Liban.
Encerclés dans leurs derniers retranchements dans le camp de
Nahr
Al-Bared, les islamistes du Fatah
Al-Islam tentent de desserrer
l’étau de l’armée, qui poursuit sa progression.
Lente avancée de l’armée
Au moment où le Sud-Liban se
prépare pour célébrer la « victoire divine » du Hezbollah
chiite contre Israël l’année dernière, le nord du pays reste
en proie à une violence ponctuée par des tirs de roquettes.
Lentement mais sûrement, l’armée libanaise semble remporter
son combat contre les islamistes du Fatah
Al-Islam. Encerclés dans le camp
palestinien de Nahr
Al-Bared, les combattants
islamistes ont proposé, dimanche dernier, une reddition
conditionnelle que l’armée libanaise a simplement rejetée.
Selon un porte-parole de l’armée, « les hommes du Fatah
Al-Islam ne sont pas en mesure
d’imposer des conditions. Ils n’ont d’autre choix que de se
rendre à l’armée et d’être traduits en justice ». L’armée
exige, donc, une reddition sans conditions, la remise des
armes et l’annonce de la dissolution du Fatah
Al-Islam. « Par contre, nous
sommes prêts à donner toutes les garanties à l’évacuation
pacifique de leurs familles. Qu’ils proposent un mécanisme
et nous sommes prêts à l’exécuter », a-t-il ajouté. Ce refus
sévèrement déclaré par l’armée a été rencontré par une
menace faite par Abou-Jandal
Al-Dimashqi, leader autoproclamé
du groupe islamiste Tawhid et
Djihad en Syrie, qui a affirmé dans un enregistrement audio
que certains militants du groupe Fatah
Al-Islam ont quitté les lieux et pourraient lancer
des attaques contre des intérêts libanais prochainement.
Toujours est-il que l’offre de trêve faite par Fatah
Al-Islam prouve que ses
combattants sont à bout de souffle face à l’offensive de
l’armée. Cette dernière a annoncé, jeudi dernier, avoir «
ouvert une brèche » dans le secteur tenu par les islamistes
dans le camp de Nahr
Al-Bared. « Les soldats sont
toujours engagés dans des combats avec les hommes armés et
la bataille continuera jusqu’au bout », a déclaré un
porte-parole de l’armée qui a marqué un point, cette
semaine, en bombardant le camp
pour la première fois depuis le début des combats le 20 mai
dernier, larguant plusieurs bombes sur les bunkers
souterrains du Fatah Al-Islam.
L’armée a ainsi incendié plusieurs bâtiments situés à la
périphérie du dernier territoire de 15 000 mètres carrés,
toujours contrôlé par les islamistes. « L’armée continue à
progresser lentement en déminant le terrain afin de limiter
les pertes. Un certain nombre de militaires ont été tués ou
blessés par les mines disséminées par les hommes armés.
Plusieurs bâtiment ont été détruits par divers moyens pour
détruire les mines et engins piégés », a ajouté le
porte-parole de l’armée.
Pourtant, les moyens limités de l’armée libanaise, qui ne
dispose que de faibles moyens aériens, ralentissent sa
progression, alors que les camps de réfugiés palestiniens du
Liban, construits à partir de 1948, ont été fortifiés au fil
des ans avec des souterrains qui ont pour but essentiel de
résister aux raids aériens israéliens. D’autre part, les
seuls civils présents dans le camp, à l’heure actuelle, sont
au moins une soixantaine de femmes et d’enfants des
combattants islamistes après la fuite de 31 000 réfugiés. Un
facteur qui entrave également la progression des
soldats .
Yasmine
Chérif