Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Des divergences encore et toujours
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 Semaine du 15 au 21 août 2007, numéro 675

 

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Sahara Occidental . Les discussions qui viennent de s’achever à New York entre le Maroc et le Front Polisario sur le statut de ce territoire éloignent davantage les perspectives d’un règlement de cette crise vieille de 32 ans.

Des divergences encore et toujours

Une nouvelle phase de négociations maroco-sahraouies s’est terminée en queue de poisson. Les deux journées de discussions sur le futur du Sahara occidental entre le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario ont pris fin la semaine dernière à Manhasset, près de New York, sans qu’aucun accord n’ait été trouvé mais les deux parties ont toutefois convenu de se rencontrer à nouveau. Dans son communiqué succinct, le médiateur onusien, Peter Van Walsum, a indiqué que les « deux parties reconnaissent que le statu quo est inacceptable et ont convenu de poursuivre les négociations en bonne intelligence ». Le Maroc et le Front Polisario ont également publié des communiqués dans lesquels ils souscrivent à l’idée de ces nouvelles négociations mais ne font pas mystère de l’étendue du fossé qui sépare leurs positions.

En effet, la principale pomme de discorde était la suivante : le statut du territoire doit-il devenir une région autonome, sous souveraineté marocaine, comme le suggère le Maroc ou son futur doit-il être décidé par un référendum d’autodétermination, comme le demande le Front Polisario ? Des questions qui sont restées en suspens et qui reflètent la difficulté de parvenir à un compromis entre les deux parties antagonistes. Alors que le Maroc insiste à proposer un référendum pour ou contre l’autonomie, le Polisario préconise de consulter la population sahraouie sur trois options possibles : l’autonomie, l’intégration au Maroc et l’indépendance pure et simple.

Suite à l’achoppement des négociations, les deux parties se sont échangé les accusations. Le chef de la délégation marocaine, le ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa, a accusé le Polisario de ne pas avoir su saisir une opportunité d’obtenir enfin des avancées dans ce conflit vieux de 32 ans, en « se cramponnant à des plans et des propositions qui se sont révélés inapplicables ». M. Benmoussa a estimé que « les déclarations (de l’autre partie) à la presse avant et au cours du deuxième round ont été marquées par l’injure et la provocation, dans une violation flagrante de ce qui avait été convenu avec l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations-Unies ». Il a indiqué que le Maroc, qui demeurera engagé à poursuivre le dialogue et les efforts de réconciliation, a donné son accord de principe à la tenue d’un troisième round de négociations dans un lieu et à une date qui seront arrêtés, en concertation avec l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations-Unies. M. Benmoussa a fait remarquer que l’initiative d’autonomie prend en compte les aspirations des habitants du Sahara à travers la gestion de leurs affaires par eux-mêmes dans un cadre démocratique régi par des instances élues et de véritables institutions représentatives.

En revanche, le chef de la délégation du Polisario, Mahfoud Ali Beiba, a de son côté appelé le Maroc à cesser « ses manœuvres dilatoires » et à mettre fin « à ses pratiques répressives et à ses violations répétées des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental ».

Pour sa part M’hamed Khedad, un des négociateurs sahraouis a regretté le fait que, lorsque a été abordée la question de la résolution 1 754 des Nations-Unies et la manière de la faire appliquer, la délégation marocaine ait été « revenue à la charge pour réitérer son discours étriqué sur l’autonomie » lors de la présentation de sa proposition. Une proposition qui anticipe sur le choix du peuple sahraoui. Pour M. Khedad, « le peuple sahraoui, fort de son droit à l’autodétermination, qui reste un principe sacré et un fondement des Nations-Unies, ne saurait accepter un tel diktat (marocain), ni renoncer à son droit sacré à recouvrer son indépendance ». « Les Nations-Unies ont proposé, à travers le médiateur et envoyé spécial de l’Onu, Peter Van Walsum, certaines mesures de confiance, telles que le déminage du territoire, les patrouilles conjointes, les échanges de visites entre familles, les détenus d’opinion … mais la délégation marocaine a refusé de s’engager sur ce terrain », selon le même responsable du Front Polisario.

Le conflit du Sahara occidental, le plus ancien d’Afrique, a débuté avec l’annexion du territoire riche en phosphates par le Maroc dans la foulée de sa « marche verte » de 1975 et le déclenchement par le Polisario d’une guérilla indépendantiste suspendue depuis un cessez-le-feu intervenu en 1991 sous les auspices de l’Onu. Cette trêve devait permettre l’organisation d’un référendum d’autodétermination que l’organisation mondiale n’a jamais été en mesure de mettre en œuvre et que Rabat refuse désormais, ne proposant au mieux aux Sahraouis qu’une large autonomie sous souveraineté marocaine.

Il n’est pas sans rappeler que le Maroc ne veut point admettre ce référendum pour garder toujours sa suprématie dans le Maghreb arabe et contrôler les richesses de cette ancienne colonie espagnole. Selon les observateurs, toutes les parties sont perdantes tant que cette crise n’est pas réglée : le Maroc avec ses tensions avec l’Algérie et l’Union africaine, le Polisario qui n’avance rien de neuf dans chaque round, et le peuple sahraoui à qui les assistances ne sont pas suffisantes.

R. A.

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