Al-Ahram Hebdo, Opinion | Comment accéder à l’Unesco ?
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 15 au 21 août 2007, numéro 675

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Opinion
 

Comment accéder à l’Unesco ?

Mohamed Salmawy

Jamais dans l’histoire de l’Unesco depuis sa création en 1946, le candidat au poste de directeur général ne l’a emporté sans avoir été soutenu par les finances et l’influence de son Etat. Nombreux ont été les candidats ayant voulu accéder au poste sans y être parvenus, pour la simple raison que leur pays n’a pas déployé l’effort requis pour les faire triompher.

Ainsi, le fait que les candidats au poste de directeur général de l’Unesco n’y accédant pas devient un échec infligé à l’Etat, avant que ce ne soit un échec personnel du candidat. Nous avons été témoins de ce scénario au moment de la candidature de Dr Ismaïl Seragueddine, qui disputait ce poste au cours des élections précédentes de l’an 2000. A cette époque, l’Egypte s’est tenue à l’écart et ne s’y est pas investie à cause d’une promesse qu’elle avait faite de soutenir le candidat arabe, qui était le poète Saoudien Ghazi Al-Qosseibi, ambassadeur du Royaume à Londres.

Aujourd’hui, le cas est différent. On a vu le gouvernement prendre l’initiative et proposer la candidature de son ministre de la Culture, l’artiste Farouk Hosni, ce contrairement à la candidature de Seragueddine, qui était une initiative personnelle. Et puisque la candidature de Hosni a été proposée longtemps à l’avance, il est logique qu’aucun autre Etat arabe ne propose de candidat pour éviter la dispersion des voix du groupe arabe, au sein du conseil exécutif qui comprend les 85 Etats disposant du droit de vote sur un total de 192.

Cet appui arabe, qui doit être le point de départ, ne viendra pas automatiquement. L’Egypte devra négocier avec les pays frères et obtenir leur soutien pour son candidat officiel, comme l’a fait auparavant l’Arabie saoudite. Le moment est venu pour que l’Arabie saoudite rende à l’Egypte son soutien précédent. Les autres pays arabes auront également toutes les raisons de le faire, si l’Egypte mène sa campagne électorale — je ne dirai pas sa bataille — avec les pays arabes d’une manière correcte.

La réunion des ministres des Affaires étrangères arabes est prévue le 5 septembre au siège de la Ligue Arabe. J’imagine que le ministre égyptien des Affaires étrangères pourrait proposer, au cours de cette réunion, le nom du candidat que l’Egypte a choisi et que le conseil des affaires étrangères arabes approuvera par la suite. Ceci signifie que des contacts de haut niveau devraient s’effectuer entre l’Egypte et le reste des pays arabes frères. Des directives pour soutenir le nom proposé devraient être effectivement données au préalable aux ministres des Affaires étrangères.

Si l’appui arabe représente la première étape du plan consistant à soutenir le candidat égyptien, la seconde étape devrait être celle de s’attirer l’appui africain, qui a été l’un des plus importants facteurs de la réussite d’un autre candidat égyptien, qui n’est autre que Dr Boutros Boutros-Ghali, pour accéder au poste de secrétaire général des Nations-Unies.

L’Egypte dispose d’un crédit politique et culturel lui permettant d’obtenir cet appui. Vient ensuite l’appui asiatique et celui de l’Amérique latine. L’Asie a été le concurrent n° 1 au candidat égyptien lors de la dernière session, et elle a réussi à obtenir le poste pour son candidat, qui était à l’époque ambassadeur à Paris et actuellement directeur général en exercice de l’Unesco, Koïchiro Matsuura, et qui va achever bientôt son deuxième mandat. Il lui est donc impossible de proposer sa candidature pour la troisième fois. L’Asie est donc plus disposée aujourd’hui à appuyer le candidat égyptien, vu les relations culturelles étroites que le ministre égyptien de la Culture entretient en personne avec le Japon. Des relations qui se sont épanouies depuis que Farouk Hosni a tenu ce porte-feuille et qui ont commencé avec l’achèvement de la construction du Nouvel Opéra du Caire et la plus grande partie du financement allouée au nouveau musée égyptien, qui sera un site culturel de grande importance et qui marquera notre histoire moderne.

Si je me penche de manière spécifique sur le rôle pivot que joue le Japon, ceci n’est pas uniquement dû à son poids au sein du groupe asiatique. Mais il revient au fait que le Japon verse, à lui seul, 18 % du budget de l’Unesco, et se charge de 40 % du budget des projets relatifs à l’Organisation. De quoi lui accorder un poids particulier.

Des rumeurs circulent dans les coulisses de l’Unesco, selon lesquelles l’un des grands pays de l’Amérique latine qui est le Brésil, songe proposer le nom du vice-directeur général actuel de l’Organisation. Cependant, ces nouvelles n’ont pas été favorablement accueillies à cause de certaines réserves, que l’on ne peut pas évoquer dans cet article. L’Amérique latine a obtenu ce poste à travers le Mexicain Jaimes Torres Bodet qui avait présidé l’Unesco entre 1948 et 1952. L’Afrique l’a obtenu, au même titre, à travers Amadou Mahtar M’Bow, le Sénégalais qui a occupé le poste de 1974 à 1987, le plus long mandat de son histoire. Sous sa présidence, les Etats-Unis se sont retirés de l’Unesco en protestation contre ce qu’ils ont qualifié d’animosité contre Israël, suivis de la Grande-Bretgane et de Singapour, pour y revenir en 2003. Les autres pays ayant présidé l’Unesco furent les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Italie, la France et l’Espagne.

De là, on voit que les pays arabes, n’ont jamais occupé le poste, même s’ils avaient le privilège, à l’encontre des autres pays du monde, d’avoir des candidats qui se disputaient le poste au cours de la session précédente.

Après l’appui arabe, africain, asiatique et celui de l’Amérique latine, l’Egypte doit assurer la communication avec les grands pays occidentaux, qui s’avèrent être le moteur principal au sein du conseil exécutif de l’Unesco. Or l’appui arabe et tiers-mondiste donnerait à l’Egypte le poids nécessaire dans la confrontation avec ces pays et les empêcherait de réitérer leur désir soutenir les candidats de leurs autres alliés, des pays du tiers-monde, et les amènerait à faire un équilibre entre leurs différents alliés.

La nomination du directeur général de l’Unesco est effectuée en vertu d’élections tenues au sein du conseil exécutif de l’Organisation. Le lauréat doit obtenir au moins 30 voix, d’un total de 85 qui est le nombre de tous les membres à travers 5 séances de votes. Telle est la formule définitive de la représentation théâtrale qui doit être impérativement soutenue au préalable par un texte bien élaboré et des directives comprenant tous les éléments de la présentation théâtrale, et garantissant l’engagement de tous les acteurs et leur respect au texte originel.

Une mission que le candidat ne peut assumer à lui seul, mais qui dépend également de l’influence de l’Etat auquel il appartient et sa capacité à le soutenir par l’effort et le financement nécessaire.

D’ailleurs, certains peuvent ignorer que l’Egypte fait partie des 20 Etats fondateurs de l’Unesco. L’effort de l’Etat doit comprendre tous ses organismes, depuis l’institution présidentielle, jusqu’aux différents ministères chargés des 4 domaines d’activités de l’Unesco : l’Education, les Sciences, la Culture, ainsi que  les Télécommunications, que nous avons tendance à oublier, et jusqu’au ministère des Affaires étrangères. Une mission pour laquelle le Japon avait, la dernière fois, consacré, avec succès, des millions de dollars .

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.