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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Société. Comme beaucoup d’autres, une de nos lectrices appelle nos responsables à régler définitivement le problème de la pénurie d’eau  dans certains quartiers.

Appel à la responsabilité

La pénurie d’eau continue et ceux qui prétendent le contraire ne voient rien et sont loin des malheurs des gens. Il n’y a pas d’eau, et les enfants et les personnes âgées en souffrent. Aidez-nous à survivre et à trouver une solution humaine.

Comment vivre sans eau, est-ce possible ? Que font les responsables ? Comment croire que dans un pays comme le nôtre, les citoyens peuvent mourir de soif ?

Pourquoi y a-t-il dans des quartiers des personnes qui arrosent leur jardin et dans d’autres quartiers, des personnes qui meurent de soif sans que personne ne s’en soucie ? Où est l’égalité entre les citoyens, ne serait-ce que pour boire ?

Je n’arrive pas à croire qu’il y a encore des quartiers comme Al-Chourouq, où l’eau manque depuis six mois.

Les responsables parlent de nouveaux projets qui ont été lancés ; je pense que ce sont des projets pour plus d’eau à Marina ou Porto Marina, où ils passent joyeusement leurs vacances sans aucun souci. Ces gens sont-ils réellement responsables ?

Mona Hassan,
Le Caire.

 

Oui, il s’agit bien de décadence !

J’ai lu avec beaucoup d’étonnement et d’amusement l’article intitulé « La décadence d’Alexandrie », publié dans le numéro 674 d’Al-Ahram Hebdo. Je me demande si Madame Aude sait de quoi elle parle !

Madame dit dans son article : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que de manifester sa religion … ».

Madame s’est-elle simplement demandé si elle, en tant que musulmane, pourrait un jour changer de religion ici en Egypte ?

Vous êtes, madame, très loin de la réalité égyptienne et je tiens à vous dire que moi, en tant qu’homme, je me sens outré, voire choqué par l’idée de voiler une femme.

Lorsqu’une femme se voile, elle dit d’une façon indirecte aux hommes qu’on est tous des animaux incapables de contrôler nos instincts.

Désolé madame, mais les hommes ne sont pas des chiens, mais des créatures de Dieu qui savent reconnaître le bien et le mal.

Puis, c’est justement à cause de toutes ces femmes voilées que les femmes non voilées ne peuvent plus se permettre de se baigner dans la mer sans se faire insulter par les voilées.

Cela s’est produit devant moi à Alexandrie : est-ce là le comportement d’une bonne musulmane voilée ?

Se moquer et mépriser celles qui sont différentes d’elles ?

Je vous contredis madame et je vous dis que le mépris vient de la part des voilées envers les non voilées et envers les hommes.

Oui, madame, cela s’appelle la décadence, c’est bien le seul mot qui puisse qualifier ce qui se passe dans notre société.

Nagui,
Le Caire.

Hommage au virtuose !

A l’occasion de l’Algérie capitale de la culture arabe qui se tient cette année à Alger, je tiens à aller dans le sens du renforcement des liens amicaux qui doivent se tisser entre les différentes cultures du monde arabe dont nous faisons partie.

Je vous livre donc, en exclusivité, un petit compte rendu de l’hommage qu’a bien voulu rendre le village de Ighil Bouamas à l’un des monuments de la chanson algérienne, à savoir Lounis Ait Menguelat.

Ce très grand poète et chanteur de langue Kabyle2 est peut-être méconnu en Orient à cause de la non-traduction de ses œuvres mais son immense talent est incontestable. Permettez-moi de vous livrer ce modeste événement consacré aux quarante ans de carrière de Lounis Ait Menguelat. A l’occasion de ses quarante ans de carrière, le légendaire et le maestro a eu un hommage, que je ne dirais pas grandiose, car le concerné a toujours su s’éloigner des lampions et autres parades, qui, généralement, n’ont aucun sens en raison de la médiocrité qui règne et qui plane sur notre environnement culturel.

Ighil Bouamas, ce village qui surplombe la commune Iboudhraren, a fait l’événement ce premier jeudi d’août 2007 en rendant ce vibrant hommage, pour ses quarante ans de carrière !

Et quelle carrière !!! Nos médias, pour ne pas dire tous, étaient aux abonnés absents comme de coutume. Ils sont en principe à l’affût de tout ce qui bouge mais passons ... Donc, Lounis a fêté comme il se doit cet événement en compagnie de sa grande famille, en l’occurrence les villageois d’Ighil Bouamas.

En dépit des signes évidents de fatigue due aux nombreuses sollicitations et à son emploi du temps on ne peut plus chargé, Lounis a quand même fait de son mieux pour accueillir personnellement les nombreux invités qui ont assiégé dès les premières heures de ce jeudi, le modeste siège de l’association culturelle qui s’est avéré trop exigu pour ce grandiose événement. Ils sont venus de partout pour participer et surtout pour ne rien rater car les occasions pareilles ne se reproduisent que rarement.

Après la conférence animée par les différents intervenants, retraçant le parcours du combattant, qu’est Lounis Ait Menguelat, qui ont axé leur allocution sur l’originalité de la poésie de Lounis ainsi que le choix des mots utilisés dans ses œuvres, l’assistance présente était conviée à une exposition de photos retraçant le parcours d’Ait Menguelat. Cette exposition est l’apanage d’un jeune du village dont le niveau d’instruction flirte à peine avec la 9 AF.

Pour les amateurs de diplômes, ça paraîtrait en deçà du niveau requis mais pour les connaisseurs, le niveau n’est pas tout dans la vie !

L’amour et la volonté surclassant parfois moult diplômes et autres grades ! N’est-ce pas messieurs les médiocres de tout genre ?

L’exemple de ce jeune cité ci-dessus devrait vous donner à réfléchir et à revenir sur terre. Il y a eu aussi une exposition de peinture dont certains tableaux sont consacrés à Lounis Ait Menguelat.

Tout au long de cette manifestation, Lounis ne fut pas ménagé, loin s’en faut ! Il fut la cible de tous. Tout le monde voulait repartir avec la photo souvenir, la photo du génie de la poésie kabyle.

Il ruisselait de sueur, fatigué mais l’aimable Lounis a puisé des fins fonds de ses ressources physiques, pour satisfaire son nombreux et insatiable public qui lui en demandait toujours plus. Il était égal à lui-même et à l’homme que nous connaissons tous, le très modeste Ait Menguelat Lounis.

En lui demandant la permission de couvrir, à ma manière, cet hommage, il m’a expressément prié d’axer et de mettre en exergue le colossal travail des jeunes qui, selon lui, ont tout fait pour la réussite de cette fête.

Plus modeste que Lounis ... ! Il m’a chargé, quand il a su que je griffonnais occasionnellement pour le journal Al-Ahram Hebdo de transmettre un grand bonjour à toute l’équipe du prestigieux hebdomadaire égyptien qui ne cesse de s’ouvrir sur les différentes cultures du monde arabe que préside Oum Eddounia sous la conduite du sage président Hosni Moubarak. Enfin, nous fûmes conviés au couscous kabyle avec, à notre table, Lounis en personne.

Avant de conclure, je tiens à souligner l’impeccable organisation, digne de fourmis, qui a prévalu. Tant pis, pour les absents. Bravo, Lounis encore une fois ! Bravo au village Ighil Bouamas ! Bravo aux jeunes de ton village natal que tu chéris tant et tant et qui te le rendent bien !

Et bravo à tous ceux qui ont bravé la grande chaleur de ce jeudi, pour venir dire à leur Idole : Nous sommes avec toi en tout temps et en tous lieux !

Seddiki Nourdine,
Ighil Bouamas (Algérie).

 

Un visa pour la France

L’Egypte et la France sont de grands pays amis. Ces jours-ci, de grandes ambitions se dessinent à l’horizon, mais permettez-moi d’être sceptique et déçue car ce qui se passe actuellement en Egypte est scandaleux et a terni l’image de la France.

Obtenir un visa pour la France pour un Egyptien relève plus d’un abus que d’un service offert gracieusement par le gouvernement français pour promouvoir la connaissance de la France, de son patrimoine et de sa culture. Je me demande qui ose encore s’aventurer devant les murs du service consulaire pour obtenir un droit de visite et se heurter à un personnel rébarbatif qui sans grande conviction est habilité à donner des visas à qui de droit.

Depuis ma plus tendre enfance je suis allée en France et j’ai toujours obtenu un visa sans problème. Ces dernières années, avec la simplification des procédures et les mécanismes mis en place pour permettre aux peuples de se rencontrer et de se comprendre, les consulats ont mis au point une procédure expéditive et fiable. Quant à la France, elle a perfectionné une tactique pour faire haïr aux Egyptiens la France. Les quémandeurs de visas doivent attendre des heures dans la rue pour avoir un formulaire, des employés, excédés, vous reçoivent en vous faisant bien sentir que vous avez une chance inouïe que la France veuille bien vous octroyer un visa. Certains de ces employés font même preuve de machisme ne s’adressant qu’aux hommes avec amabilité. Pour couronner le tout, si vous réussissez le parcours du combattant et obtenez un visa, l’on vous demande de vous représenter au consulat à votre retour pour prouver que vous êtes bien dans votre pays et non pas perdu quelque part en France. Je rêve ! Est-ce à moi dans mon propre pays de prouver que je suis en Egypte ? Est-ce que la France n’est même plus capable de gérer ses propres visiteurs ?

Demandez à un Français combien il lui faut de temps pour obtenir un visa pour l’Egypte et comment il est traité lors de sa demande. Chers défenseurs des droits de l’homme, appliquez ce que vous prêchez et prenez exemple sur vos voisins les Britanniques quand il s’agit de donner une image positive de votre grand pays et de respecter les êtres humains en tant que tels et de leur donner un visa pour visiter votre beau pays dans l’espoir qu’ils pourront servir un jour de futurs ambassadeurs de la culture et civilisation françaises.

C.M.K. Ghazi.

 




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