Bourse . Après une
semaine sombre, elle reprend tant bien que mal son activité, surtout suite au
rebondissement des marchés internationaux.
Place à l’accalmie
Son
indice, le Case 30, rassemblant les 30 actions les plus actives, a légèrement
rebondi dimanche à 7 812 points (+ 0,19 %) avant de clôturer lundi à 7 644
points (-2,15 %). Alors qu’il avait perdu la semaine dernière 4,7 % en une
seule journée.
Cela
s’inscrit dans la droite ligne de la hausse des marchés asiatiques, européens
et américains. En effet, ces derniers ont applaudi la décision de la Réserve
fédérale américaine (FED), prise le 18 août, de baisser son taux d’escompte de
0,50 point à 5,75 % et d’injecter 6 milliards de dollars sur le marché. Aux
Etats-Unis, l’indice Dow Jones a gagné 1,82 % et le Nasdaq 2,20 %. L’indice
Nikkei de la Bourse de Tokyo a démarré la séance de lundi 20 août en très forte
hausse (3 %). « Les investisseurs ont été rassurés de voir que la FED était
derrière les banques, et répondait à sa fonction d’assurer la stabilité du
système financier. Il y a toujours une possibilité que les conditions
financières soient suffisamment revenues à la normale d’ici le 18 septembre
pour que la FED maintienne ses taux inchangés », souligne John Loski, de la
société de courtage Moody’s Investors Service. Cette tendance à la hausse se
répercute sur le retour de la confiance des investisseurs étrangers, qui ont
équilibré leurs opérations de vente et d’achat sur le marché égyptien pour
stopper la fuite des capitaux. Leurs ventes ont atteint 134 millions de L.E.
contre des achats de 128 millions de L.E. la semaine dernière. La semaine
dernière encore, cet écart s’élevait à presque 150 millions de L.E. en faveur
des ventes. « Les cours des actions sont devenus pour les étrangers plus
attractifs après les chutes de la semaine dernière », explique Essam Khalifa,
directeur du fonds d’investissement Al-Ahli.
Sévère purge
En
effet, la deuxième semaine d’août a été particulièrement jalonnée par les
mauvaises performances, non seulement de la Bourse égyptienne mais aussi des
places financières internationales. Ces dernières ont été largement secouées
par la crise du manque de liquidité et de l’incapacité des fonds de gestion
immobilière de rembourser leurs prêts à cause des taux d’intérêts trop élevés. Aux
Etats-Unis, les investisseurs ont cherché à réduire leur endettement et ont fui
les investissements risqués ; les places financières ont toutes subi une sévère
purge depuis un mois. A Wall Street, le Dow Jones est descendu de plus de 10 %
par rapport à son sommet historique atteint mi-juillet. La Bourse de Paris
avait terminé à son plus bas niveau de l’année (-3,26 %) et celle de Londres
chutait de 4,10 %. Cette situation s’est répercutée à son tour sur la Bourse
égyptienne. « Les récentes turbulences du marché sont le résultat d’un problème
de confiance. L’incertitude a poussé les investisseurs à liquider leurs actifs
dans les marchés émergents, y compris l’Egypte, pour se rabattre sur des titres
moins exposés aux risques », explique Maha Baligh, directrice générale de la
gestion de portefeuilles auprès du groupe financier EFG-Hermes.
Pour
sa part, Essam Khalifa explique que les actions qui possèdent des certificats
GDR à Londres telles que Orascom Telecom et Orascom construction et industrie
étaient les plus soumises à la vente. « La hausse des cours de ces dernières
sur le marché égyptien par rapport à son prix à Londres a poussé les étrangers
à liquider leurs titres sur le marché national pour compenser leurs pertes. C’est
ce qu’on appelle les opérations d’arbitrage. Ces opérations ont conduit le
marché à la baisse », rétorque-t-il. Or, d’autres experts financiers assurent
que l’effet des étrangers reste limité sur la Bourse égyptienne. « Les
investisseurs européens et américains ne représentent que 20 % du total des
échanges des étrangers, les Arabes détiennent les 80 % restants. Leur impact
existe mais reste limité », explique Khaled Abou-Heif, directeur général du
groupe financier CIBC, qui écarte la possibilité d’une vague de chute. « Cette
chute est temporaire car elle revient aux facteurs extérieurs. Tous les
indicateurs économiques nationaux sont performants. A titre d’exemple, les
résultats des sociétés au premier semestre de l’année ont presque doublé »,
rassure-t-il.
Gilane Magdi