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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Arts

Théâtre. La cinquième édition du Festival de Saqiet Abdel-Moneim Al-Sawi vient de s’achever en mettant la lumière sur des troupes qui oscillent entre maîtrise et amateurisme.

Exister à défaut de percer

Par une présence accentuée au Festival de théâtre de Saqiet Abdel-Moneim Al-Sawi, qui s’est déroulé du 12 au 20 août, une trentaine de troupes étaient à la recherche d’un lieu de représentation, d’une adhésion du public et d’une reconnaissance loin d’une légitimité d’habitude conférée par les organismes officiels de l’Etat. C’est ce que leur a prodigué le centre culturel privé de Saqiet Al-Sawi. Un centre qui a tenu son pari d’encourager toute activité artistique et culturelle. « Le festival ouvre ses portes pour accueillir toute troupe théâtrale sans discrimination entre amateur ou professionnel. A Saqiet Abdel-Moneim Al-Sawi, on ne cherche qu’à promouvoir le mouvement théâtral des jeunes. D’où la profusion de manifestations organisées tout au long de l’année : les Festivals du monodrame, du mime, des statues humaines, etc. Mais le Festival du théâtre a pour caractéristique de se tenir sous un large éventail, sans privilégier un thème particulier ou des critères dramatiques ou artistiques exigeants. Tout spectacle est retenu d’après l’approbation du comité de sélection », souligne Ahmad Ramzi, coordinateur du festival.

Sur les planches des salles d’Al-Hekma et d’Al-Nahr, vingt pièces de théâtre se sont jouées, marquant la naissance de nouvelles troupes de jeunes. Loin d’être des professionnels, ces jeunes se contentent seulement de jouer, réciter plutôt des dialogues, adopter quelques slogans politiques, changer de costumes, créer un mouvement banal, et avoir recours à des symboles usés … On parle d’amateurs, de jeunes universitaires et de membres de centres de jeunesse.

La troupe Sawt biladi (la voix de mon pays) fondée en 2004, a donné Naassa, une pièce de théâtre qui puise dans les histoires folkloriques de Naassa et Ayoub. Le tout était agrémenté d’un certain élan patriotique, rappelant le rapport avec la guerre, la défaite et les Israéliens d’une manière trop directe. Et dans un jeu relevé de narration, la metteur en scène Wafaa Abdallah a eu recours à la performance vocale de plusieurs comédiens, faisant résonner l’écho de leur énonciation. Mais le spectacle fut pauvre au niveau du décor et de l’éclairage.

Quant à Ahdarouni leih (pourquoi ils m’ont convoqué) de la troupe Les jeunes du Maad, ce fut un cocktail d’effets humoristiques, d’anecdotes et de farces extravagantes, visant à transmettre l’idée d’un héros perdu. Le message lancé soudainement à la fin du spectacle est qu’il faut avoir une position dans la vie !

De son côté, la troupe de la faculté de polytechnique du Caire a donné Malatesta (mal de tête) qui a déjà été primée au cours de la compétition du théâtre universitaire, et une deuxième production de Raas Al-Mamlouk Gaber. La troupe est familière du festival, puisqu’elle a déjà participé à sa deuxième édition et a remporté le prix du meilleur spectacle. Avec un budget limité, les comédiens ont réussi à faire monter leur spectacle loin des planches calfeutrées de l’université. « Pour nous, le festival est une bonne occasion d’être jugé par des critiques et des professionnels. Il donne juste le feu vert à une troupe de théâtre pour exister. Pour nous, c’est un festival de jeunes qui nous prépare ensuite à participer à d’autres festivals plus autonomes et indépendants tels Rawabet et Les jeunes créateurs, du CFCC. En plus, en gagnant un prix, nous aurons la chance de mieux financer nos productions », explique Ahmad Sobhi, chef de la troupe. Cependant, dans Malatesta, on remarque un manque d’intonation, une faiblesse de voix et de respiration. On assiste à de pures récitations sans panache.

Le thème de la guerre est à nouveau exploré dans Sarab (mirage) de la troupe Lamsa, dans une ambiance de dépression totale. Un frère y séquestre sa sœur, l’empêchant de vivre sa vie loin de leur maison. L’écriture dramatique de ce texte manque de logique. Mais le décor fait de cordes, telle une toile d’araignée, et l’éclairage rougeâtre significatif reproduisent l’atmosphère de séquestration.

C’est dans Le Cousu de Notre-Dame donnée par la troupe VIP, qu’on note une véritable mise en scène et plus ou moins un effort de jeu. « Le centre d’Al-Saqiet nous a imposé la règle de deux couleurs d’éclairage seulement, à l’instar des autres troupes. Ce qui était vraiment frustrant pour notre création. En plus, la salle d’Al-Nahr est un théâtre en plein air qui n’est pas bien équipé pour une représentation théâtrale », explique le metteur en scène, Wessam Al-Madani. Il n’y a pas de coulisses pour que les comédiens se changent. Ils étaient obligés de faire déplacer le décor devant le public.

Au niveau de l’organisation, on note une certaine faiblesse sur le plan des équipements acoustiques, outre l’éclairage. S’ajoutent à cela le retard et le désordre dans le programme annoncé.

Finalement, les prix décernés par les critiques Nehad Séleiha, Sameh Mahrane et le metteur en scène Hani Motawie constituent un certain espoir pour ces jeunes, les valorisant, mais ce n’est plus suffisant pour donner du ressort au théâtre voulu.

May Sélim

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