Al-Ahram Hebdo, Arts | Le rock s’invite au Caire
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 Semaine du 22 au 28 août 2007, numéro 676

 

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Arts

Concert. Une troupe de cinq jeunes Cairotes du nom de Cairokee chante sa ville fétiche dans une musique qui combine le rock’n’roll à la musique orientale, et les accents d’un dialecte frétillant.

Le rock s’invite au Caire

« Vous connaissez le karaoké, on supprime les paroles du chanteur initial et on chante avec sa musique. Nous suivons le même principe, sauf que nos chansons embrassent les contours et l’intimité du Caire, notre ville adorée », explique Amir Eid, le chanteur de la troupe Cairokee composée de quatre musiciens, Ahmad Bahaa, Tamer Hachem, Chérif Hawari et Hakim.

En 2003, cette troupe a vu le jour après de longs entraînements commencés par les musiciens depuis l’âge de 14 ans. Ils ont gratté leur guitare avec les vibrations propres aux chansons de Pink Floyd et de Nirvana. « Amis pour la plupart d’entre nous depuis l’enfance, nous avons décidé de jouer de la musique avant même de penser à former la troupe », raconte Amir. Ainsi, démarrant par un penchant accentué pour les influences du rock occidental, la troupe  n’a-t-elle pas tardé à le mêler à l’héritage musical oriental et égyptien. C’est lors de leur tout premier concert sous le nom de Black Star (étoile noire) que les membres ont décidé de chanter en arabe, associant au rock fort et puissant les percussions de la tabla pour produire une ambiance aux couleurs familières, mais en même temps différentes.

Cairokee use d’un répertoire propre de chansons, à l’exception de trois chansons écrites par le poète Ahmad Fouad Negm, auquel ses membres vouent une admiration inconditionnelle, à savoir : Al-Foul wal lahma (les fèves et la viande), Valéry Giscard d’Estaing et Mickey.

Les paroles des chansons écrites le plus souvent par plusieurs d’entre eux reflètent leur vécu et les situations qu’ils affrontent tous les jours. « Nous sommes le miroir du monde dans lequel nous vivons. Nous ne chantons pas des paroles absurdes, ou empruntées à la philosophie, nous chantons les choses que nous voyons et expérimentons. Nos paroles n’ont rien de poétique à part la rime, elles sont proches des expressions du langage courant », explique avec fougue Ahmad Bahaa, le percussionniste de la troupe.

Les chansons relatent de petites histoires, le plus souvent critiquent un comportement, une situation, une pratique de la société et de la classe à laquelle ces jeunes appartiennent. Cela se traduit clairement dans leur chanson Ya Salam ya man (Oh ! Gars !) dans laquelle ils critiquent le langage des jeunes de leur classe. « Insistant bien sur le mot classe, on chante, reflète et critique la classe à laquelle on appartient et ce serait de l’hypocrisie de prétendre autre chose », ajoute Ahmad Bahaa. « Nous pouvons chanter les ruelles, les demeures populaires, les mœurs, la poussière, mais avec notre apparence et nos manières, pourrions-nous être convaincants ? Nous chantons notre vie avec tous ses détails qui nous façonnent et tous les bonheurs et les malheurs que nous ressentons ».

Cela est bien vrai puisque leur chanson Al-Bent al-nemsawiya (la fille autrichienne) est l’histoire d’une fille autrichienne qui a brisé le cœur de l’un d’entre eux. « Nous n’avons pas honte de l’avouer tout franchement, c’est notre vie de tous les jours, pourquoi donc se voiler la face et chanter dans l’absurde ? Nous chantons la vie, ça plaît au public et c’est l’essentiel », proclame très fièrement Amir Eid.

Avec le rock qui est une musique très expressive, des paroles très crues et des personnalités attachantes, Cairokee se fraye sans encombres un chemin proche du cœur du public et il faut le dire, son auditoire est de plus en plus large. Avec l’obstination et l’ardeur de la jeunesse qui prendront de la maturité en chemin, la troupe galvanise de toute évidence un changement qui s’ébroue dans le fond.

Dina Abdel-Hakim

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Cairokee en concert au théâtre Al-Guéneina, parc d’Al-Azhar, le 24 août à 21h.
Tél
. : 23 62 67 48

 




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