Al-Ahram Hebdo,Arts | Coup de cœur de l’été
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 Semaine du 15 au 21 août 2007, numéro 675

 

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Arts

Chanson. Romantisme sur fond pop, c’est ce que nous réserve le nouvel album du chanteur à succès Hicham Abbass, intitulé Ya habibi ... taala ganbi (mon amour ... approche). Un nouvel opus par lequel il poursuit son parcours entre les différents styles musicaux.

Coup de cœur de l’été

Deux ans après la sortie de son dernier album Sebha tehebbak (quitte-la, elle t’aimera), salué pour la qualité de ses prestations, Hicham Abbass revient sur le devant de la scène avec un tout nouvel album habilement composé dans une ligne très pop.

Ce qui fait la spécialité de ce chanteur, en fait, c’est son sens de la digression, non détaché d’une certaine fidélité à un cachet musical qui lui est propre. Dans cette optique, les treize titres qui composent ce nouvel opus sont à la fois tendres et violents, poétiques et triviaux, drôles et détachés. Le tout servi par un mélange de chansons réalistes, de rock et de pop, dans un joyeux brouhaha où l’on passe allègrement d’une ambiance à une autre.

L’innovation du rythme est détectée dans quelques chansons. Ainsi, le darabokka (le tambour), instrument musical purement égyptien, rehausse-t-il les sonorités surtout dans les chansons Wala haga (rien), Mafich fayda fiya (aucun espoir en moi) et Wakhed ala khatrak (t’es fâché). La guitare est bien sûr omniprésente comme dans chaque album de Hicham Abbass, dans les chansons Eftakarteni ? (T’es-tu souvenu de moi ?) et Eftah albak (avoue-moi).

Cependant, cette combinaison bien dosée de styles et d’airs différents ne peut escamoter certains ratés. On peut sentir le rythme redondant dans deux ou trois chansons de l’album. Mais les auditeurs ne manquent pas de retrouver l’une des principales qualités du chanteur : la passion, surtout dans les chansons romantiques au rythme doux, Mafich fayda feya et Massadaetech gheyabek (je n’ai pas pu croire en ton absence).

Par ailleurs, le timbre de voix si particulier au chanteur est parfaitement mis en valeur par des mélodies toujours plus travaillées : avec le concours du violon Eftakarteni, Taala ganbi (approche de moi), du saxophone et de la trompette (Massadaetech gheyabek) et avec des percussions bien accentuées dans Chouf (regarde), Sebtak (je t’ai quitté) et Men al-leiladi (dès aujourd’hui).

D’une certaine manière, le sentimental des paroles s’exprime d’une manière insolite par l’âpreté de la musique.

Pour réussir son pari, il a eu recours, pour la majorité des arrangements musicaux, au talentueux Khaled Ezz, ce qui lui a donné beaucoup de punch. Une seule chanson, Aywa ana aref (oui, je sais) est arrangée musicalement par Tareq Madkour qui a contribué au succès de plusieurs anciens albums de Hicham. Deux autres chansons, Taala ganbi (approche de moi) et Sebtak (je t’ai quitté), sont signées par le jeune Ali Fathallah, nouvelle découverte du chanteur. Mais le morceau qui marque véritablement l’évolution musicale de Hicham Abbass dans cet album est sans doute Ya habibi, où la voix féminine et éminente de la chanteuse turque Safya vient donner une certaine teinte exotique aux chansons de l’album.

Quelques mesures de rap insérées sans grand succès dans la chanson, et la frivolité de ses paroles hors contexte constituent son point faible.

Autre coup de cœur de cet album, Eftah albak (avoue-moi), dont le tambour, le luth et le rythme plus ou moins nubien rappellent certains titres d’Ahmad Mounib. Pour l’écriture des textes, Hicham Abbass a fait appel à des plumes amies très bien aiguisées, dont celles du jeune parolier Ayman Bahgat Qamar, d’Amir Teama et de Aziz Al-Chaféï. Comme le laisse présager le titre, l’émotion domine. L’amour y est décliné sous toutes les coutures. Des déclarations (Taala ganbi) et (Men al-leiladi), aux regrets (Wakhed ala khatrak) et aux doutes (Sebtak) et les histoires impossibles (Mafich fayda feya) sont évoqués avec sensibilité.

Toutefois, malgré ses compositions élégantes et ses chansons plus ou moins bien travaillées, ce nouvel opus de Hicham Abbass s’essouffle quelque peu dans ses ventes, eu égard aux fluctuations incessantes de la carte du marché des albums en Egypte, qui regorge de nouveautés en été. Cela n’ôte pas à l’album de Abbass son charme évident.

Yasser Moheb 

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