Al-Ahram Hebdo, Arts | Les Arabes aux premières loges
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 Semaine du 15 au 21 août 2007, numéro 675

 

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Arts

Cinéma. La 60e édition du Festival du film de Locarno, qui s’est déroulée du 1er au 11 août, a réservé une ouverture particulière sur les expressions et sensibilités artistiques arabes.

Les Arabes aux premières loges

Chaque édition du Festival de Locarno était un effort d’accompagner les cinémas du Sud ou ceux non favorisés par l’histoire pour les propulser sur la scène internationale et leur assurer des adhésions du public. Dans cette optique, une section au nom de Open Doors a été créée cette année pour soutenir la production cinématographique des pays en voie de développement, notamment ceux du Proche et du Moyen-Orient ainsi que du Maghreb. Des œuvres originales, représentatives des cuvées contemporaines de cette portion du monde ont eu droit à des projections spéciales. Dès lors, le public du Tessin s’est rincé l’œil avec la vision d’œuvres d’Egypte : Ard al-khof (terre de la peur) de Daoud Abdel-Sayed, Sahar al-layali (nuits blanches) de Hani Khalifa et Shorts (courts) de Nadine Khan, Lama hekiet Mariam (quand Mariam a raconté) d’Assad Fouladkar, A Perfect Day (journée idéale) de Joanna Hadjithomas et Khalil Joreige, Yaoumiyat Beirut (chroniques de Beyrouth) de May Al-Masri et Maarek hob (batailles d’amour) de Danielle Arbid, ont offert aussi un panoramique exaltant des productions levantines. L’Iraq avec Underexposure (surexposition) de Oday Rasheed, la Syrie avec Taht al-saqf (sous le toit) de Nidal Al-Dibs, et la Palestine avec Ertijal (improvisation) de Raed Ardoni ont été également de ce parti exhaustif.

Par ailleurs, la section Open Doors a accueilli 120 projets de coproductions, dont elle a retenu 13. Parmi ceux-ci, 4 dont un de Daoud Abdel-Sayed et un autre de Nadine Khan ont été accrédités d’un soutien. Quatre libanais, 2 syriens et 1 palestinien ont eu de même l’aval de la section.

Une autre section Les Films des jurys a intégré parmi ses membres la réalisatrice palestinienne Alia Arsoughly, auteure de Baad al-samaa al-akhira (au-delà du dernier ciel). De même Raja Amari, la réalisatrice tunisienne, a fait partie du jury de la section La Première œuvre. L’Iraqien Intishal Al-Timimi, directeur artistique du Festival du cinéma arabe de Rotterdam, fut aussi membre du jury Neptac (réseau pour la promotion du cinéma asiatique). L’ensemble a assuré une présence arabe dynamique et vitalisante au festival.

Parmi les films intéressants qui ont été plébiscités du public, Mots après la guerre du Tunisien Anouar Brahem, qui s’est penché sur le vécu improbable et secoué du Liban, au lendemain de la guerre civile. « J’ai vu ce pays renaître de ses cendres et se reconstruire, pour essuyer un nouveau revers avec les attaques israéliennes de l’été 2006 dans l’indifférence générale, a-t-il confié. Je me suis donc mobilisé pour mieux comprendre la situation bouleversante ». D’autre part, dans la section Ici et ailleurs — visions du Moyen-Orient, la cinéaste Nadia Kamel a retenu l’attention avec son film Salata baladi, où elle pose avec légèreté des questions sur l’identité culturelle métissée en sondant l’univers singulier de sa mère.

En marge de cet intérêt particulier pour le cinéma arabe, la section Signore i Signori a offert une vision kaléidoscopique des œuvres italiennes qui ont catapulté leurs stars au sommet de la renommée mondiale, telles Anna Magnani dans Bellissima de Luchico Visconti, Gina Lollobrigida dans Fantasia de Luigi Comencini, entre autres.

Pendant la durée du festival, la Piazza Grande, la plus grande salle de cinéma en plein air avec écran géant, a permis à une grande assistance de savourer des moments mémorables de découverte et d’appréciation d’œuvres de cinéastes d’horizons différents, mais de sensibilités et de préoccupations qui se rapprochent dans un souci de servir l’humain et le beau.

Fawzi Soliman

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