Al-Ahram Hebdo, Monde Arabe | L’Onu à la rescousse de Washington
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 15 au 21 août 2007, numéro 675

 

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Iraq. Pressé par les Etats-Unis, le Conseil de sécurité a voté une résolution renforçant le rôle politique de l’Onu en Iraq, mais l’insécurité qui prévaut sur place risque de lui poser de sérieux problèmes. 

L’Onu à la rescousse de Washington 

C’est un aveu d’échec des Etats-Unis. A la demande de Washington et de Londres, les membres du Conseil de sécurité ont voté à l’unanimité une résolution accordant un rôle accru à la Mission des Nations-Unies en Iraq (Manui). Et ce, malgré l’insécurité persistante en Iraq et la réticence des personnels de l’Onu. Les Quinze ont prorogé d’un an le mandat de la mission, qui était venu à expiration vendredi denier. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne souhaitent que les Nations-Unies jouent un rôle plus important dans le processus de stabilisation du pays.

La Manui s’occupera ainsi d’un champ d’action étendu dans des domaines variés : politique, diplomatique, humanitaire, droits de l’homme. Ces activités constituent le quotidien de l’organisation internationale, mais le plus souvent dans des situations post-conflictuelles. La résolution autorise les Nations-Unies, à la demande du gouvernement de Nouri Al-Maliki, à contribuer au dialogue régional sur des questions telles que la sécurité des frontières, l’énergie et les réfugiés.

Pour l’ambassadeur américain Zalmay Khalilzad, la résolution 1 770 montrait « qu’une page avait été tournée dans l’histoire du rôle du Conseil de sécurité en Iraq », faisant référence au refus de ce dernier de légitimer l’intervention militaire en 2003. La résolution onusienne a insisté sur le fait que « la promotion du dialogue entre les différentes factions politiques et les groupes ethniques et religieux faisait désormais partie des nouvelles missions des Nations-Unies », a indiqué Khalilzad en ajoutant que la mission internationale s’assurera un rôle de médiateur afin de promouvoir le dialogue avec les pays voisins.

La résolution ouvre de nouvelles perspectives d’action pour les Nations-Unies en Iraq, après quatre années où la Manui s’est cantonnée à des missions purement humanitaires et symboliques, comme le respect des droits de l’homme ou la surveillance du bon déroulement des élections. Le texte invite la Manui à « conseiller, soutenir et fournir une assistance » aux Iraqiens dans le processus de réconciliation nationale, engagé par le gouvernement. Les responsables de la Manui auront également pour mission d’aider à la mise en place de nombreuses réformes institutionnelles depuis leur quartier général situé à Bagdad, au cœur du quartier sécurisé de la « zone verte ». La résolution 1 770 prévoit enfin un renforcement des effectifs des fonctionnaires de l’Onu au sein de la Manui, qui sont environ une cinquantaine à travailler actuellement au sein de la capitale iraqienne. En réagissant à cette résolution, le ministre des Affaires étrangères iraqien, Hoshiyar Zebari, a toutefois rappelé que « toute action de l’Onu en Iraq devrait recevoir le consentement préalable de Bagdad ».

Bien que Washington et Londres s’en défendent, « cette résolution est considérée comme une sorte d’aveu que les forces américaines ont essuyé un échec cuisant à instaurer la paix et la stabilité en Iraq. L’Onu jouera un nouveau rôle complètement différent dans ce pays », explique le Dr Gamal Zahran, professeur de sciences politiques à l’Université du Canal de Suez.

Le vote du Conseil de sécurité a réjoui la Maison Blanche, qui se sent ainsi secondée par la communauté internationale. Le président George W. Bush a ainsi salué la décision du Conseil de sécurité comme un « signal important de l’engagement des Nations-Unies à soutenir la stabilité ». Les Etats-Unis « se réjouissent à l’idée de travailler avec les Nations-Unies et leurs partenaires internationaux pour soutenir le gouvernement iraqien et promouvoir le dialogue politique en Iraq », a dit une porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino.

Cependant, certains analystes croient que la mission de l’Onu est menacée parce que la situation en Iraq demeure toujours instable et chaotique. « Amener du personnel à Bagdad et le maintenir dans la zone verte va le mettre en danger sans pour autant lui permettre d’aider le peuple iraqien », a déclaré Emad Hassanein, premier vice-président du Syndicat du personnel. « Je ne comprends pas pourquoi il (M. Ban Ki-moon) envoie du personnel sans améliorer la sécurité, c’est pourtant la responsabilité du secrétaire général », a-t-il ajouté. Il a indiqué qu’il allait demander à l’Assemblée générale de l’Onu des crédits pour « renforcer la sécurité des résidences » du personnel onusien en Iraq. Mais il n’a rien dit des dispositions qu’il compte prendre pour permettre à ses personnels de sortir de la zone verte en toute sécurité pour accomplir leurs missions.

Dans les couloirs de l’Onu, on faisait remarquer que si la solution devait passer par un transport assuré par l’armée américaine, la neutralité des personnels de l’Onu pourrait s’en trouver contestée. De son côté, l’ancien ambassadeur américain à Bagdad et aujourd’hui à l’Onu, Zalmay Khalilzad, a affirmé que les Etats-Unis « assumeraient leur part de responsabilité » pour assurer la sécurité de l’Onu en Iraq. Or quatre ans après l’invasion dirigée par les Etats-Unis qui a renversé le régime de Saddam Hussein, l’Iraq est encore quotidiennement le théâtre d’attentats et de violences interethniques l

Maha Salem 

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