Al-Ahram Hebdo, Opinion | Le compte à rebours a commencé
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 15 au 21 août 2007, numéro 675

 

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Opinion
 

Le compte à rebours a commencé

Salama A. Salama

Il semble que le compte à rebours du grand changement impatiemment attendu a effectivement commencé. En témoigne le transfert du pouvoir au sein du PND assuré de manière tout à fait naturelle démentant ainsi toute suspicion de transmission héréditaire du pouvoir.

D’ailleurs, il semble que Safouat Al-Chérif, secrétaire général du parti, a été chargé de mener à bien cette mission suivant des pas minutieusement calculés. Tout a commencé avec sa déclaration disant que la 9e conférence du PND prévue en novembre prochain ouvrira la porte aux candidatures désireuses de briguer le poste de président du parti. Une première. D’autant plus que jamais le président du parti n’a été élu au suffrage direct restreint à ses membres. Il a fait une autre déclaration qui prête plus à confusion incitant les jeunes cadres à se débarrasser de la vieille garde qui contrôle les destinées du parti depuis bien longtemps. Ceci insinue-t-il qu’Al-Chérif en personne et les autres dirigeants du même rang vont céder la place aux jeunes cadres ?

Les pas dans le sens du changement longuement prôné ont effectivement été entrepris en appelant à la tenue des élections du parti de la base au sommet. Ceci sous-entend deux possibilités :

La première est que le président Moubarak ne propose pas sa candidature à la présidence du parti, laissant ainsi l’occasion à un ou deux autres jeunes candidats, dont on peut deviner les noms. Dans ce cas, la présidence du parti pourra être dissociée de la présidence de l’Etat et donc le titre de président honorifique attribué à Moubarak n’aura plus lieu d’être. La mission sera assignée au nouveau clan de la commission des politiques, armée d’une nouvelle pensée et capable de redessiner les contours des politiques en harmonie avec leurs orientations. Des mesures qui préparent le terrain aux élections parlementaires de 2010 et plus tard aux présidentielles de 2011.

La deuxième possibilité est que la candidature du président Moubarak soit proposée de nouveau sans une concurrence réelle dans le cadre d’une application purement formelle du statut du parti. Dans ce cas-là on suppose que le résultat est connu au préalable et qu’il n’y aura pas besoin de se débarrasser de la vieille garde.

En l’absence de toute transparence, les éventualités du changement prôné qui s’imposent se limitent aux deux précitées. D’ailleurs, ce sont seulement les membres du PND qui s’intéressent à la tournure que prendraient les événements d’autant plus qu’ils s’avèrent être les seuls bénéficiaires du parti. Cette analyse peut au même titre avoir un grand impact sur les personnes désirant voir le changement démocratique se concrétiser. D’autant plus qu’elle sera un indice révélateur de l’avenir de la vie politique en Egypte à un moment où les partis d’opposition et des autres forces politiques souffrent d’une grande faiblesse.

Partant, il est logique de croire que si nos appels incessants à la nécessité de séparer la présidence du parti de la présidence de l’Etat voient le jour, un grand pas sera réalisé dans le sens de la réforme politique. Dans ce cas précis, le président de l’Etat deviendra celui de tous les Egyptiens, abstraction faite de leurs appartenances partisanes politiques ou confessionnelles, sans discrimination aucune. Même si nous supposons que le fils du président lui succédera à la tête du parti, le chef de l’Etat ne sera plus celui du parti. De quoi réaliser l’équilibre prôné entre les forces et les partis politiques, limiter l’alignement des organismes de l’Etat au PND et à ses leaders.

On ne peut prévoir si le prochain changement sera réel. Ouvrira-t-il la voie à une évolution de la situation ou bien maintiendra-t-il le statu quo ?

Les mois qui viennent répondront sûrement à toutes ces questions en suspens et détermineront le sort de nombreuses agitations internes et régionales .

 

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