Exposition.
Celle qui a lieu actuellement à Al-Tor,
sur la mer Rouge, reflète l’importance archéologique de ce
port.
Au carrefour des civilisations
470
pièces ont été sélectionnées pour être présentées dans cette
exposition organisée par le bureau des antiquités islamiques
du Sud-Sinaï, dépendant du
Conseil Suprême des Antiquités (CSA), en coopération avec la
mission japonaise opérant sur plusieurs sites dans cette
ville . Autre promoteur, la
Maison des antiquités islamiques koweïtiennes, dont
l’antique port d’Al-Zemeya avait
des liens avec celui d’Al-Tor.
Cette exposition, qui prendra fin le 12 septembre prochain,
met l’accent sur les pièces dégagées par la mission
japonaise des « trois importants sites islamiques de la
ville, Tell Al-Kilani, qui
abrite un port fatimide, Ras Al-Raya,
qui renferme une citadelle islamique, ainsi que
Deir
Al-Wadi, qui comprend l’un des plus rares monastères
intacts et dont la date remonte au VIe siècle », explique
Abdel-Réhim
Rihane, directeur du comité des expositions au
Sud-Sinaï. Les liens entre cette
partie de l’Egypte et l’Extrême-Orient sont mis en relief
grâce aux découvertes faites dans le port fatimide. A
travers les pièces présentées, l’exposition retrace
l’histoire de cette ville du VIe siècle jusqu’à 1952.
Les plus anciennes pièces proviennent de
Deir
Al-Wadi. Ce monastère, installé du temps de
l’empereur Justinien au VIe siècle, représente, pour les
organisateurs, un musée en plein air de l’architecture
chrétienne, puisqu’il comprend quatre chapelles de
différents styles architecturaux. Le visiteur retrouve des
lampes à huile aux décors byzantins, et des croix en ivoire
et en os.
Les pièces byzantines qui y sont exposées ne proviennent pas
seulement du monastère d’Al-Tor,
quelques-unes sont prises aussi du port fatimide d’Al-Kilani
à travers lequel passaient les pèlerins chrétiens se rendant
en terre sainte jusqu’à la fin de l’époque médiévale. Autres
objets : beaucoup d’assiettes de porcelaine chinoise dont
quelques-unes sont ornées de dessins en bleu ciel. D’autres
sont fabriquées de pure glaise verte. Outre la Chine,
l’exposition renferme des récipients espagnols, grecs,
chypriotes et italiens. En plus de ces pays se distinguent
ceux de l’Empire ottoman portant comme marque le lieu de la
fabrication, et parfois encore, le nom de l’artisan. Autre
particularité : la quantité de chichas
mameloukes de divers volumes et ornementations qui y sont
présentées.
Autres belles œuvres, les monnaies remontant au règne d’Al-Zaher
Beibars et à l’époque du sultan
Hussein Al-Kamel. A côté de
cette collection est représenté le plus ancien dinar en or
découvert dans toute la péninsule du Sinaï. « Du règne du
calife Haroun Al-Rachid, cette
pièce est datée de 181 de l’hégire (VIIIe siècle) », ajoute
Rihane. Cette précieuse pièce a
été révélée à Ras Raya, le troisième site islamique d’Al-Tor.
Un autre dinar en or de l’époque abbasside, avec des
inscriptions coufiques, y est aussi représenté ainsi que
plusieurs autres pièces de l’époque fatimide de porcelaines
polychrome et monochrome, des lampes d’huile décorées et des
boîtes de fard .
Doaa
Elhami