais pris l’ampleur qu’il mérite,
c’est pourquoi nous l’avons choisi pour la 5e édition de ce
séminaire Moyen-Orient durant la semaine mondiale 2007 »,
explique le Dr Anders Jägerskog, l’organisateur du séminaire
auprès de l’Institut international de l’eau de Stockholm,
SIWI.
Quatre présentations ont été faites durant la journée, pour
laisser plus de temps aux discussions.
Les présentations ont tourné autour des aspects techniques
du défi, comme le changement climatique, les impacts sociaux
et politiques comme les choix et leurs conséquences sur la
population, les modèles de gouvernance, et enfin, de ce qui
manque pour assurer une meilleure gouvernance.
La région était largement représentée dans ce séminaire, ce
qui est déjà un point fort.
Basema Bashir, de Palestine, affirme que laisser plus de
temps pour les discussions était important, pourtant, elle
espérait donner plus d’intérêt aux problèmes concrets liés à
l’eau des Palestiniens, qu’ils vivent au quotidien sous
l’occupation. « Les Israéliens absorbent toute notre eau
souterraine, ils ne nous laissent pas de quoi survivre en
termes d’eau potable, ce qui est contraire aux droits de
l’homme, et la communauté internationale se contente de
regarder ce qui se passe sans intervenir et en plus, on
essaye de parler de gouvernance. Quelle gouvernance ? », se
demande Basema.
Argument auquel le Dr Jägerskog répond que la cause
palestinienne en matière d’eau a tenu une large place dans
les quatre séminaires de ces 4 dernières années.
« Je crois que nous avons déjà donné suffisamment de temps à
la Palestine pour expliquer ses problèmes en eau mais les
sujets des séminaires doivent être variés », se défend le Dr
Jägerskog.
Pour le Jordanien Loay Froukh, le séminaire n’a fait que
présenter un problème que tout le monde connaît par cœur
sans apporter de solution.
« Tout le monde parle en général comment coopérer et gérer
sans donner d’exemples d’actions qui doivent être
entreprises. Le but d’un regroupement pareil est d’échanger
les expériences. Si, par exemple, l’Unesco a un projet
réussi dans une région du monde, elle peut nous l’exposer
pour que les experts participants du Moyen-Orient puissent
en profiter ».
Le Dr Fatma Abdel-Rahmane Attiya, du ministère égyptien des
Ressources hydrauliques et de l’Irrigation en Egypte et
spécialiste en eaux souterraines, ne partage cependant pas
le point de vue de Loay, et estime que le séminaire
représente un pas en avant et que les discussions étaient
très riches.
« On ne peut pas tout régler en un jour. Il existe des
systèmes de gestion des eaux souterraines transfrontalières
qui ont été exécutés dans quelques pays de la région.
Malheureusement, ces systèmes n’ont pas été analysés ni
évalués », indique le Dr Fatma.
« Je crois que lorsque les professionnels discutent et
échangent leurs expériences, ils sont capables d’arriver à
de très bons résultats », conclut-elle.
Dalia
Abdel Salam