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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Environnement

Semaine mondiale de l’eau. Elle s'est achevée le 18 août dans la capitale suédoise Stockholm, et a abordé de nombreux sujets, mais les discussions les plus chaudes ont tourné autour des changements climatiques, des installations sanitaires et des biocarburants. Compte rendu.

 Constats sans issues

« Progrès et perspectives dans le domaine de l’eau : lutter pour la durabilité dans un monde en changement », tel était le thème de la 17e édition annuelle de la semaine mondiale de l’eau. Plus de 70 activités entre séminaires, ateliers de travail et événements divers ont étés animés par des représentants de gouvernements et d’entreprises privées, des experts, des membres d’ONG et des responsables des Nations-Unies.

En effet, cette conférence devenue au fil des ans le plus grand rendez-vous mondial des experts en eau, a été officiellement inaugurée le 13 août par le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, le vice-maire de Stockholm Michael Soderlund, Anders Berntell, directeur exécutif de l’Institut international de l’eau à Stockholm SIWI (Voir sous-encadré), Anna Tibaijuka, directrice exécutive du UN-Habitat, et le professeur Perry McCarty, lauréat du Prix de l’eau de Stockholm. Quelque 2 500 experts venus de 140 pays ont enrichi les discussions durant le Forum de Stockholm. La question du réchauffement climatique et sa relation avec le manque d’eau a été au centre des débats.

Selon SIWI, au cours de la décennie 1996-2005, environ 80 % des catastrophes naturelles étaient d’origine météorologique ou hydraulique. Et les inondations, qui ont affecté en moyenne 66 millions de personnes annuellement entre 1973 et 1997, sont les catastrophes naturelles qui ont fait le plus de dégâts.

« En effet, cette journée était très intéressante. Durant l’une des sessions, j’ai entendu dire que l’adaptation au changement climatique veut dire une meilleure gestion des ressources hydrauliques », commente Carlo Giupponi, de l’Université de Milan en Italie, qui participe à la semaine pour la première fois. Il a ajouté que durant les sessions sur le changement climatique, il a remarqué que l’eau est la ressource naturelle qui souffrira le plus du réchauffement. « On aura plus de chaleur, moins d’eau, plus de sécheresse, moins de zones humides. C’était vraiment très important », poursuit Carlo.

Selon Gabbar Qaqos, du ministère des Ressources hydrauliques du gouvernement iraqien responsable du secteur du Kurdistan, la semaine mondiale de l’eau est une opportunité pour discuter des causes relatives à l’eau afin de préparer le terrain à des suggestions qui puissent régler les problèmes de l’eau et les transmettre aux organisations internationales. « Je suis venu spécialement pour assister au séminaire du Moyen-Orient concernant les eaux souterraines transfrontalières. J’étais vraiment surpris d’apprendre qu’il y a des pays qui ont avancé dans ce domaine, comme l’Egypte, la Jordanie et Israël », signale Gabbar. Il déplore cependant que la semaine ait été plus académique que pratique. « Comme je suis ingénieur, je me penche plus sur tout ce qui est pratique. Ce sont plutôt les projets concernant l’irrigation, les barrages qui m’intéressent, mais malheureusement, je n’ai pas trouvé, lors de cette semaine, d’occasions de mettre en avant les applications pratiques », indique Gabbar.

Ce genre de conférences donne, en effet, la chance aux participants de se mettre au courant des avancées dans le domaine de l’eau, surtout pour ceux qui viennent des pays africains isolés des grands événements. C’est le cas de Laura Sustersic, Allemande qui vit en Zambie et qui travaille pour la Coopération allemande pour le développement. « La semaine est pour nous une occasion géniale d’être au courant de toutes les nouveautés dans le domaine de l’eau, une chance qui nous manque en Afrique », déplore Laura.

La problématique biocarburants

Qui dit sécheresse donc dit réchauffement et qui dit réchauffement implique inévitablement la question des biocarburants, dont la production à grande échelle est très gourmande en eau.

En effet, les biocarburants ont été étudiés de près car le problème lié à l’eau concerne directement la production des cultures nécessaires à ces sources d’énergie, au détriment de la production des cultures nécessaires à la nutrition de la population. Cela veut dire que produire des carburants qui respectent l’environnement et éradiquent la pollution pourra entraîner des famines parmi certains peuples. Selon le professeur Jan Lundquist, président du comité du programme scientifique au SIWI, cette question de biocarburant a fait l’objet d’un séminaire le 12 août, comme il a été également abordé le jour d’après. « Les discussions ont révélé qu’il y aura une compétition entre la terre et l’eau ou plus précisément entre la production de la nourriture et celle des cultures nécessaires pour produire les biocarburants et la bioénergie. Si la demande des biocarburants augmente vite, cela veut dire qu’il y aura beaucoup plus de terrains et beaucoup plus d’eau utilisés pour produire les biocarburants et par conséquent, il ne restera que moins de terrains et moins d’eau pour la culture de la nourriture ainsi que pour subvenir aux besoins de l’écosystème », prévient le professeur Lundquist.

Il a de même ajouté que la situation dans le monde implique que la demande d’énergie est en augmentation constante. « D’ici 2040 ou 2050, la demande pour toutes sortes d’énergies, biologique, fossile ou même nucléaire, sera multipliée par 3 ».

Par ailleurs, avec l’intitulé « Dépêchez-vous ! 2,6 milliards de gens font la queue pour les toilettes », la semaine mondiale de l’eau a aussi voulu avec humour attirer l’attention sur l’urgence de développer les installations sanitaires dans les pays dépourvus. Les statistiques révèlent que la moitié de la population mondiale n’a pas accès à des réseaux d’égout. Et cette affaire a fait le sujet d’un séminaire organisé par le programme de l’eau des Nations-Unies UN-Water en vue de préparer le plan d’action de l’année internationale de l’assainissement 2008. Ainsi que de nombreux autres thèmes, parmi lesquels la question des investissements par les banques et les entreprises dans le secteur de l’eau ou encore la coopération entre Etats voisins sur la gestion de l’eau.

Des sujets variés donc, riches, illustrés par des chercheurs aguerris, en mal cependant d’actions concrètes ... .

Dalia Abdel-Salam

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L’Institut
international de l’eau de Stockholm (SIWI)

Le SIWI est une organisation scientifique, technique et de sensibilisation qui contribue aux efforts internationaux destinés à combattre la crise mondiale de l’eau.

Le SIWI facilite la recherche, accroît la compréhension et stimule les actions qui concernent l’eau au niveau mondial. C’est une organisation qui a été parrainée par la Stockholm Water Company, et qui est devenue un institut international indépendant sur l’eau à brève échéance.

Axé sur l’interdisciplinarité tout en s’appuyant sur ses origines locales et une perspective globale, le travail du SIWI est basé sur la connaissance et l’expérience obtenues après des années d’activités innovantes en eau à Stockholm et sur une collaboration étroite avec les universités, les entreprises techniques et les institutions scientifiques du monde entier.

Le SIWI organise et administre la semaine mondiale de l’eau, depuis 1991, ainsi que différents prix destinés à soutenir les efforts dans le domaine de la protection des eaux, tout autour du monde. Le plus connu est le prestigieux « Prix de l’eau de Stockholm », véritable prix Nobel de l’eau qui est attribué depuis 1991.

 

 




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