Al-Ahram Hebdo, Economie | S’unir pour la force
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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Economie

Sociétés publiques d’assurance . Un plan de fusion en une grande entité a été dévoilé. Le but est d’en faire la plus grande entité du Moyen-Orient capable de concurrencer ses rivales privées.

S’unir pour la force

Créer la plus grande société d’assurance du Moyen-Orient. C’est l’objectif que le gouvernement veut atteindre via la fusion des 4 sociétés publiques d’ici un an. L’annonce a été faite par le ministre de l’Investissement devant une foule de journalistes qui l’accompagnaient lors d’une tournée dans le sud du pays. Cette « société championne », comme il l’a appelée, serait plus tard cible d’une privatisation partielle. Pour le moment, elle resterait publique. « Le gouvernement doit avoir une société d’assurance forte et compétente comme dans toutes les économies », explique le jeune ministre. « C’est indispensable pour l’Etat. Elle jouera certains rôles importants, comme assurer certaines cargaisons de valeur ou encore assurer des fonds de pensions pour certains organismes de l’Etat comme l’armée », renchérit Mahmoud Abdallah, PDG de la Société holding de l’assurance, elle-même récemment créée pour regrouper les sociétés publiques.

Mars 2008 est une date promise pour dévoiler plus de détails. Mohieddine révèle d’ailleurs qu’une partie des actions de la nouvelle entité pourrait être émise en Bourse, ce qu’on appelle une souscription générale initiale (IPO), « mais jamais à un investisseur principal, car on ne manque pas d’expertise », a-t-il affirmé. Pour arriver à ces conclusions, le gouvernement avait, en novembre 2005, eu recours à des maisons d’expertise internationales pour étudier le marché égyptien de l’assurance. L’étude a établi une comparaison entre le marché égyptien et d’autres marchés émergents plus avancés dans le domaine comme celui du Mexique, de Malaisie, de Chine et du Chili. Selon l’étude, il a été déduit que le capital de ces sociétés d’assurance doit être doublé. Passant donc à 4 milliards de L.E., pour atteindre un minimum de 2 % du PIB, à l’instar des autres pays. Il n’a pas encore été déterminé d’où viendrait cette somme, mais Mohieddine semble être déterminé à l’injecter à travers la création d’un consortium égyptien ou en ayant recours à la Bourse. Le ministère des Finances pourrait simplement combler le fossé. « Toutes les alternatives sont ouvertes », assure Mahmoud Abdallah.

Consolidation tardive

Le gouvernement a déjà procédé à une réforme des sociétés d’assurance. En mars dernier, par exemple, la société Misr pour la gestion des actifs immobiliers a été créée afin de tirer le maximum de profits des actifs appartenant aux sociétés publiques d’assurance. Celles-ci possèdent, en fait, des bâtiments historiques au centre-ville dont la valeur peut considérablement grimper en cas de bonne gestion. En ce qui concerne l’activité principale des sociétés, à savoir l’assurance vie, assurance sur les voitures ou contre les incendies, Mahmoud Abdallah note qu’elles ont toutes besoin d’être améliorées, pour concurrencer leurs rivales privées présentes sur le marché.

Reste que cette consolidation des entreprises publiques d’assurance est jugée trop tardive. Depuis que la porte a été ouverte au secteur privé en 1998, les sociétés publiques n’ont pas cessé de perdre leur part du marché et il est prévu que la tendance se poursuive. « La part des sociétés publiques régresse d’environ 5 % par an », note Mahmoud Abdallah. Le nombre des sociétés privées a atteint 21, dont plusieurs sont des filiales de multinationales étrangères. Elles ont lancé sur le marché égyptien les mêmes produits d’assurance que leurs maisons mères offrent sur le marché international, notamment en ce qui concerne l’assurance vie. Ces entreprises, avec en tête Allianz assurance vie, la société américaine Pharaonic American Life Alico, la société d’assurance de la banque NSGB, la société d’assurance de la banque CIB, Commercial International Life (CIL), ainsi que Ace Life doivent désormais envisager un rival solide. Car il est temps que l’équation change.

Marwa Hussein

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