Al-Ahram Hebdo, Enquête | Place à l’accalmie
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Enquête

Bourse . Après une semaine sombre, elle reprend tant bien que mal son activité, surtout suite au rebondissement des marchés internationaux.

Place à l’accalmie

Son indice, le Case 30, rassemblant les 30 actions les plus actives, a légèrement rebondi dimanche à 7 812 points (+ 0,19 %) avant de clôturer lundi à 7 644 points (-2,15 %). Alors qu’il avait perdu la semaine dernière 4,7 % en une seule journée.

Cela s’inscrit dans la droite ligne de la hausse des marchés asiatiques, européens et américains. En effet, ces derniers ont applaudi la décision de la Réserve fédérale américaine (FED), prise le 18 août, de baisser son taux d’escompte de 0,50 point à 5,75 % et d’injecter 6 milliards de dollars sur le marché. Aux Etats-Unis, l’indice Dow Jones a gagné 1,82 % et le Nasdaq 2,20 %. L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a démarré la séance de lundi 20 août en très forte hausse (3 %). « Les investisseurs ont été rassurés de voir que la FED était derrière les banques, et répondait à sa fonction d’assurer la stabilité du système financier. Il y a toujours une possibilité que les conditions financières soient suffisamment revenues à la normale d’ici le 18 septembre pour que la FED maintienne ses taux inchangés », souligne John Loski, de la société de courtage Moody’s Investors Service. Cette tendance à la hausse se répercute sur le retour de la confiance des investisseurs étrangers, qui ont équilibré leurs opérations de vente et d’achat sur le marché égyptien pour stopper la fuite des capitaux. Leurs ventes ont atteint 134 millions de L.E. contre des achats de 128 millions de L.E. la semaine dernière. La semaine dernière encore, cet écart s’élevait à presque 150 millions de L.E. en faveur des ventes. « Les cours des actions sont devenus pour les étrangers plus attractifs après les chutes de la semaine dernière », explique Essam Khalifa, directeur du fonds d’investissement Al-Ahli.

 

Sévère purge

En effet, la deuxième semaine d’août a été particulièrement jalonnée par les mauvaises performances, non seulement de la Bourse égyptienne mais aussi des places financières internationales. Ces dernières ont été largement secouées par la crise du manque de liquidité et de l’incapacité des fonds de gestion immobilière de rembourser leurs prêts à cause des taux d’intérêts trop élevés. Aux Etats-Unis, les investisseurs ont cherché à réduire leur endettement et ont fui les investissements risqués ; les places financières ont toutes subi une sévère purge depuis un mois. A Wall Street, le Dow Jones est descendu de plus de 10 % par rapport à son sommet historique atteint mi-juillet. La Bourse de Paris avait terminé à son plus bas niveau de l’année (-3,26 %) et celle de Londres chutait de 4,10 %. Cette situation s’est répercutée à son tour sur la Bourse égyptienne. « Les récentes turbulences du marché sont le résultat d’un problème de confiance. L’incertitude a poussé les investisseurs à liquider leurs actifs dans les marchés émergents, y compris l’Egypte, pour se rabattre sur des titres moins exposés aux risques », explique Maha Baligh, directrice générale de la gestion de portefeuilles auprès du groupe financier EFG-Hermes.

Pour sa part, Essam Khalifa explique que les actions qui possèdent des certificats GDR à Londres telles que Orascom Telecom et Orascom construction et industrie étaient les plus soumises à la vente. « La hausse des cours de ces dernières sur le marché égyptien par rapport à son prix à Londres a poussé les étrangers à liquider leurs titres sur le marché national pour compenser leurs pertes. C’est ce qu’on appelle les opérations d’arbitrage. Ces opérations ont conduit le marché à la baisse », rétorque-t-il. Or, d’autres experts financiers assurent que l’effet des étrangers reste limité sur la Bourse égyptienne. « Les investisseurs européens et américains ne représentent que 20 % du total des échanges des étrangers, les Arabes détiennent les 80 % restants. Leur impact existe mais reste limité », explique Khaled Abou-Heif, directeur général du groupe financier CIBC, qui écarte la possibilité d’une vague de chute. « Cette chute est temporaire car elle revient aux facteurs extérieurs. Tous les indicateurs économiques nationaux sont performants. A titre d’exemple, les résultats des sociétés au premier semestre de l’année ont presque doublé », rassure-t-il.

Gilane Magdi

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L’immobilier à l’origine de la tourmente

La crise de l’hypothèque immobilière aux Etats-Unis a été au centre de la crise qui a touché les places financières, il y a deux semaines. Les prêts hypothécaires (Mortgages en anglais) ont été consentis à des millions de ménages américains à la situation financière fragile, alors que la bulle immobilière battait son plein aux Etats-Unis au début des années 2000. Le fait qu’ils étaient assortis de taux d’intérêts élevés dans un environnement de faible rémunération de l’argent, les rendaient particulièrement attirants pour les banques et les investisseurs. Mais le retournement du marché immobilier a transformé cette poule aux œufs d’or en nasse, tant pour les acheteurs de logement que pour les banques. Celles-ci ont participé aux mécanismes de financement soit en prêtant directement soit en refinançant des prêts sur le marché des produits. « L’appétit très diminué des marchés financiers pour les prêts adossés à des emprunts hypothécaires a provoqué une interruption des opérations sur le marché de la titrisation, soit le processus qui consiste à décomposer des prêts en de multiples titres financiers », a souligné l’agence de notation financière Standard and Poor’s. Cette crise s’est propagée sur les autres marchés européens et asiatiques en créant un état d’incertitude chez les investisseurs. Pour freiner la crise, la Réserve fédérale américaine (FED) est intervenue pour la première fois pour baisser son taux d’escompte de 0,50 % à 5,75 %. Elle a également injecté 38 milliards de dollars sur le marché. Une intervention, la plus importante depuis la période qui avait suivi les attentats de septembre 2001, qui témoigne de l’ampleur des problèmes financiers dérivés. Les Banques Centrales européennes et asiatiques ont emboîté le pas. La Banque Centrale japonaise a injecté lundi 8,8 milliards de dollars sur les marchés monétaires pour limiter la hausse des taux d’intérêts.

G. M.

 




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