Al-Ahram Hebdo, Opinion | La sécurité du pays commence par ici
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 Semaine du 15 au 21 août 2007, numéro 675

 

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Opinion
 

La sécurité du pays commence par ici

Hassan Abou-Taleb
Politigue

La relation entre la situation intérieure et les questions étrangères n’est plus l’objet de polémiques comme c’était le cas il y a quelques décennies. Aucun pays, petit soit-il ou grand, ne peut se refermer sur lui-même, faire ce que bon lui semble et croire que le reste du monde va le laisser faire car il est soi-disant protégé par les traditions de la souveraineté. Ceci est dû à la mondialisation ou aux liens sociaux, humains et moraux qui se sont imposés à tout le monde sans exception. Ils ont changé les notions et ont formulé un nouveau système de relations internationales radicalement différent. Désormais, le rôle des Organisations Non Gouvernementales (ONG) multinationales influence directement les politiques internationales. Quelle que soit notre position envers ces ONG, la réalité nous oblige à réagir avec elles en expliquant les réalités, au départ  en passant par l’exposition des informations certifiées et jusqu’à la coopération avec elles. Sans oublier que nous devons demander des comptes à ceux qui dépassent leurs limites ou qui manquent à leurs devoirs.

Certains événements qui se déroulent en Egypte ont de vastes échos à l’étranger. Le fait qui pousse certains à agir au sein des Parlements de pays avec lesquels nous tenons à entretenir de fortes relations pour des raisons politiques ou à cause des grands intérêts conjoints. Ce, dans l’objectif d’influencer négativement ces relations ou de les placer dans un cadre portant atteinte à la souveraineté de l’Egypte.

Je ne parlerai pas des allégations lancées par certaines personnalités coptes vivant à l’étranger, surtout aux Etats-Unis, qui prétendent que les coptes sont l’objet de répression en Egypte. C’est une vieille histoire assez connue, pleine d’exagérations et de partialités illogiques. Cependant, elle trouve des partisans qui la défendent, bien qu’ils soient convaincus que leurs prétentions sont sans fondement. Ils veulent internationaliser la question en la faisant parvenir à l’Onu sous prétexte que le gouvernement égyptien ne résout pas les problèmes des coptes bien qu’il reconnaisse leur existence.

Il s’agit d’une affaire qui reflète le lien entre les conjonctures internes et les pressions réelles ou artificielles auxquelles le pays est exposé à cause d’un problème qui n’aurait pas été suffisamment étudié ou dont la solution aurait tardé. Dans les deux cas, des pressions sont exercées. Il est donc indispensable de trouver un nouveau plan d’action qui reconnaisse le problème dans sa véritable dimension, qui associe la société au débat et qui assure les ressources politiques, économiques et morales pour sa résolution dans un délai de temps approprié. Ce, de sorte à consolider l’unité de la société, à renforcer les liens entre l’élite au pouvoir et les citoyens et à fermer la porte aux ingérences étrangères grandissantes.

Fermer la porte à celles-ci est la mission de l’intérieur en premier lieu. Etant donné que l’Egypte est un pays axial qui est exposé à toutes les formes de pressions, ce sont seules la force et la solidité de l’intérieur qui sont capables de mettre en échec ces pressions quelles que soient leurs formes ou leurs teneurs. Les pressions externes n’émanent pas forcément des ennemis ou des adversaires. Elles peuvent aussi bien provenir des amis que des plus proches et des alliés les plus forts. Rappelons les tentatives du sénateur républicain J. Cayle au Congrès américain de réduire de 200 millions de dollars l’assistance militaire américaine à l’Egypte jusqu’à ce qu’elle remplisse certaines conditions qui entrent dans l’essence de l’action de la société et de l’Etat égyptiens.

Ce n’est pas la première fois que certains députés américains tentent de réduire les assistances militaires octroyées à l’Egypte ou de les lier à des conditions précises. Cependant, c’est la première fois qu’on parle franchement de deux questions se rattachant directement aux travaux d’institutions souveraines. Il s’agit, selon le projet du sénateur Cayle, de légiférer une loi garantissant l’indépendance du pouvoir judiciaire d’une part, et de réviser les procédures pénales de former les cadres de la police et de réduire leurs violations d’autre part. Il est vrai que de telles mesures ne seront pas entérinées, surtout que l’Administration Bush a annoncé l’octroi à l’Egypte d’une aide militaire d’un montant de 13 milliards de dollars sur les dix prochaines années, dans le cadre d’assistances militaires octroyées à d’autres pays et des grandes conventions de vente d’armes à certains pays du Golfe. Ce, dans le but de préserver les intérêts stratégiques des alliés de Washington dans la région.

Cependant, nous devons nous arrêter devant les tentatives du sénateur Cayle. Premièrement, elles confirment que l’action de nombreuses institutions égyptiennes est sous l’observation directe des alliés. Deuxièmement, la tentative du sénateur Cayle n’aurait pu avoir le sens d’une ingérence directe dans la souveraineté égyptienne si le comportement de certaines institutions égyptiennes avait été exempt de problèmes. Les divergences entre les juges d’Egypte est claire depuis de longues années et les indices prédisent qu’elles persisteront encore longtemps. Ceci est un indice négatif selon toutes les normes.

Quant aux excès de la police, ils font la une de tous les journaux et il est devenu difficile de les cacher. Ils portent préjudice à ce service important qui est censé préserver les droits de la société. Bien que ces excès proviennent d’un nombre limité du corps de la police en comparaison à l’ensemble des membres de ce service qui se caractérisent par la discipline et le respect de la loi, ils soulèvent une question importante : Comment ces personnes qui portent atteinte à la police, à la nation et à toute la société sont-elles sanctionnées ? Nous avons tous des histoires sur l’abus de certains officiers de la police dans l’emploi du pouvoir qui leur est octroyé en vertu de la loi pour protéger la société. Ils abusent de ce pouvoir pour tyranniser, agresser et humilier les citoyens. Il est donc indispensable de les sanctionner sévèrement et ces sanctions doivent être rendues publiques.

Les abus peuvent survenir ici ou n’importe où ailleurs. Mais c’est la sanction des personnes qui commettent ces actes qui fait la différence entre l’attachement à la loi et la protection de la société d’une part, et entre l’ignorance manifestée à l’égard de cette institution d’autre part.

La sécurité de la nation émane de son intérieur, de la dignité de ses citoyens et de la discipline de ses institutions.

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