Société.
Comme beaucoup d’autres, une de nos lectrices appelle nos
responsables à régler définitivement le problème de la
pénurie d’eau dans certains quartiers.
Appel à la responsabilité
La pénurie d’eau continue et ceux qui prétendent le
contraire ne voient rien et sont loin des malheurs des gens.
Il n’y a pas d’eau, et les enfants et les personnes âgées en
souffrent. Aidez-nous à survivre et à trouver une solution
humaine.
Comment vivre sans eau, est-ce possible ? Que font les
responsables ? Comment croire que dans un pays comme le
nôtre, les citoyens peuvent mourir de soif ?
Pourquoi y a-t-il dans des quartiers des personnes qui
arrosent leur jardin et dans d’autres quartiers, des
personnes qui meurent de soif sans que personne ne s’en
soucie ? Où est l’égalité entre les citoyens, ne serait-ce
que pour boire ?
Je n’arrive pas à croire qu’il y a encore des quartiers
comme Al-Chourouq, où l’eau manque depuis six mois.
Les responsables parlent de nouveaux projets qui ont été
lancés ; je pense que ce sont des projets pour plus d’eau à
Marina ou Porto Marina, où ils passent joyeusement leurs
vacances sans aucun souci. Ces gens sont-ils réellement
responsables ?
Mona Hassan,
Le Caire.
Oui, il s’agit bien de décadence !
J’ai lu avec beaucoup d’étonnement et d’amusement l’article
intitulé « La décadence d’Alexandrie », publié dans le
numéro 674 d’Al-Ahram Hebdo. Je me demande si Madame Aude
sait de quoi elle parle !
Madame dit dans son article : « Toute personne a droit à la
liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit
implique la liberté de changer de religion ou de conviction
ainsi que de manifester sa religion … ».
Madame s’est-elle simplement demandé si elle, en tant que
musulmane, pourrait un jour changer de religion ici en
Egypte ?
Vous êtes, madame, très loin de la réalité égyptienne et je
tiens à vous dire que moi, en tant qu’homme, je me sens
outré, voire choqué par l’idée de voiler une femme.
Lorsqu’une femme se voile, elle dit d’une façon indirecte
aux hommes qu’on est tous des animaux incapables de
contrôler nos instincts.
Désolé madame, mais les hommes ne sont pas des chiens, mais
des créatures de Dieu qui savent reconnaître le bien et le
mal.
Puis, c’est justement à cause de toutes ces femmes voilées
que les femmes non voilées ne peuvent plus se permettre de
se baigner dans la mer sans se faire insulter par les
voilées.
Cela s’est produit devant moi à Alexandrie : est-ce là le
comportement d’une bonne musulmane voilée ?
Se moquer et mépriser celles qui sont différentes d’elles ?
Je vous contredis madame et je vous dis que le mépris vient
de la part des voilées envers les non voilées et envers les
hommes.
Oui, madame, cela s’appelle la décadence, c’est bien le seul
mot qui puisse qualifier ce qui se passe dans notre société.
Nagui,
Le Caire.
Hommage au virtuose !
A l’occasion de l’Algérie capitale de la culture arabe qui
se tient cette année à Alger, je tiens à aller dans le sens
du renforcement des liens amicaux qui doivent se tisser
entre les différentes cultures du monde arabe dont nous
faisons partie.
Je vous livre donc, en exclusivité, un petit compte rendu de
l’hommage qu’a bien voulu rendre le village de Ighil Bouamas
à l’un des monuments de la chanson algérienne, à savoir
Lounis Ait Menguelat.
Ce très grand poète et chanteur de langue Kabyle2 est
peut-être méconnu en Orient à cause de la non-traduction de
ses œuvres mais son immense talent est incontestable.
Permettez-moi de vous livrer ce modeste événement consacré
aux quarante ans de carrière de Lounis Ait Menguelat. A
l’occasion de ses quarante ans de carrière, le légendaire et
le maestro a eu un hommage, que je ne dirais pas grandiose,
car le concerné a toujours su s’éloigner des lampions et
autres parades, qui, généralement, n’ont aucun sens en
raison de la médiocrité qui règne et qui plane sur notre
environnement culturel.
Ighil Bouamas, ce village qui surplombe la commune
Iboudhraren, a fait l’événement ce premier jeudi d’août 2007
en rendant ce vibrant hommage, pour ses quarante ans de
carrière !
Et quelle carrière !!! Nos médias, pour ne pas dire tous,
étaient aux abonnés absents comme de coutume. Ils sont en
principe à l’affût de tout ce qui bouge mais passons ...
Donc, Lounis a fêté comme il se doit cet événement en
compagnie de sa grande famille, en l’occurrence les
villageois d’Ighil Bouamas.
En dépit des signes évidents de fatigue due aux nombreuses
sollicitations et à son emploi du temps on ne peut plus
chargé, Lounis a quand même fait de son mieux pour
accueillir personnellement les nombreux invités qui ont
assiégé dès les premières heures de ce jeudi, le modeste
siège de l’association culturelle qui s’est avéré trop exigu
pour ce grandiose événement. Ils sont venus de partout pour
participer et surtout pour ne rien rater car les occasions
pareilles ne se reproduisent que rarement.
Après la conférence animée par les différents intervenants,
retraçant le parcours du combattant, qu’est Lounis Ait
Menguelat, qui ont axé leur allocution sur l’originalité de
la poésie de Lounis ainsi que le choix des mots utilisés
dans ses œuvres, l’assistance présente était conviée à une
exposition de photos retraçant le parcours d’Ait Menguelat.
Cette exposition est l’apanage d’un jeune du village dont le
niveau d’instruction flirte à peine avec la 9 AF.
Pour les amateurs de diplômes, ça paraîtrait en deçà du
niveau requis mais pour les connaisseurs, le niveau n’est
pas tout dans la vie !
L’amour et la volonté surclassant parfois moult diplômes et
autres grades ! N’est-ce pas messieurs les médiocres de tout
genre ?
L’exemple de ce jeune cité ci-dessus devrait vous donner à
réfléchir et à revenir sur terre. Il y a eu aussi une
exposition de peinture dont certains tableaux sont consacrés
à Lounis Ait Menguelat.
Tout au long de cette manifestation, Lounis ne fut pas
ménagé, loin s’en faut ! Il fut la cible de tous. Tout le
monde voulait repartir avec la photo souvenir, la photo du
génie de la poésie kabyle.
Il ruisselait de sueur, fatigué mais l’aimable Lounis a
puisé des fins fonds de ses ressources physiques, pour
satisfaire son nombreux et insatiable public qui lui en
demandait toujours plus. Il était égal à lui-même et à
l’homme que nous connaissons tous, le très modeste Ait
Menguelat Lounis.
En lui demandant la permission de couvrir, à ma manière, cet
hommage, il m’a expressément prié d’axer et de mettre en
exergue le colossal travail des jeunes qui, selon lui, ont
tout fait pour la réussite de cette fête.
Plus modeste que Lounis ... ! Il m’a chargé, quand il a su
que je griffonnais occasionnellement pour le journal
Al-Ahram Hebdo de transmettre un grand bonjour à toute
l’équipe du prestigieux hebdomadaire égyptien qui ne cesse
de s’ouvrir sur les différentes cultures du monde arabe que
préside Oum Eddounia sous la conduite du sage président
Hosni Moubarak. Enfin, nous fûmes conviés au couscous kabyle
avec, à notre table, Lounis en personne.
Avant de conclure, je tiens à souligner l’impeccable
organisation, digne de fourmis, qui a prévalu. Tant pis,
pour les absents. Bravo, Lounis encore une fois ! Bravo au
village Ighil Bouamas ! Bravo aux jeunes de ton village
natal que tu chéris tant et tant et qui te le rendent bien !
Et bravo à tous ceux qui ont bravé la grande chaleur de ce
jeudi, pour venir dire à leur Idole : Nous sommes avec toi
en tout temps et en tous lieux !
Seddiki Nourdine,
Ighil Bouamas (Algérie).
Un
visa pour la France
L’Egypte et la France sont de grands pays amis. Ces
jours-ci, de grandes ambitions se dessinent à l’horizon,
mais permettez-moi d’être sceptique et déçue car ce qui se
passe actuellement en Egypte est scandaleux et a terni
l’image de la France.
Obtenir un visa pour la France pour un Egyptien relève plus
d’un abus que d’un service offert gracieusement par le
gouvernement français pour promouvoir la connaissance de la
France, de son patrimoine et de sa culture. Je me demande
qui ose encore s’aventurer devant les murs du service
consulaire pour obtenir un droit de visite et se heurter à
un personnel rébarbatif qui sans grande conviction est
habilité à donner des visas à qui de droit.
Depuis ma plus tendre enfance je suis allée en France et
j’ai toujours obtenu un visa sans problème. Ces dernières
années, avec la simplification des procédures et les
mécanismes mis en place pour permettre aux peuples de se
rencontrer et de se comprendre, les consulats ont mis au
point une procédure expéditive et fiable. Quant à la France,
elle a perfectionné une tactique pour faire haïr aux
Egyptiens la France. Les quémandeurs de visas doivent
attendre des heures dans la rue pour avoir un formulaire,
des employés, excédés, vous reçoivent en vous faisant bien
sentir que vous avez une chance inouïe que la France veuille
bien vous octroyer un visa. Certains de ces employés font
même preuve de machisme ne s’adressant qu’aux hommes avec
amabilité. Pour couronner le tout, si vous réussissez le
parcours du combattant et obtenez un visa, l’on vous demande
de vous représenter au consulat à votre retour pour prouver
que vous êtes bien dans votre pays et non pas perdu quelque
part en France. Je rêve ! Est-ce à moi dans mon propre pays
de prouver que je suis en Egypte ? Est-ce que la France
n’est même plus capable de gérer ses propres visiteurs ?
Demandez à un Français combien il lui faut de temps pour
obtenir un visa pour l’Egypte et comment il est traité lors
de sa demande. Chers défenseurs des droits de l’homme,
appliquez ce que vous prêchez et prenez exemple sur vos
voisins les Britanniques quand il s’agit de donner une image
positive de votre grand pays et de respecter les êtres
humains en tant que tels et de leur donner un visa pour
visiter votre beau pays dans l’espoir qu’ils pourront servir
un jour de futurs ambassadeurs de la culture et civilisation
françaises.
C.M.K.
Ghazi.