Al-Ahram Hebdo, Egypte | Le Caire accentue la pression
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Egypte

Diplomatie. Tandis qu’une conférence internationale sur la paix au Proche-Orient doit se tenir en automne, l’Egypte a décidé de suspendre provisoirement sa médiation entre le Fatah et le Hamas afin d’accroître la pression sur le groupe islamiste.

Le Caire accentue la pression

L’Egypte a arrêté sa médiation dans le conflit inter-palestinien. Ce ne sont pas des bruits qui courent mais les propos du chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass. Interrogé à propos d’une médiation égyptienne dans le bras de fer qui oppose le Fatah au Hamas, Abou-Mazen a répondu : « Il n’y a aucune médiation. Le Hamas doit d’abord rétablir la situation dans le secteur de Gaza et la ramener à ce qu’elle était avant son occupation. A ce moment-là seulement, on pourra parler de médiation ». L’Egypte s’est toujours posée en tant que médiateur, d’une part dans le conflit israélo palestinien et d’autre part entre les factions palestiniennes. C’est dans ce contexte que plusieurs réunions élargies ont été tenues au Caire entre le Hamas et le Fatah. Une délégation sécuritaire égyptienne se trouvait en permanence à Gaza. Le Caire a contribué dans une large mesure au rapprochement des points de vue entre les deux groupes rivaux et à la formation du gouvernement d’union nationale. Mais les récents événements et la chute de la bande de Gaza aux mains du Hamas ont changé la donne. En effet, ni Mahmoud Abbass ni l’Egypte ne souhaitent que des contacts soient menés dans l’immédiat avec le Hamas. Car ceci aurait pour conséquence de sortir le groupe islamiste de son isolement. « L’Egypte souhaite bien sûr reprendre ses efforts de médiation entre les différentes parties palestiniennes, mais à condition que les deux camps cessent la violence », affirme une source diplomatique qui a requis l’anonymat. Et de poursuivre : « Nous avons besoin de temps pour calmer les esprits et créer un climat adéquat pour mener une médiation entre le Hamas et l’Autorité palestinienne et régler les différends ». En réalité, l’objectif est de soumettre le Hamas à un maximum de pressions. Depuis les confrontations sanglantes entre le Fatah et le Hamas, la chute du secteur de Gaza aux mains du Hamas et la dissolution du gouvernement d’union nationale, le Hamas est soumis à un impitoyable blocus militaire et économique par Israël. Sans compter que tous les ponts sont coupés entre le groupe islamiste et la communauté internationale. Tandis qu’une conférence internationale sur la paix au Proche-Orient, organisée à l’initiative des Etats-Unis, doit se tenir en automne, la décision du Caire apparaît comme une tentative visant à affaiblir le Hamas afin que celui-ci se plie aux conditions du président Abbass. Le Caire estime en effet que le facteur temps joue contre le Hamas. Engager des négociations immédiatement avec le Hamas reviendrait à lui donner l’occasion de « respirer ». Ce désengagement de l’Egypte est donc une manœuvre tactique visant à accroître la pression sur le Hamas. Mais Le Caire ne tardera pas à renouer avec son rôle de médiateur. Un rôle dicté par ses intérêts dans la région. Si Le Caire souhaite mettre le Hamas sous pression, il ne veut pas totalement exclure le groupe islamiste. L’Egypte s’inquiète en effet de la détérioration de la situation dans les territoires palestiniens, qui pourrait se répercuter négativement sur l’Egypte notamment sur le plan sécuritaire.

D’autre part, la situation humanitaire dans les territoires palestiniens est elle aussi source d’inquiétude pour l’Egypte. Le Caire ne peut se permettre d’abandonner son statut de médiateur, qui fait de lui un interlocuteur important dans la région. Un désengagement de l’Egypte signifierait qu’elle perde du terrain au profit de la Jordanie et de l’Arabie saoudite.

Chérif Ahmed

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