La sécurité du pays commence par ici
Hassan Abou-Taleb
Politigue
La
relation entre la situation intérieure et les questions
étrangères n’est plus l’objet de polémiques comme c’était le
cas il y a quelques décennies. Aucun pays, petit soit-il ou
grand, ne peut se refermer sur lui-même, faire ce que bon
lui semble et croire que le reste du monde va le laisser
faire car il est soi-disant protégé par les traditions de la
souveraineté. Ceci est dû à la mondialisation ou aux liens
sociaux, humains et moraux qui se sont imposés à tout le
monde sans exception. Ils ont changé les notions et ont
formulé un nouveau système de relations internationales
radicalement différent. Désormais, le rôle des Organisations
Non Gouvernementales (ONG) multinationales influence
directement les politiques internationales. Quelle que soit
notre position envers ces ONG, la réalité nous oblige à
réagir avec elles en expliquant les réalités, au départ
en passant par l’exposition des informations certifiées et
jusqu’à la coopération avec elles. Sans oublier que nous
devons demander des comptes à ceux qui dépassent leurs
limites ou qui manquent à leurs devoirs.
Certains événements qui se déroulent en Egypte ont de vastes
échos à l’étranger. Le fait qui pousse certains à agir au
sein des Parlements de pays avec lesquels nous tenons à
entretenir de fortes relations pour des raisons politiques
ou à cause des grands intérêts conjoints. Ce, dans
l’objectif d’influencer négativement ces relations ou de les
placer dans un cadre portant atteinte à la souveraineté de
l’Egypte.
Je ne parlerai pas des allégations lancées par certaines
personnalités coptes vivant à l’étranger, surtout aux
Etats-Unis, qui prétendent que les coptes sont l’objet de
répression en Egypte. C’est une vieille histoire assez
connue, pleine d’exagérations et de partialités illogiques.
Cependant, elle trouve des partisans qui la défendent, bien
qu’ils soient convaincus que leurs prétentions sont sans
fondement. Ils veulent internationaliser la question en la
faisant parvenir à l’Onu sous prétexte que le gouvernement
égyptien ne résout pas les problèmes des
coptes bien qu’il reconnaisse leur existence.
Il s’agit d’une affaire qui reflète le lien entre les
conjonctures internes et les pressions réelles ou
artificielles auxquelles le pays est exposé à cause d’un
problème qui n’aurait pas été suffisamment étudié ou dont la
solution aurait tardé. Dans les deux cas, des pressions sont
exercées. Il est donc indispensable de trouver un nouveau
plan d’action qui reconnaisse le problème dans sa véritable
dimension, qui associe la société au débat et qui assure les
ressources politiques, économiques et morales pour sa
résolution dans un délai de temps approprié. Ce, de sorte à
consolider l’unité de la société, à renforcer les liens
entre l’élite au pouvoir et les citoyens et à fermer la
porte aux ingérences étrangères grandissantes.
Fermer la porte à celles-ci est la mission de l’intérieur en
premier lieu. Etant donné que l’Egypte est un pays axial qui
est exposé à toutes les formes de pressions, ce sont seules
la force et la solidité de l’intérieur qui sont capables de
mettre en échec ces pressions quelles que soient leurs
formes ou leurs teneurs. Les pressions externes n’émanent
pas forcément des ennemis ou des adversaires. Elles peuvent
aussi bien provenir des amis que des plus proches et des
alliés les plus forts. Rappelons les tentatives du sénateur
républicain J. Cayle au Congrès américain de réduire de 200
millions de dollars l’assistance militaire américaine à l’Egypte
jusqu’à ce qu’elle remplisse certaines conditions qui
entrent dans l’essence de l’action de la société et de l’Etat
égyptiens.
Ce n’est pas la première fois que certains députés
américains tentent de réduire les assistances militaires
octroyées à l’Egypte ou de les lier à des conditions
précises. Cependant, c’est la première fois qu’on parle
franchement de deux questions se rattachant directement aux
travaux d’institutions souveraines. Il s’agit, selon le
projet du sénateur Cayle, de légiférer une loi garantissant
l’indépendance du pouvoir judiciaire d’une part, et de
réviser les procédures pénales de former les cadres de la
police et de réduire leurs violations d’autre part. Il est
vrai que de telles mesures ne seront pas entérinées, surtout
que l’Administration Bush a annoncé l’octroi à l’Egypte
d’une aide militaire d’un montant de 13 milliards de dollars
sur les dix prochaines années, dans le cadre d’assistances
militaires octroyées à d’autres pays et des grandes
conventions de vente d’armes à certains pays du Golfe. Ce,
dans le but de préserver les intérêts stratégiques des
alliés de Washington dans la région.
Cependant, nous devons nous arrêter devant les tentatives du
sénateur Cayle. Premièrement, elles confirment que l’action
de nombreuses institutions égyptiennes est sous
l’observation directe des alliés. Deuxièmement, la tentative
du sénateur Cayle n’aurait pu avoir le sens d’une ingérence
directe dans la souveraineté égyptienne si le comportement
de certaines institutions égyptiennes avait été exempt de
problèmes. Les divergences entre les juges d’Egypte
est claire depuis de longues
années et les indices prédisent qu’elles persisteront encore
longtemps. Ceci est un indice négatif selon toutes les
normes.
Quant aux excès de la police, ils font la une de tous les
journaux et il est devenu difficile de les cacher. Ils
portent préjudice à ce service important qui est censé
préserver les droits de la société. Bien que ces excès
proviennent d’un nombre limité du corps de la police en
comparaison à l’ensemble des membres de ce service qui se
caractérisent par la discipline et le respect de la loi, ils
soulèvent une question importante : Comment ces personnes
qui portent atteinte à la police, à la nation et à toute la
société sont-elles sanctionnées ? Nous avons tous des
histoires sur l’abus de certains officiers de la police dans
l’emploi du pouvoir qui leur est octroyé en vertu de la loi
pour protéger la société. Ils abusent de ce pouvoir pour
tyranniser, agresser et humilier les citoyens. Il est donc
indispensable de les sanctionner sévèrement et ces sanctions
doivent être rendues publiques.
Les abus peuvent survenir ici ou n’importe où ailleurs. Mais
c’est la sanction des personnes qui commettent ces actes qui
fait la différence entre l’attachement à la loi et la
protection de la société d’une part, et entre l’ignorance
manifestée à l’égard de cette institution d’autre part.
La sécurité de la nation émane de son intérieur, de la
dignité de ses citoyens et de la discipline de ses
institutions.