Kazakhstan .
Le parti au pouvoir Nur Otan du président sortant Nazarbaïev
peine à prouver son engagement sur la voie de la démocratie
malgré sa large victoire aux dernières législatives.
Peut mieux faire
Déjà, la victoire du parti Nur Otan, dirigé par le président
sortant Noursoultan Nazarbaïev, ne faisait guère de doute
chez les observateurs, le président même se disant « sûr de
son succès », à la veille des législatives de samedi
dernier. M. Nazarbaïev, au pouvoir depuis 1989 et que les
Kazakhs surnomment affectueusement ou avec ironie « papa »,
a imposé une stabilité indéniable dans le pays, il est aussi
le père d’une croissance économique annuelle proche de 10 %
fondée sur les revenus issus du pétrole. S’attachant fort à
son poste, le président avait fait adopter une série
d’amendements constitutionnels en mai dernier, qui lui
permettent de se représenter autant de fois qu’il le
souhaite et lui donnent un droit quasi absolu de dissoudre
le Parlement.
Selon
l’opposition, le président a modifié la Constitution pour se
maintenir à la présidence au-delà de 2012.
D’après
les analystes, le scrutin de samedi a d’autant plus valeur
de test pour ce pays qui espère arracher la présidence de
l’Organisation pour la sécurité et la coopération (OSCE), en
2009. Déjà, l’Occident observait avec intérêt ce scrutin car
le Kazakhstan fait figure de bon élève dans cette région
stratégique riche en hydrocarbures, où Chinois, Russes et
Américains rivalisent pour étendre leur influence.
Les législatives de samedi dernier ont prouvé que le
Kazakhstan, cette ex-république soviétique d’Asie centrale
riche en pétrole où aucun scrutin n’a jamais été reconnu
comme libre depuis la proclamation de son indépendance en
1991, a toujours du mal à prouver son engagement sur la voie
de la démocratie. Comme prévu, les résultats du scrutin,
publiés dimanche matin, ont confirmé la victoire du parti
Nur Otan, dirigé par le président Noursoultan Nazarbaïev qui
a obtenu 88 % des suffrages, devenant ainsi le seul parti à
franchir la barre des 7 % nécessaires pour disposer de
députés au Majlis, la Chambre basse du Parlement, face à six
autres partis, dont quatre soutiennent le régime. « Les
élections législatives sont une victoire pour tous les
Kazakhs », a estimé le président Nazarbaïev. En deuxième
position arrive le Parti d’opposition social-démocrate
(OSDP) avec 4,6 %, alors que les cinq autres formations
vacillaient entre les 2 % et 3 %. Un pourcentage assez
élevé, comparé aux précédentes législatives de 2004 où
l’opposition n’avait pu arracher qu’un siège au Parlement.
Malgré ce progrès minime, l’OSCE, qui a dépêché 400
observateurs pour suivre le vote dans ce pays, a estimé que
le vote n’était pas démocratique. « Un certain nombre de
normes n’ont pas été respectées lors du scrutin. On n’a
jamais vu un pays démocratique avec un seul parti », a
critiqué l’OSCE dans son rapport, jugeant que le
dépouillement des bulletins de vote était négatif dans plus
de 40 % des bureaux de vote en raison d’un manque de
transparence, du non respect des procédures et de
falsifications flagrantes.
Accusant
ouvertement les autorités de fraudes électorales, un
dirigeant de l’opposition a déclaré pour sa part : « On est
de retour en Union soviétique, au système du parti unique,
mais on sort de ce scrutin la tête haute car ce résultat
prouve que le pouvoir nous craignait, sinon il nous aurait
permis d’entrer au Parlement ».
Maha
Cherbini