Al-Ahram Hebdo, Economie | Mahmoud Mohieddine
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Economie

Privatisation . En charge de ce très sensible dossier, Mahmoud Mohieddine, ministre de l’Investissement, conteste les accusations dont il est l’objet et réaffirme son plan de gestion des actifs du secteur public.

« Les contestataires lancent des idées
sans réfléchir aux faisabilités économiques »

Al-Ahram Hebdo : Les critiques vont bon train sur l’accélération du programme de privatisation depuis votre nomination en juillet 2004. Que dites-vous de la récente montée de la contestation contre la privatisation ?

Mahmoud Mohieddine : Je veux dire qu’à peine 7 entreprises publiques ont été vendues depuis ma nomination. Alors que la réduction du nombre des entreprises publiques est surtout due à des fusions. J’annonce dès maintenant que la plus grande vague de fusions aura lieu en 2008. Elle visera à renforcer de grandes entreprises et aussi à sauver les petites. Outre ces 7 ventes, 6 entreprises vendues dans un premier temps au secteur privé sont revenues sous la tutelle du ministère et 5 d’entre elles ont été vendues aux Unions des employés. La sixième, Qaha, avait été vendue à un investisseur principal qui l’a mal géré. Je pouvais très bien ne pas la reprendre, surtout qu’elle n’a pas été vendue quand j’étais aux commandes. Mais mon travail n’est pas simplement de vendre les entreprises. Il consiste à bien gérer les actifs de l’Etat, ce qui peut parfois signifier faire appel à davantage d’investissements en cas de besoin.

— Mais certains de ces nouveaux investissements publics sont mal perçus. Comme, par exemple, la construction d’un hôtel public dans un village de Sohag. Comme si cela était le plus urgent dans le gouvernorat le plus pauvre d’Egypte …

— Sohag avait vraiment besoin de cet hôtel, des investisseurs qui ont des projets dans les zones industrielles de Sohag ne trouvent pas de lieu pour séjourner. De plus, l’existence de cet hôtel peut également mener à un épanouissement touristique de la région, surtout qu’elle dispose d’importants monuments pharaoniques. Cet hôtel permettra de relancer l’activité économique dans cette zone.

— Ne croyez-vous pas que c’est trop attendre d’un hôtel ? N’est-il pas indispensable qu’il y ait une vision plus globale concernant les investissements à Sohag ?

— L’hôtel n’est pas le seul projet à Sohag. Le plus important sera la construction d’une autoroute reliant les gouvernorats d’Assiout et de Sohag au port de Safaga, sur la mer Rouge. Les travaux de ce projet ont déjà commencé et les ressources nécessaires lui ont déjà été allouées. En plus, le gouvernement va construire un port dans le village de Balyana, où l’hôtel sera construit, outre trois écoles, comme l’a réclamé le gouverneur de Sohag. Par ailleurs, on s’attend à ce que des investisseurs viennent réaliser des projets dans le domaine du textile et de l’agroalimentaire à Sohag, vu les cultures qui y existent en plus des avantages que le gouvernement accorde aux investisseurs à leurs projets dans le Sud. A cela s’ajoute que les sommes allouées à la construction de l’hôtel ne sont pas énormes, il s’agit de quelque 40 millions de L.E., et sa gestion sera accordée au secteur privé. 

— Quelques privatisations récentes, comme celle de la Banque du Caire, vous ont valu des critiques acharnées. Des voix ont d’ailleurs appelé à une souscription publique à la place de la vente à un investisseur étranger de cette entité. Qu’en dites-vous ?

— C’est un appel des plus illogiques. Les contestataires lancent des idées sans réfléchir aux faisabilités économiques. Les règles de souscription en Bourse ne permettent pas une souscription publique pour la totalité des actions de la banque. Moi, je ne regrette pas ces privatisations malgré toutes ces critiques. Je crois qu’il s’agit de bonnes décisions du point de vue économique. La vente de Omar Effendi m’a valu de fortes critiques mais je suis convaincu que le gouvernement n’a pas besoin de gérer des chaînes de magasins de détail. Le problème en Egypte est qu’il est difficile de mener une vraie discussion. Tout est sujet au préjugé : la privatisation est du gaspillage et la vente à un investisseur étranger est une trahison.

Propos recueillis par
Marwa Hussein

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