Al-Ahram Hebdo, Egypte | Une chance pour la culture arabe
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Egypte

UNESCO. L’Egypte se mobilise pour soutenir la candidature de son ministre de la Culture, Farouk Hosni, au poste de directeur général, vacant en 2009. Le chemin est encore long mais les intellectuels sont confiants.

Une chance pour la culture arabe

L’Egypte a pris de court tout le monde en devenant le premier pays à présenter son candidat, l’actuel ministre de la Culture, Farouk Hosni, à la direction générale de l’Unesco. Assurée actuellement par le Japonais Koichiro Matsuura, la direction de la prestigieuse agence des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture basée à Paris, sera vacante en 2009, mais le processus de nomination s’ouvre dès maintenant.

Lors d’une conférence de presse la semaine dernière, Farouk Hosni a annoncé la formation de son équipe de campagne regroupant sept intellectuels bien connectés dans les sphères culturelles arabes et internationales. L’équipe regroupe notamment le président de l’Union des écrivains arabes, Mohamed Salmawy, le président de l’Organisme des antiquités Zahi Hawas, et l’ancien diplomate Moustapha Al-Fiqi. Hosni a insisté sur le fait que sa candidature devra bénéficier de l’unanimité arabe « pour éviter les mauvaises tactiques des dernières élections lorsque l’Egypte et l’Arabie saoudite ont présenté chacune son candidat, ce qui a dispersé les voix du bloc arabe au sein de l’organisation ».

En 2003, Matsuura a été élu face à 11 autres candidats dont le Saoudien Ghazi Al-Qosseibi et l’Egyptien Ismaïl Séragueddine. Ce dernier n’était pas officiellement soutenu par l’Egypte, qui s’est engagée au sein de la Ligue arabe en faveur du candidat saoudien. Le sujet sera mis sur la table lors de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères, prévue le 5 septembre, et celle des ministres arabes de la Culture, prévue en Algérie en novembre. La diplomatie égyptienne est déjà active auprès des ambassades et des organisations internationales pour assurer un soutien international à la candidature de Hosni. Déjà les messages confidentiels de soutien sont annoncés. « Le président Moubarak s’est entendu avec son homologue français à propos de ma candidature. Le soutien initial de la France est de bon augure, surtout que la France est le siège de l’Unesco, mais c’est un travail de longue haleine », a dit Hosni. Mais, tout en comptant sur les bonnes relations qu’il a tissées au cours de sa carrière à la tête du ministère de la Culture, et bien avant, Farouk Hosni met surtout en avant le soutien officiel de l’Egypte, notamment les contacts diplomatiques. Les intellectuels sont optimistes quant aux chances de Hosni de l’emporter, d’autant plus que ce n’est pas la première fois que l’Egypte voit l’un des siens à la tête d’une instance internationale. De 1992 à 1996, Boutros Boutros-Ghali a occupé le poste de secrétaire général des Nations-Unies, actuellement, un autre Egyptien, Mohamad Al-Baradeï, est à la tête de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Mais cette fois, c’est de la culture arabe qu’il s’agit, une culture qui a besoin plus que jamais d’être mise en avant et réintroduite en Occident. L’Unesco s’intéresse à la préservation du patrimoine mondial, mais aussi se donne pour mission de « construire la paix dans l’esprit des hommes à travers l’éducation, la science, la culture et la communication ».

Un bon choix

L’écrivain Gamal Al-Ghitani estime que ce serait un grand intérêt pour la culture arabe. « Quelles que soient les divergences personnelles ou idéologiques qui opposent Farouk Hosni à un nombre d’intellectuels, ces derniers doivent le soutenir pour occuper ce poste. Il y a grand intérêt à voir un Arabe occuper ce poste », a-t-il affirmé. « Vu la personnalité du ministre, ses réalisations au service de la culture, et ses relations avec beaucoup d’intellectuels de calibre international, je crois que c’est un bon choix », insiste Al-Ghitani. En effet, les experts de l’Unesco ont connaissance de l’œuvre de Hosni dans la restauration des antiquités égyptiennes, la rénovation et la construction de musées et son travail pour sauver Le Caire fatimide et ses sites menacés suite au tremblement de terre qui a frappé le pays en 1992. « C’est l’ancien président de l’Unesco, Federico Mayor, qui m’a donné l’idée de proposer ma candidature à la fin de son mandat en 2002 », confie Hosni. Née le 16 novembre 1945, Farouk Hosni est le ministre le plus ancien de l’actuelle équipe gouvernementale.

Diplômé de beaux-arts, il a séjourné plusieurs années en Europe pour pratiquer son art. Dans les années 1970, il devient tour à tour président du bureau culturel attaché à l’ambassade égyptienne à Paris, président de l’Académie égyptienne des arts à Rome, avant d’être nommé ministre de la Culture en 1987. A ceux qui ont interprété l’investiture de Hosni comme un moyen de l’évincer en douceur, le ministre a rétorqué : « Le poids que me confère mon poste est important pour faire campagne, même s’il y a d’ici là un remaniement ministériel, il est logique que je sois épargné. Je suis le candidat de l’Egypte ».

Chérif Albert

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