Sociétés publiques d’assurance .
Un plan de fusion en une grande entité a été dévoilé. Le
but est d’en faire la plus grande entité du Moyen-Orient
capable de concurrencer ses rivales privées.
S’unir pour la force
Créer
la plus grande société d’assurance du Moyen-Orient. C’est
l’objectif que le gouvernement veut atteindre via la fusion
des 4 sociétés publiques d’ici un an. L’annonce a été faite
par le ministre de l’Investissement devant une foule de
journalistes qui l’accompagnaient lors d’une tournée dans le
sud du pays. Cette « société championne », comme il l’a
appelée, serait plus tard cible d’une privatisation
partielle. Pour le moment, elle resterait publique. « Le
gouvernement doit avoir une société d’assurance forte et
compétente comme dans toutes les économies », explique le
jeune ministre. « C’est indispensable pour l’Etat. Elle
jouera certains rôles importants, comme assurer certaines
cargaisons de valeur ou encore assurer des fonds de pensions
pour certains organismes de l’Etat comme l’armée »,
renchérit Mahmoud Abdallah, PDG de la Société holding de
l’assurance, elle-même récemment créée pour regrouper les
sociétés publiques.
Mars
2008 est une date promise pour dévoiler plus de détails.
Mohieddine révèle d’ailleurs qu’une partie des actions de la
nouvelle entité pourrait être émise en Bourse, ce qu’on
appelle une souscription générale initiale (IPO), « mais
jamais à un investisseur principal, car on ne manque pas
d’expertise », a-t-il affirmé. Pour arriver à ces
conclusions, le gouvernement avait, en novembre 2005, eu
recours à des maisons d’expertise internationales pour
étudier le marché égyptien de l’assurance. L’étude a établi
une comparaison entre le marché égyptien et d’autres marchés
émergents plus avancés dans le domaine comme celui du
Mexique, de Malaisie, de Chine et du Chili. Selon l’étude,
il a été déduit que le capital de ces sociétés d’assurance
doit être doublé. Passant donc à 4 milliards de L.E., pour
atteindre un minimum de 2 % du PIB, à l’instar des autres
pays. Il n’a pas encore été déterminé d’où viendrait cette
somme, mais Mohieddine semble être déterminé à l’injecter à
travers la création d’un consortium égyptien ou en ayant
recours à la Bourse. Le ministère des Finances pourrait
simplement combler le fossé. « Toutes les alternatives sont
ouvertes », assure Mahmoud Abdallah.
Consolidation tardive
Le gouvernement a déjà procédé à une réforme des sociétés
d’assurance. En mars dernier, par exemple, la société Misr
pour la gestion des actifs immobiliers a été créée afin de
tirer le maximum de profits des actifs appartenant aux
sociétés publiques d’assurance. Celles-ci possèdent, en
fait, des bâtiments historiques au centre-ville dont la
valeur peut considérablement grimper en cas de bonne
gestion. En ce qui concerne l’activité principale des
sociétés, à savoir l’assurance vie, assurance sur les
voitures ou contre les incendies, Mahmoud Abdallah note
qu’elles ont toutes besoin d’être améliorées, pour
concurrencer leurs rivales privées présentes sur le marché.
Reste que cette consolidation des entreprises publiques
d’assurance est jugée trop tardive. Depuis que la porte a
été ouverte au secteur privé en 1998, les sociétés publiques
n’ont pas cessé de perdre leur part du marché et il est
prévu que la tendance se poursuive. « La part des sociétés
publiques régresse d’environ 5 % par an », note Mahmoud
Abdallah. Le nombre des sociétés privées a atteint 21, dont
plusieurs sont des filiales de multinationales étrangères.
Elles ont lancé sur le marché égyptien les mêmes produits
d’assurance que leurs maisons mères offrent sur le marché
international, notamment en ce qui concerne l’assurance vie.
Ces entreprises, avec en tête Allianz assurance vie, la
société américaine Pharaonic American Life Alico, la société
d’assurance de la banque NSGB, la société d’assurance de la
banque CIB, Commercial International Life (CIL), ainsi que
Ace Life doivent désormais envisager un rival solide.
Car il
est temps que l’équation change.
Marwa
Hussein